‹ Les bases de la philosophie naturalisteChapitre 2 sur 39 · Cf. Le malaise de la pensée philosophique · texte numérisé non relu

Cf. Le malaise de la pensée philosophique

expressions de tempéraments qui se heurtent. La vérité d'une doctrine naturaliste n'est donc pas, à nos yeux, démontrable d'une façon absolue. Sa fausseté ne l'est pas davantage. Il y a des tempéraments pour lesquels le naturalisme ne manquera pas d'être le dernier mot de la vérité métaphysique. Il en esl d'autres auxquels il semblera nécessairement dénué de toute vérité. S'imaginer qu'un naturaliste de tempérament forcera par son argumentation un idéaliste de tempérament à venir à ses idées est aussi naïf que de s'imaginer qu'un idéaliste de tempérament forcera un naturaliste à venir aux siennes. Ils sont condamnés à se condamner réciproquement.

Il n'en est pas moins vrai que les tempéraments ont besoin d'être accouchés. Un homme ne sait ce qu'il pense vraiment d'instinct que quand il connaît les diverses façons dont il peut penser. Il faut avoir regardé le monde à travers diverses lorgnettes pour savoir quelle est celle qui convient à notre vue. Le naturalisme est une lorgnette à travers laquelle les choses apparaissent sous un jour, sinon parfaitement lumineux, du moins fort intéressant. C'est pourquoi tout homme sincère doit, avant de prendre un parti philosophique, avoir appris à se servir de la lorgnette naturaliste.

Aider ceux qui seront tentés de le faire, susciter peut-être chez quelques-uns l'idée d'essayer, enfin, souligner ce caractère de la philosophie naturaliste qu'elle est et ne pourra jamais être qu'une croyance suggérée sans doute par la science, mais qui ne se confond pas actuellement et ne se confon-

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