LA PAIX ET LES CONDITIONS DE LA PAIX
Des paroles récemment prononcées par le Chancelier de l'Empire d'Allemagne et le Premier Ministre anglais ont fait naître dans la partie intelligente du public l'opinion que les dirigeants des nations européennes en guerre à l'heure présente seraient plus disposés maintenant que par le passé à examiner sérieusement des propositions mettant en lumière les principes sur lesquels il faudra s'appuyer pour conclure la paix. Dans cette croyance le New York Times a demandé à une personnalité dont l'autorité serait reconnue dans les deux hémisphères une série d'articles dans lesquels seraient discutées les conditions de la paix.
Au fur et à mesure de la publication de ces articles le public a été frappé de la franchise, de la stricte impartialité, de la largeur d'esprit, de la profonde compréhension des principes politiques avec lesquelles l'auteur a pesé et considéré d'abord les conditions générales de la paix et ensuite tour à tour la ligne de conduite et les intérêts de chacune des puissances belligérantes. Toutes elles proclament leur désir d'une paix dont les conditions assurent
vi INTRODUCTION
la permanence. L'effet des pages qui vont suivre est d'éclairer les voies conduisant à une paix durable, d'harmoniser dans la limite du possible les rivalités d'ambition et le choc des intérêts et de soumettre au jugement du public un règlement conforme aux exigences de la justice, conforme aux droits des nations, petites ou grandes, et contenant une promesse de libération des calamités de la guerre.
Le New York Times est convaincu que le public ici et à l'étranger accordera à ces articles l'attention la plus sérieuse à cause simplement des connaissances aussi profondes que variées qui s'y révèlent, des vues d'homme d'Etat à longue portée qui s'y expriment et indépendamment de toute considération de la personnalité distinguée dont ils émanent.
Décembre 1916.