‹ Les Barmécides d'après les historiens arabes et persansChapitre 1 sur 16 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Persans d'origine et, d'après une vieille tradition, pontifes du Nooubehâr de Balkh, temple bouddhique dont la légende Jit plus tard un temple du feu, convertis à r islamisme vers la fin du premier siècle de V hégire et amenés à la cour des khalifes omeyyades à la suite de circonstances asse^ mal connues, lesBarmécides, par leur mérite et leurs richesses, exercèrent une grande influence sous 'Abd Al- Malik [65-86 =685'jo5) et ses successeurs. Cette influence ne fit que croître sous la dynastie abbaside, et, deux ans après r avènement d' A ^- S affâh {i32 = y4g),un des principaux Barmécides, Khâlid ibn B ar me k, parvenait au vi^irat. Il resta en charge sous A l-Man^oûr, frère et successeur d'As'Saffâh, et vit ses fils arriver aux premières charges de la cour. L'aîné, Yafiyâ ibn Khâlid, gouverneur de Hâroûn Ar-Rachîd, puis son vi^ir, fut pendant dix-sept ans le seul maître, le khalife, dont il avait pris peu à

peu tous les pouvoirs, ne comptant plus. Les deux Jils de Yahyây Fadl et Djafar, suppléaient leur père au vi^irat, et les premières dignités de la cour étaient réservées aux BarmécideSj qui éloignaient du pouvoir quiconque n'était pas des leurs. Cette puissance excessive, jointe aux jalousies qu'elle ne pouvait manquer d'exciter, aux calomnies des courtisans de Hâroûn, à la désobéissance de Fadl et de Dja'far aux ordres du khalife, amena leur ruine. En i8y {8o3) Hâroûn faisait mettre à mort Dja^ar, ainsi qu'un grand nombre des parents, des alliés et des affranchis des Bannécides, Yahyâ et Fadl étaient jetés en prison, où ils moururent quelques années plus tard, après avoir subi d'odieuses persécutions, et tous les biens des vizirs de Hâroûn étaient confisqués. La chute des Barmécides eut un immense retentissement dans tout l'Orient, qui conserva longtemps le souvenir de Khâlid et de ses mérites incomparables ; de Yahyâ, prudent et intelligent; de Fadl, généreux et habile; de Djafar, écrivain et orateur de talent ; de Mohammed, homme de sentiments nobles et de vues élevées; de Moûsâ, brave et énergique (/). Bien que rentrés en grâce sous le khalifat d'Al-Ma'moûn, les Barmécides ne retrouvèrent jamais leur ancienne puissance.

Tels sont, résumés en quelques mots, les renseignements que nous fournissent les historiens orientaux sur cette famille célèbre. Mais ce n'est que du vi^irat de Khâlid ibn Barmekà la mort de Djafar ibn Yahyâ que son histoire est à peu près certaine. Nous n'avons guère, sur ses origines et son rôle sous les khalifes omeyyades, que des légendes ou des récits vagues et contradictoires. Il en est de même après la catastrophe de i8y,et nous savons fort peu de chose sur ceux des Barmécides qui échappèrent à la proscription et sur leurs descendants.

(i) Mas'oûdî, Prairies d'or, éd. Barbier de Meynard et Pavet de Courteille, VI, 36i.

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