‹ Les barricades, scènes historiques, mai 1588Chapitre 41 sur 61 · LE MARINIER · texte numérisé non relu

LE MARINIER

As-tu de la poudre ?

MARTEAU , s'approchent d'eux.

Il y en a chez lambassadeur , mes amis . vous savez le chemin.

PLUSIEURS VOIX

Allons , allons , nos mousquetons, nos hallebardes...

LIIfCESTRE.

Un instant, mes frères... souvenez - vous bien de ce que je vais vous dire : Percutiam pastoremluporum, et dispergentur lupi.\ ous entendez , mes frères ; ce n'est rien de tuer, pour plaire à Dieu, il faut savoir choisir... Vovez la bienheureuse Judith , le saint Aod , le grand Éléazar , quont-ils fait? Percutiam pastorem... Eh bien ! mes frères , il nous faut un Aod , une Judith , im Éléazar : n'y en at-il pas entre vous qui diront comme eux .• Percutiam pastorem ; perculiam nostrum antechristum, monstrum , scortum- prostibulum

id est ce vilain Hérodes ^, qui n'est ni homme ni femme . faux capucin , concierge du Louvre , en graisseur de petits chiens , bateleur d'églises , pénitent de mascarade.

L'agitation et le tumulte vont croissant et couvrent la voix de Lincestre.

UN BOUCHER , à uïi écoUeT.

C'est le Valois qu'il veut dire , n'est-ce pas ?

l'écolier.

Oui, père Louchart, prépare ton couperet.

PLUSIEURS VOIX

Allons ! allons ! au Valois ! aux huguenots l

aux politiques !

Tumulte toujours croissant.

LINCESTRE, prenant son goupillon et aspergeant rassemblée d'eau bénite.

Allez , mes frères , allez , benedicatvos omnipotens Deus , Pater et Filius et Spiritus sanctus.

i Ces deux mois vilain He'rodes , sont ranagranimc de ceux-ci : Henri de Valois. Lincestre n'a pas besoin d'expliquer cette gentillesse à ses auditeurs , parce fjue c'est peut-être ia vingtième fois qu'il la re'pètc il e'iève seulement uu peu la voix , et l'auditoire comprend.

TOUS

Amen. Vive Dieu ! vive la messe ! vive la

Sainte-Union î aux armes !

Lincestre descend de sa chaire , et le peuple , dans une grande effert^cscence , sort enfouie de l'église.

MARTEAU , à Roland.

Bénédiction du ciel ! c'est de Thuile bouillante que notre canaille!

Entre un écolier tout courant, l'Écolier.

N'est-ce pas vous qu'on appelle le sieur Marteau ?

MARTEAU

C'est moi , mon garçon.

l'écolier.

Le capitaine Crucé vous fait savoir qu'il est maître de la rue et du carrefour Saint-Severin, et que dans peu il compte déboucher sur la place Maubert.

MARTEAU

Le vieux compère ! comme il tient sa parole ! Allons , Roland , à l'ouvrage , il faut en faire autant.

Ils vontpour sortir. Entre lUissy en grands hâte .

BUSSY

Un instant , mes amis , écoutez.

MARTEAU

C'est vous , Bussy ? Eh bien ! votre duc ?

BUSST.

Il s'est enfin décidé.

MARTEAU

En vérité , il monte à cheval ?

BUSST.

Non , pas lui ; un peu de prudence le retient encore , mais il nous donne ses officiers r Saint-Paul , Brissac , et nombre de cavalierssortent en ce moment de l'hôtel.

MARTEAU

Bravo ! vous savez ce qu'a fait Crucé?

BUSST.

Parbleu ! sans cela je n'aurais rien obtenu.

MARTEAU

Allons , allons , à toute bride. Je cours au Châtelet.

ROLAND

Moi, aux Innocens , la place m'est heureuse.

BUSST.

Et moi , chez la duchesse. Adieu.

Ils sortcn t .

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