‹ Les Bases de la BiologieChapitre 3 sur 20 · CHIRURGIE · texte numérisé non relu

CHIRURGIE

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« Nec lemere, nec timide. »

La biologie, comme toute autre science, peut être envisagée cumme un édifice qui, sans cesse, s'accroît et se complique par adjonction de parties nouvelles. Toujours cet édifice est établi sur un terrain mou- * | vant qui menace de l’engloutir à mesure qu'augmente ÉCRARSSS son poids. D’où la nécessité de glisser sous lui, de Ses RES temps à autre, .un large soubassement destiné à lui À EN donner plus d’assiette et de stabilité. + 7 | is Le dernier fut l'œuvre de Dutrochet (1824 et 1837) et Fete a) de Turpin (1826) : c’est la /héorie cellulaire. TE Or, depuis cette époque, la construction de l'édifice # s’est compliquée d’une façon surprenante, grâce au e concours d’une faule immense de pionniers pleins de * zèle. Aussi l'édifice biologique s'est-il considérablement alourdi.

Le moment nous semble venu de consolider l’œuvre de Turpin et de Dutrochet en plaçant à notre tour, sous leur soubassement, une base plus large. : Ma ke Soit une /héorie coccienne.

ne telle opération ne peut s'effectuer sans faire 284 RUN : subir à l'édifice des lézardes et des éboulis qu'il faut réparer en modifiant quelque peu le plan primitif. Ve Voici, dans ses grandes lignes, le plan que nous fs

avons conçu pour la restauration de l'édifice biologique ; nous décrirons ensuite la base sur laquelle nous voulors faire reposer ce lourd monument.

I. — La SsuBsTANCE vivanTE est un être, un individu. Elle est fille de notre atmosphère, qui la porte constamment dans son sein et dont elle représente une portion concrétée ;

II. — Son énergie initiale lui à été léguée par sa mère, douée, au moment où elle la conçut, de toute la vigueur de l’âge mur; É

III. — En mère dévouée, celle-ci, non contente d’avoir cédé à son enfant la parcelle de sa substance dont elle la forma, ne cessa jamais de lui fournir tous ses aliments et ne renoncera à les lui procurer que lorsqu'elle même aura cessé d'exister Son père, notre Soleil, veille constamment sur elle et, constamment aussi, entretient et accroît son énergie, jusqu’au jour

où elle aura atteint la période d'état de son évolution ontogénétique ;

IV.—Essentiellementéconome,n’usantqu’avec parcimonie des dons de ses bienfaiteurs, elle emmagasine des substances et des forces de réserve dans le but de s’en servir aux temps de disette, c’est-h dire toutes les fois que Typhon menace de l'emporter sur Osiris.

V.— Car Typhon est l'ennemi juré, l'ennemi irréconciliable, non seulement d'elle, mais encore de ses parents ; Sa rage ne sera assouvie qu’au moment où il aura glacé, anéanti ou réduit en poussière ses malheureuses victimes. Typhon, c’est l'inértie sous toutes ses

= formes. Et, dans l'excès de sa tendresse pour sa fille Le bien-aimée, le père favorise inconsciemment l’œuvre 1e de Typhon en brûlant de ses baisers ardents sa délicate

“enfant ! :

VL = Que faire pour se soustraire aux dangers qui sans cesse la menacent? Se soutenir, pour éviter le contact blessant de cette Terre dure, brûlante ou glacée et demeurer constamment suspendue dans le sein de sa mère, hors duquel elle ne pourrait vivre un seul ins- Le tant. Maintenir réunies les innombrables parties qui la : constituent et qui, les unes s’entr’aidant, les autres se L'HEURE dévorant mutuellement, n'en forment pas moins “e LÉ un ensemble ln agencé, dont chaque partie est nécessaire à la conservation du tout. Se protécer à la fois contre les attaques de Typhon et | AO one contre le zèle excessif de son protecteur. Emprunter à FER

sa mère, à la fois les aliments et les autres substances re dont ellea besoin pour assurer l'exercice de ses multiples fonctions. Assimiler ces aliments, élaborer ces matériaux, accumuler des réserves, régénérer sans cesse, ë autant que faire se peut, les parties d'elle-même que, EEE æ malgré tous ses soins, elle n'a pu soustraire au génie See destructeur de son ennemi. Varier ses procédés de réac- ae tion et ses armes offensives et défensives, autant qu'il re le faut pour déjouer les entreprises hardies et l’ingénieuse tactique de son terrible adversaire.

