Bouvier. Maladies chroniques de l'appareil locomoteur
2. Lasranso, i'Uysiologie det exercices du corpa. Paris, F. Alcan.
CONDITIONS HYGIENIQUES DE LEXERCICE 121
La capacité respiratoire des chanteurs a été obtenue uniquement par l'exercice de la respiration, sans aucun travail musculaire qui essouffle, elle est cependant aussi considérable que celle des sujets n'ayant fait que des exercices musculaires violents.
M. le D"" Lagrange lui-même se contredit lorsqu'il écrit dam V Hygiène de l'exercice^ page 71 :
« Le poumon subit, on le sait, les mômes lois de développe ment que les autres organes du corps. Son volume augmenf en proportion de son fonctionnement.
« De même que le muscle grossit lorsqu'on augmente son travail, ainsi le poumon acquiert plus de volume lorsqu'on active ses mouvements respiratoires.
« Le poumon soumis au repos forcé diminue de volume comme le fait un muscle qui s'atrophie faute d'agir^. »
Ibid., page 75 :
Les exercices des jambes, dont la course est le type, sont supérieurs aux exercices des bras pour développer le poumon, parce qu'ils activent bien davantage la fonction respiratoire. Nous savons bien que les gymnastes adonnés aux exercices des appareils ont généralement la poitrine très développée, mais c'est à la course et à la boxe qu'ils doivent surtout le développement de leur poumon. »
Ibid., page 118:
« La poitrine est devenue plus ouverte pai^ce que la respiration plus active a gonflé le poumon et que les côtes s'écartent et se relè\)ent pour lui faire place. »
Cette dernière assertion surtout semble attribuer au poumon un rôle actif, celui de pousser sur la paroi thoracique ; l'on s'explique difficilement le poumon ayant le double rôle de pousser et d'être en même temps élastique, c'est-à-dire tendant à revenir sur lui-même.
Sil pousse contre la paroi thoracique, il n'y a donc pas de
1. F. Lagrango, Hygiène de Vexerciee chez les enfants. Paris, F. Alcan, 1890.
2. Il est clair que si le poumon se développe ou s'agrandit, il permet une ampliation plus grande de la cage thoracique sous l'effet des muscles inspirateurs ; de sorte que les mouvements respiratoires se feront en partant d'une position plus élevée si l'élasticité pulmonaire le permet ; ce qui n'empcche pas le poumon d'être toujours sous pression négative dans le thorax
pression négative dans la cavité pleurale, et on ne peut concevoir le mécanisme de Texpiration. Dire que les côtes se relèvent pour faire place au poumon, c'est avancer que le piston d'une pompe monte pour faire place à Teau qui le soulève, c>st Une explication assez étrange qui ferait faire la grimace au plus petit des physiciens.
Nous concluons de ces observations un fait indiscutable : le poumon ne se dilate que sous Taction des muscles inspirateurs, c'est-à-dire d'une action extérieure au thorax. Le poumon a beau se déplisser dans l'inspiration, jamais il n'arrive à la limite de son élasticité, il tend à revenir sur lui-même avec d'autant plus d'intensité qu'il a été plus dilaté, entraînant les côtes et affaissant le thorax.
D'ailleurs, il faudrait au poumon un point d'appui pour avoir une action sur les côtes et, sauf dans le cas de l'effort, le diaphragme présente une moindre résistance que les parois du thorax, il céderait donc plutôt que de servir de point d'appui au poumon pour soulever les côtes.
Cette assertion du poumon soulevant les côtes est donc une absurdité et tout l'échafaudage bâti sur cette erreur croule de lui-même avec la thèse contre la gymnastique méthodique.
La passivité du poumon est un fait classique ; aucun anatomiste qui a ouvert un cadavre n'oserait le nier (Winslow, Paul Bert, Marey, Mathias Duval, Beaunis, Sappey, Cruveilhier, etc.).
Influence des attitudes sur l'ampliation du thorax. — En résumé, nous avons établi l'influence des attikides et des mouvements des bras sur là dilatation thoracique. Cette influence s'exerce à des degrés divers suivant les mouvements, ellecombat l'affaissement des côtes et l'ankylose des articulations du thorax.
Les vêtements serrés, corsets, ceintures non élastiques, compriment la base du thorax, s'opposent directement à l'amplitude des mouvements respiratoires. Les mauvaises attitudes où la courbure dorsale est exagérée et le dos voûté, celles oti les épaules sont attirées en avant, les bras croisés sur la poitrine, les bords spinaux des omoplates écartés l'un de l'autre, sont défavorables au point de vue de la dilatation thoracique.
Au contraire, les attitudes d'extension, les épaules rejetées en arrière, le corps droit, l'abduction modérée des bras en arrière,
CONDITIONS HTGIÉNIQUKS DE L*EXBRGICB
k potation en dehors, rabdaction horizontale, Félévation verticale des bras et au plus haut degré la suspension passive par les mains, les bras bien allongés, sont dies attitudes ayant une action sur le soulè* Tement des côtes, sur leur mobilité^ ce qui permet les grands mouyements ins^ratoires.
