‹ Les barricades, scènes historiques, mai 1588Chapitre 49 sur 61 · LES SUISSES · texte numérisé non relu

LES SUISSES

Grâce ! grâce ! miséricorde !

BRissAc , aux ligueurs.

Camarades , un moment de repos

FRÈRE ErSTACHE.

'N'on . point de pitié , tuez ! tuez !

BRISSAC

Suspendons un instant , vous dis-je ; voici le capitaine Saint-Paul qui vient de ce côté ; sans doute il nous apporte des ordres.

Entre Saint-Paul.

SAIKT-PAUL , â haute voix.

Holà ! les amis , au nom de monseigneur de Guise , faites grâce à ces pauvres diables ! leur sang n'est plus bon à rien : nous sommes maîtres par toute la ville.

FRÈRE Et'STACHE.

Non , non, point de grâce! vous vous perdez , mes frères , si vous les laissez échapper. Dieu veut leur sang.

SAI>T-PAUL

Veux-tu bien te taire , toi ; nous n'avons plus que faire de tes sermons. {j4ux bourgeois .) Allons, camarades, ouvrez cette chaîne et

laissez passer les prisonniers. {Aux Suisses.) Ah çà ! vous avez entendu , vous autres , le duc de Guise vous accorde quartier. Allons , éteignez-moi vos mèches , mettez l'arme bas , et qu'on me suive.

LE CAPORAL , hlessé.

Il ne pouvait pas arriver un instant plus tôt ! Der Teufel ! la maudite femme !

Les Suisses se mettent en marche , la tête nue , le mousquet sous le bras. Saint'Paul , Brissac , et quelques autres se placenta leur tête; ils sont suivis d'une foule immense de ligueurs qui s'en vont poussant des cris de joie , riant et chantant.

FRÈRE ErsTACHE , à quelqucs écoliers de Sorhonne.

Eh bien ! que faites-vous là ? Suivez-les donc aussi , mes amis ; et si l'occasion se présente , ayez soin qu'on ne les épargne pas.

Les écoliers sortent.

Ah! ah ! ces Guisards veulent se donner des airs de clémence , sans s'inquiéter si c'est à nos dépens. Les voilà déjà qui s'avisent de nous imposer silence. Par la Sainte Croi.K ! nous verrons si la poire ne sera que pour eux ; nous verrons.... Courons à l'Université.

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