LES
« un seul point on est aujourd’hui à peu près d'accord, « c’est que le protoplasma n’est pas simplement, comme « on l’a cru longtemps, une substance chimique orga- « nique, mais qu'il est organisé,c'est-à-dire possède une « structure d’un ordre plus élevé que la structure ato- «mique des molécules chimiques des composés orga- « miques non vivants. » C’est ce que savait déjà Dujar- « din en 1835. d
Bien que les recherches de l’histologie aient fait découvrir dans le sein du protoplasma de nombreuses parties distinctes; certains savants n’en continuent pas moins à envisager le protoplasma comme vivant dans toutes ses parties, tout en accordant à certaines de ces parties moins d'importance qu'aux autres.
1°.— Hypothèse du protoplasma indivisible, c’est-à-dire vivant dans tout son ensemble, et des différenciations protoplasmiques. — La science, à l'inverse de la synthèse imaginative, ne progresse que pas à pas et avec une lenteur bien propre à légitimer l’impatience des esprits curieux.
C’est sous l'empire de cette cruelle impatience que, trop pressé de pénétrer enfin le mystère des origines, on crut voir dans le sarcode de Dujardin, dans le protoplasma de Hugo Mohl, la substance douée de vie. Toute la masse du sarcode, toute la masse du protoplasma avait droit, pensait-on, à cette haute considération.
Maintes fois on en fit l'analyse chimique et toujours avec des résultats différents, ce qui eût dû sembler fort étonnant si le protoplasma eût été la SUBSTANCE VIVANTE. Mais on ne marqua aucun étonnement. En somme, on né peut être surpris de cette variabilité lorsqu on songe à la multiplicité de ces éléments hétérogènes accu-
FE Free ne
AN PS NE ER Fe Le TRE ARR EC
LH CNE
mulés sans cesse dans cette substance que tant de savants considèrent encore, néanmoins, comme une et indivisible. L’amibe libre ou associée, englue et introduit danssamasseleséléments les plus variés pourenextraire les principes alimentaires et, dans la persuasion où l’on est que le protoplasma est tout dans la cellule, on lui attribue l’élaborationde ces diverses substances, aliments et matériaux; on le déclare l'unique auteur de toutes ces opérations chimiques dont l’amibe est sans cesse le siège, et qui entretiennent dans un état de perpétuel changement la composition chimique de son ensemble. C'est dans la masse du protoplasma que s’opérerait ce fameux {ourbillon vital, preuve irrécusable de sa vitalité. Pourquoi ne pas dire aussi que c’est l'édifice métazoarien qui élabore les aliments qui pénètrent en lui et que c'est l'édifice du termite qui effectue les transformations des aliments et des matériaux qui entrent sans cesse en lui et modifient, par leur arrivage et leur usure alternatifs, la composition chimique de l’ensemble de la cité ?
Alors quels résultats utiles, quels enseignements prétend-on tirer de l'analyse chimique qui porte sur l’ensemble de l’amibe? Si l’on ajoute aux réserves alimentaires qui s'accumulent au sein de l’amibe, à ces éléments à existence éphémère (sphères hyalines, gouttelettes homogènes, corpuscules réfringents) que Van Beneden nomme deutoplasma, les excrétions diverses qui résultent de leur élaboration plus ou moins complète par les cocci, on comprendra facilement que la composition chimique de l’ensemble de l’amibe ne puisse être que fort variable, tout en se laissant ramener à certains éléments fondamentaux C, H, O, Az.
Mais l’analyse chimique d’une ruche, insecte compris