ËXBRCICXS RBSPmATOI -
RBs. — Ceux-ci. doÎTent être exécutés largement pendant les attitudes indiquées précédemment, et il faut tQujoiairs faire coïncider laper iodedinspiration avec le mouvement ayant une action dilatatrice du thorax.
Ainsi on élèvera les bras étendus lentement en avant on latéralement, en faisant une inspiration profonde ; on abaissera les bv as en faî^ sant une expiration (iig.
46 et «).
On fera de même une circumduetion lente des bras, le tronc étendu; rinspiration profonde coïncide toujours avec l'élévation ou Técarte-
Fig. 46. — Exercices respiratoires.
1. Élever les bras latéralement en iiispiianl. les abaisser en expirant ; — 2. Élever les bras ver licalexnent en iuspirant; — 3. Étendre le Ironc en étendant les bras latéralement et en inspiranl; — 4. Circumduetion lente des braA avec une profonde inspiration.
ment des bras, l'expiration, au contraire, coïncide avee rabaissement ou le rapprochement des bras.
d2i LES BASES SCIEKTIFIQCES DE L'ÉDrCATIOS PHYSIQUE
Il est bien entendu que ces exercices respiratoires ne sont qu'une gymnastique des organes mécaniques de la respiration ; ils agissent peu ou point du touf sur les échanges chimiques constituant la fonction respiratoire proprement dite.
Le travail musculaire intense peut seul produire cette action physiologique. Nous avons séparé à dessein cette action de l'influence des mouvements sur le mécauisme respiratoire, nous avons montré combien il était utile d'améliorer d'abord celui-ci avant de s'entraîner à des exercices violents.
Le sujet éduqué de celle façon est certainement perfectionné, il montrera une réelle supériorité le jour ou il demandera à sa respiration un surcroit de fonctionnement.
La course peut provoquer
les mêmes effets d'amplialion
sur le mécanisme respiratoire;
nous l'avonsvu plus haut, mais
c'est un exercice trop violent ;
dans une course de vélocité,
Fig. 47. — Mouvement inspiratoire les mouvements respiratoires
exécuté avec assistance d'un sont suspendus, et nous avons
aide gymnastique auédoise). .. j- . i j i j
étudie les accidents graves de
l'essoufflement avec le forçage du cœur qui en peut être la conséquence.
Il est impossible de conseiller exclusivement la course k des enfants ou des hommes âgés, comme exercice respiratoire.
Il y a au contraire avantage immense à séparer l'éducation du mécanisme respiratoire de l'exercice violent.
Nous aurons à revenir sur ce sujet à propos de l'entraînement et de la forme de la poitrine.
Les recommandations pratiques relatives à l'éducation de la fonction respiratoire peuvent se résumer comme il suit : Vivez à l'air pur.
Rythmez votre respiration ;
Respirez largement et lentement ;
Prolongez l'inspiration en inspirant par le nez ;
CONDITIONS HYGIÉNIQUES DE l'EXERCICE 125
Apprenez à expirer profondément Tair de votre poitrine pour éviter les désordres de l'essoufflement;
Ne parlez ni ne chantez pendant le travail;
Entraînez-vous avec la progression la plus douce;
Faites des exercices respiratoires et favorisez Tampliation de la poitrine par des attitudes de suspension allongée, d'élévation des bras et de rectification du tronc;
Évitez l'efifort ;
Ne fermez pas la bouche mais comptez à haute voix ou criez pendant l'effort musculaire à l'exemple du bûcheron ou du boulanger ;
Si vous avez fait l'effort, cessez-le progressivement en ne rejetant pas tout d'un coup l'air de votre poitrine. Mais en décontractant les muscles du ventre avant d'ouvrir la glotte.
Les grandes inspirations calment les battements du cœur pour la raison indiquée plus haut.
A la suite des efforts le cœur et la poitrine se vident de sang, de là l'accélération des battements ; par de profondes inspirations le sang revient au cœur et à la poitrine et le cœur 6e calme parce qu'il a un travail plus intense à produire. Dans l'essoufflement la congestion passive du poumon est diminuée par des expirations et des mouvements doux qui rétablissent le cours du sang^.
I 4. — Éducation des fonctions de désassimilation.
Fatigue et entraînement
Source de l'énergie humaine. — La machine humaine tire sa puissance de travail de l'énergie latente contenue dans les aliments sous forme de composés instables. Dans un moteur mécanique, la combustion du charbon ou des gaz combustibles produit de la chaleur, chaleur qui se transforme en travail moteur suivant une loi d'équivalence connue. Mais, qu'elle que soit la perfection du mécanisme, ou l'habileté du chauffeur, toute cette chaleur n'est pas transformée en travail, il n'y en a que les 80 p. 100 au maximum d'utilisés; le reste est perdu ou se retrouve sous forme de déchets, en résidus de la combustion consistant en gaz, scories et usure des pièces de la machine.