VIT. — Offensives, car elle est ambitieuse ; non seule- . ment elle veut être, mais encore elle veut être toujours et partout. Elle cherche sans cesse à grandir et à s'étendre, pour occuper en entier le sein de sa généreuse mère. Mais celle-ci vieillit de jour en jour et,à mesure qu'elle vieillit, plus rares et moins réparateurs de-.

viennent les aliments qu'elle offre à sa fille; son sein ne cesse de se rétrécir, étreignant cruellement la malheureuseaffaméeet paralysantses efforts. Le père vieillitégalement,s’affaiblitetne peut plus céder à son épouse décrépite qu’une énergie de plus en plus insuffisante aux besoins de leur enfant. La mort est proche, de la mère aussi bien que de la fille. Enfin celle-ci, peu à peu réduite aux plus minimes proportions, exhale son dernier souffle et la mère disparaît à son tour. happée par son support, la Terre, qui n'est plus elle-même d’ailleurs qu'une momie froide et ridée.

VII. — Osiris, veuf de sa fenime et de sa fille, est privé par le noir Typhon de son sexe mâle et de sa brillante chevelure, attributs de son antique vigueur. Réduit par cette mutilation au rôle de mère, il s’épure en abandonnant les portions les plus grossières de sa substance et conçoit à son tour dans son sein, par sa propre initiative, une fille qui grandit, qui resplendit bientôt de tous les attraits de l'adolescence, pour ensuite décroître, comme l'avait fait sa sœur aînée, jusqu’à ce qu’un dernier coup de Typhon les ait anéantis tous deux. Car Typhon semble grandir à mesure qu'augmente le nombre de ses victimes.

En exprimant ce rapide aperçu de notre doctrine dans le langage poétique reservé aux antiques formules d'initiation, nous avons voulu montrer combien, déjà, les anciens philosophes avaient une juste intuition des grandes vérités scientifiques. La poésie, d'ailleurs,n’est pas ennemie de la science : rappelez-vous Hésiode, Virgile, Gœæthe et Chamisso.

Quidonc oserait refuser une âme à ces êtres dont nous venons d’esquisser l’histoire? Ils la possèdent bien,cette âme ; elle leur est commune et représente une minime

fraction de la grande dme du Monde au sujet de laquelle, bien avant Zoroastre,et depuis Zoroastre jusqu’à Platon, jusqu’à Virgile et au delà, les philosophes anciens ont tant disserté, et que, depuis Laplace, on nomme attraction universelle. Car, lui aussi, le Monde est un organisme et tout organisme est doué d’une âme qui maintient associées toutes ses parties et les unifie en réglant leurs actions réciproques:

Si l’animisme s’est longtemps Eure dans des abstractions qui ont considérablement retardé ses progrès et faussé ses résultats, il n’en est pas moins encore vivant, et bien vivant s’il veut reconnaître qu'il a fait fausse route et reprendre la voie dans laquelle le ramènent les

découvertes scientifiques modernes.

Car âme et divinité sont deux choses bien distinctes qui n'auraient dû jamais être confondues. Que la divinité ait créé l’âme et en surveille le fonctionnement, c’est possible, mais cette question, tout entière du domaine de la théologie, ne rentre pas dans le cadre des études scientifiques. Au contraire, l'âme elle-même, la preuve de son existence, sa définition, l’étude de son origine, de sa nature et de son fonctionnement, appartiennent à ce cadre et l’on ne saurait les en distraire sans rompre aussitôt toute l'harmonie du tableau qu’il doit renfermer.

Notre doctrine est donc antmisle, mais elle est aussi, etau même titre, auto-déterminisle. La SUBSTANCE VIVANTE, avons-nous dit en effet, veuf être; elle veut être toujours et partout. Tel est le principe qui lui sert de base.

Elle est microméristique, puisqu'elle conçoit la SUBSTANCE VIVANTE COmme entièrement formée d'éléments primordiaux qui sont nos protobies.

Enfin elle est vifaliste, car elle pose en principe qu'il

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