CE QUE DIT LE PROPHÈTE
Or, en ce temps, il arriva Que, par la faute de Guillaume, La colère de Jéhovah S'appesantit sur le royaume.
Car ce prince, d'orgueil bouffi, Voulait dompter toute la terre ; Des lois divines faisant fi.
En bandit il menait la guerre,
Et, les mains fumantes de sang, Se drapant dans une loi louche, Avait le nom du Tout-Puissant Eternellement à la bouche.
Jéhovah, dans un saint émoi.
Manda devant lui son proi)hète Et lui dit : « Va, déclare au roi Que je hais sa foi contrefaite.
« Que plus longtemps je ne veux pas Être réputé son complice, Que de ses forfaits je suis las Et que j'en vais faire justice. »
Sur-le-champ donc l'homme de Dieu Quitta son obscure bourgade, Et, se rendant seul en haut lieu, Rem[)lit ainsi son ambassade :
« Celui qui règne sur les rois Et dont je suis l'humble prophète, O roi, t'annonce par ma voix Qu'il hait toute foi contrefaite,
« Que plus longtemps il ne veut pas Être réputé ton complice.
Que de tes forfaits il est las Et qu'il en va faire justice.
« Quand tu les joins devant l'autel, Tes mains sont rouges de tes crimes, Et quand ta bouche prie, au ciel Montent les cris de tes victimes.
« Tels les blancs asiles des morts Qui n'enferment que pourriture, Ta foi n'est, sous de beaux dehors.
Que blasphèmes et que parjure.
« Tu foules aux [iieds tes serments Gomme une bête sa litière ; A Dieu comme aux hommes tu mens, Lorsque tu lui lais ta prière.
« Le meurtre te sert de héraut Et de bannière l'incendie, Et c'est vainement qu'au Très-Haut Ta bouche impure psalmodie.
« C'en est trop, il ne peut plus voir Sa justice par toi jiipée :
L'épée a fondé ton pouvoir, Il s'écroulera sous l'épée.
« Voici, le trône éblouissant Où tu sièges comme un archange Va soudain glisser dans le sang Et disparaître sous la l'ange ;
« Tu ne laisseras, en mourant, A tes fils que honte en partage, Et ton nom, que tu voulais grand, Restera maudit d'âge en âge. »
ÏAI3LE
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Avertissement i
Portrait à la Plume 3
Les Panyermanistes 5
Le Conscrit et le Vétéran . 8
Leurs Anniversaires la