‹ Les Bases de la BiologieChapitre 15 sur 20 · RES” VUE · texte numérisé non relu

RES” VUE

— puisque l’analyse du protoplasma porte à la fois sur l'édifice amibien et sur l’association vivante qui l’habite, —— ne donnerait-elle pas aussi, suivant la ruche considérée, suivant les époques et suivant les lieux, des résultats analogues, également variables et au fond desquels on rencontrerait également l’association des quatre corps fondamentaux ©, H, O, Az.? Le carton de certaines termitières et de certaines ruches (frelons) est formé de ligneux, de gomme et de mucus; le gâteau de l'abeille est formé de cire; les provisions alimentaires que renferment tous ces édifices comprennent une certaine quantité d'azote, en sorte que l'analyse de ces termitières et de ces ruches, miel et provisions compris, — œufs, larves et insectes exceptés, — c’est-à-dire l'analyse chimique de tout ce qui, dans la cité, correspond à la masse véritablement protoplasmique de l’amibe, donnerait sensiblement les mêmes résultats que celle de cette masse protoplasmique. À plus forte raison l'analyse de la termitière et de la ruche se rapprocherait-elle de celle de l'amibe si, comme on le fait pour celle-ci, on soumettrait à l'analyse, avec le carton, la cire, le miel, le pollen et autres provisions, les œufs, les larves et les insectes eux-mêmes. |

On se tromperait encore si, pour éviter les erreurs dues à la présence du liquide de l’amibe, et des provisions diverses qu'il renferme, on faisait porter l'analyse sur l'amibe enkystée, car a-t-on jamais vu un être quelconque s’enfermer dans son kyste, sa coquille ou sa caverne, pour attendre la belle saison, sans s'être muni au préalable d’une ample provision de victuailles ? Jamais.

Tant donc que l'analyse chimique ne s’adressera pas

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exclusivement, tantôt à des cocci purs et sans mélange d'autres substances, tantôt au liquide séreux de l’amibe ou à celui du noyau, tantôt enfin au réseau protoplasmique pur, débarrassé des cocci nombreux qui l’imprègnent, elle sera impuissante à nous renseigner sur la nature des opérations chimiques qui s'effectuent sans ‘ cesse dans la masse de l’amibe. Ce qui importe au biologiste, ce n’est pas la composition chimique de l'ensemble ; c’est celle de chacun des nombreux éléments biologiques aui entrent dans la constitution d’une amibe, et nous ne croyons pas que la chimie puisse. de longtemps, résoudre ce difficile problème.

En. un mot, avant d'entreprendre l’analyse chimique de l’amibe, il fallait en opérer l’analyse histologique. et celle-ci est à peine ébauchée. Elle a pourtant déj 1 fourni d'importants résultats, mais au lieu d'employer ces dé-

couvertes à la détermination rigoureuse du substratum de la vie, on les réduit à néant en s’acharnant à considérer les organites intra-protaplasmiques comme dérivés de celui-ci par un processus mystérieux, si souvent invoqué, de differenrialion qui a la prétention de tout expliquer et pourtant n’explique rien.

La chimie a tenté d'opérer l'analyse des divers organites observés dans le sein du protoplasma. Elle à donné, comme ledit Delage (p. 57), un nom en ?#e à chacune de ces parties, mais sans nous faire connaître leur composition chimique exacte. Toutefois elle a déterminé d’une façon définitive la constitution d’un certain nombre de corps organiques, comme la nucléine, la globuline, la

plastine. Mais quel emploi pouvons-nous faire actuellement de ces précieuses connaissances? Aucun, nous le répétons, avant que l'analyse histologique de 1 amibe

ne soit totalement effectuée ; c'est elle qui doit ouvrir la marche et la chimie n'aura qu’à la suivre.

Que nous importe,-en effet pour le moment, de savoir que le cytoplasma contient des nucléo -albumines, des globulines, de la lécithine, de la cholestérine, des chlorates et des phosphates, du fer en combinaison; que le nucléoplasme renferme de la nucléine, de la plastine, de la lécithine et de la cholestérine ?

Fort intéressante toutefois est cette remarque que, dans le cytoplasma, les nucléo-albumines, phosphorées, se trouvent en petite quantité daas les parties figurées, fibrilles, granules, sponsioplasma et pas ailleurs ; que la nucléine forme en grande partie les microsomes .nucléiniens, et Se trouve en certaine p'oportion daas le nucléole et le filament de linine; que la globuïine non phosphoïée forme en grande partie le hva:oplasma amorphe du cytoplasma. Mais que sont ces substances chimiques, nucléines et globulines, à l'égard de la substance vivante? Nous l’ignorons complètement. On ne peut nier qu'il se fasse de la périphérie au centre de l'amibe, des parties fisurées du cytoplasma au nucléole et à la chromatine une concentration de nucléine, ou mieux d'acide nucléique; mais cela nous renseigne t-il sur la répartition de la substance vivante dans l’'amibe et son noyau?

Tous ces renseignements sont extrêmement intéressants et ont urie importance inappréciable, mais le moment n’est pas encore venu oùnous puissions utiliser ces matériaux dans la construction de l'édifice biologique.

L'œuf des plantes est, dit Van Tiecghem (Traité de botan., 1882, p. 9), « une masse de protoplasma continue et indivise ». Et ce serait cette masse protoplasmique

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