J LES BARRICADES
En se dirigeant vers la rivière , il passe près de l'endroit où le caporal est tombé.
LE CA.PORAL, le saisissant fortement par sa soutane.
Un moment vilain corbeau ! ne cours pas si vite.
FRÈRE ErsTACHE , s'' efforçant de se dégager.
Lâche-moi , chien d'hérétique , et rends ton âme à Dieu, si tu en as une.
LE CAPORAL
Il faut dabord que je te dise un mot.
FRÈRE EUSTACHE
Lâche-moi, lâche-moi.
LE CAPORAL
Tu vois bien tous ces pauvres habits rouges, étendus là-bas sur le pavé....
FRÈRE EUSTAGHE.
Lâche-moi !
LE cAPORAi. . le secouant par la soutane.
Il faut que je les venge... Chacun son tour . entends-tu....!
FRÈRE EUSTACHE
Holà ! à moi ! au secours ! au secours ! —
LES BARRICADES. SgS
Personne ne répond , ils sont tous partis. — {Il cherche à se dégager.) Le coquin , quelle forcç il conserve encore !
Pendant ces paroles , le caporal tend le bras gauche pour atteindre un pistolet qu'il voit a deux pas de lui sur le pavé.
LE CAPORAL
Il faut que tu sentes comme il est doux de
recevoir dans les reins un bon morceau de
plomb.?., Aye ! mein Gott !
Il saisit le pistolet , et en secoue la mèche pour la rallumer.
FRÈRE EUSTACHE , (TuTie VOIX tremblante.
Oh ! le monstre d'enfer ! mon Dieu ! mon
bon Dieu ! ayez pitié de moi ! tirez-moi de ses
griffes.
La soutane de frère Eustache se déchire , il s'é-
ch .ppe des mains du caporal et dit en s''en/uyant :
Vive Dieu ! je suis sauvé.
LE CAPORAL
Pas pour long-temps, maudit Satan.
// l'ajuste , le pistolet part , frère Eustache tombe raide mort.
En voilà toujours un de moins. — A mon tour , maintenant.
Il se laisse tomber a la renverse et meurt.
•9-cc»>«>»<>-»a«>»»»»«»»'»»»x>o«»^»«»«»«-»«-»«-»»-««