‹ Les barricades, scènes historiques, mai 1588Chapitre 10 sur 61 · MAYNEVILLE · texte numérisé non relu

MAYNEVILLE

Par où aura-t-il passé ?

BCSSY.

Qui a pu Tavertir ?

LA DUCHESSE

Nous sommes découverts?

Comment , découverts ? mais

CRUCÉ

Trahison ! par la mort-Dieu! trahison!

LA DUCHESSE , Se promenant de long en large en frappant du pied.

J'étoufFe de colère ! Il y a de la sorcellerie là-dedans ! Jamais , non jamais nous ne réussirons.

BRISSAC

Ils approchent.

MATNEVILLE.

Ils vont nous bloquer.

Nous bloquer? nous pendre, nous grUler peut - être. . . . Pater noster . . . . Fermez les fenêtres , monsieur de Mayneville , ils vont v^ous voir... Pater noster qui es in cœlis... baissez la tapisserie , monsieur de Mayneville , bais-

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sez, vous dis-je, vous êtes d'une imprudeuce.. . qui es in cœlis

MAYKEviLLE , huisse la tapisserie , mais continue à regarder en V écartant légèrement.

Voilà la première cornette , cent vingt hommes : ils se rangent devant les bourrées.

BUSST.

Diable ! ils vont entrer.

CRUCÉ

Entrer ! non , morbleu ! N'ayez pas peur , madame la duchesse : barricadons cette porte.

FRÈRE ErSTACHE.

Oui , oui , barricadons,

Surtout pas de bruit.

// tombe a demi, mort de peur dans un grand fauteuil.

MATKE VILLE.

Voici la voiture.

LA DUCHESSE

Quelle rage ! il passera en se moquant de nous.

MAYKEVILLE.

Il s'arrête.

BUSSY

Peste ?

Chut , chut !

MATNEVILLE ,

Non , il passe (On entend la voiture. ) îl

est passé.

Et les Grillons ?

MATNEVILLE .

Les voilà qui partent.

^ „, I-E PRIEUR

Ouf!

MAYKEviLLE , relevant la tapisserie.

Ils sont partis.

LE PRIEUR , aux novices.

Mes enfans , partons aussi. Vite au couvent plus de mousquets , s'il vous plaît.

LA DUCHESSE . appelant.

Madame de Brosse, madame de Brosse.

( Au pneur. ) Adieu , prieur , une autre fois nous serons plus heureux.

Le prieur elles notices sortent, madame de Brosse entre.

Ma chaise, mes porteurs sur-le-champ j il

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faut que je sois à mon hôtel avant une heure : Villequier n'aurait qu'à venir dîner . je veux qu'il me trouve. Ah ! bon Dieu ! quelle déconvenue ! Je vais donc rentrer dans ce Paris comme j'en suis sortie.

BRISSAC

C'est encore un bonheur , madame , que nous puissions y rentrer.

BUSST.

Reste à savoir si on nous y laissera tranquilles.

BRISSAC

Certes , nous ne devons pas nous endonnir. Il faut que monseigneur vienne se mettre à notre tête , ou tout est perdu.

CRircÉ.

Envoyons-lui un exprès.

BUSSY

Eh ! parbleu ! Brigardin.

LA DUCHESSE

Ah ! mon cher monsieur Brigard , vous voilà tout botté ; profitez de vos éperons , montez à cheval , je vous en prie.

BRIGARD

Sur-le-champ, madame la duchesse.

BRISSAC

Dites - lui que nous ne pouvons plus nous passer de lui j qu'il vienne comme une bombe, surtout qu'il vienne en forces j parlez-lui des quatre mille Suisses.

LA DUCHESSE

Mais ne lui parlez pas de notre mésaventure, il se moquerait trop de nous.— Ah ! maudit Grillon ! — Voici ma chaise , adieu , messieurs.

BRISSAC

Madame la duchesse , j'aurai l'honneur de vous présenter mes devoirs cette après-dînée, { La duchesse sort. ) Ah ! çà , voyons . c'est aujourd'hui vendredi : — dimanche matin il peut être ici. — Vous entendez , Brigard , dimanche matin.

BRIGARD

Ne m'accusez pas si vous ne le voyez point arriver , je n'aurai pas ménagé ma langue.

// soH. Crucé, Roland et Maynet>iUe cawient à 'VOIX basse auprès de la fenêtre. Bussy s'approche de Brissac.

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BrssT.

Eh bien ! monsieur le comte , qui , diable ! peut nous avoir vendus ? Pour moi, je suis bien sûr de n'en avoir pas dit une demi - parole à qui que ce soit , si ce n'est à Poulain toutefois , mais j'en réponds comme de moi-même.

BRISSAC

Soit dit entre nous , notre duchesse a quelquefois la langue un peu légère ; il suffit d'un mot....

BUSSY

C'est vrai , très vrai , monsieur le comte : autant que possible , pas de généraux en jupons ; ah ! morbleu ! cest monsieur le duc qu'il nous faut , c'est un homme , celui-là !

BRISSAC

J'étais sûr que sans lui nous ne viendrions k bout de rien.

BUSSY

J'ai pourtant peur d'une chose , c'est qu'il ne trouve pas les cartes encore assez brouillées pour agir j il aime trop à tout prévoir.

BRISSAC

Qui? le duc ? vous ne le connaissez pas, mon

n6 LE RETOUR DE \1NCENNES.

cher, vous ne l'avez pas suivi comme moi dans trente combats. Allez , je vous promets qu'il a bientôt pris son parti. Qu'il mette seulement un pied dans la ville , il ne tardera pas à avoir l'autre dans le Louvre ; il nous fera plutôt donner l'assaut 5 s'il le faut.

BUSST.

Dieu vous entende , morbleu ! — Mais allons voir l'ami Brigard , il faut lui verser le coup de rétrier.

Us sortent. Cnicé , Roland et Mayneville sortent aussi.

riH DU RETOUR DE VIKCEKNES.

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