1. Voir contre-indications relatives aux exercices respiratoires. Demeny, VÉcole française.
426 l'tJ U/LA«:i aClEK-nflQVK-i DE L KUUUATION PUÏâlQUB
ÉHUI.NATION DBS DKGfllTS DB U SDTBITION KT DU TRAVÀIl.. —
Dans le corps Immain les choses se passent de même ; la. vie est un perpétuel échange de malériaux entre les cellules vivantes et les Liquides nourriciers; les cellules absorbent à leur profit une partie des substances nécessaires à l'entretien de leur vitalité, elles rejettent les résidus provenant du fonctionnenient même de la vie. Les tissus vivants prouvent d«ux nécessiiôs indispensables : celle de toujours se nourrir aux dépens du sang et de la lyonp^, et celle de rejeter le reste des produits claborés dans l'acte même de la vie. H y a les déjections des cellules vivantes, comme il y a les résidus du foyer d'une machine; ces déjections sont j fort complexes. Elles provien-
' Bentdu travail muscuJaire et
« nerveux, on les retrouve à l'é-
tat d'acide lactique, d'urée, d'acide carbonique.
La présence de ces déchets dansi'oi^nismeestiine cause f de ralentissement dansla vitalité des tissus, elle empêche les échanges nutritifs et arrête la production du travail. Ces Pig. *8. — CoBpedH rein, matières ne peuvent séjourner
1, ureiere; — !. buiiiiet; - 3. caKo; duus l'économie SOUS peine de — o.'sub^nce'cûTiici'". ' ™ "«"»=' troubles graves, d'indispositions et de maladies. L'organismedoitleséUmiaerpourconserverl'intégrité de ses fonctions, et il existe pour cela une série d'organes essentiels chargés de rejeter à l'extérieur les produits devenus inutiles ou nuisibles, Lesdéchetsprovenant du travaîlde l'organisme s'éliminenlpar trois voies principales : la peau et le poumon, le rein, l'intestin. Par l'intestin nons rejetons les résidus du travail de la digestion, les parties des aliments qui n'ont pu être digérées et n'ont point été assimilées; par la peau et le poumon s'éliminent l'eau en excès, l'acide carbonique du sang et quelques substances acides; par le rein sont rejetés l'eau et les produits du travail musculaire et nerveux contenus dans le sang (âg. 48 et 49).
CONDITIONS HTGIBNI11IIBS DE L'KXXKCICE 127
L'urine en effet change de composition suivant la dose ou la violence de l'exercice auquel nous nous livrons, et nous ex.s.~ minerons la relation existant entre la fatigue et cet état de l'urine.
ËLIUINATtOM PAH LA PEAU;SOINS DB LA FBAU. — La fOQCtlOn de
la peau est complémentaire de celle du rein; on voit la quant itt' d'urine augmenter lorsque la sueur diminue, et inversement toute sueur abon dante diminue l'abondance de l'urine émise ^ dans une journée et en augmente la densité.
Il y a du reste une relation si intime entre la peau, le poumon et les reins qu'une suppression subite de la sueur à la suite d'un refroidissement peut occasionner des accidents graves inflammatoires dansles deux derniers organes.
La traospiratiou cutanée a deux effets utiles : refroidir le
corps et éliminer des fjg, w. A^weil vésico-rénai, vue postésubstances nuisibles rieure.
en excès. Quand la «■ «■ "Z* i." r; i"r»pr»i.^'>.::Sr ''' '" température de notre
corps s'élève, les vaisseaux capillaires se dilatent, le volume des extrémités s'accroît par l'apport d'une grande quantité de sang qui se refroidit en abandonnant les régions centrales; de plus, les glandes sudoripares se mettent à fonctionner, la «ueur perle et s'évapore sur la peau au contact de l'air en em-
prunlant à noire corps la chaleur nécessaire. La sueur agit donc comme l'eau à la surface d'un vase poreux appelé alcarraza employé dans les pays chauds pour rafraîchir l'eau ; elle esl aussi un émoncloire par lequel s'éliminent certains déchets. Bien des gens ont une sueur acide et ont la propriété d'oxyder les métaux au simple toucher; d'autres, les diabétiques, ont une sueur sucrée et se débarrassent ainsi du sucre en excès contenu dans leur sang (lig. 50).
La transpiration est pour cela une fonction qu'il faut favoriser par l'exercice musculaire.
Il est hygiénique de pousser celui-ci jusqu'à la moiteur de la peau, mais il faudra, bien entendu, éviter les refroidissements et ne pas s'arrêter dans un courant d'air après avoir fait des mouvements viole n Is quipro* Fig. 30. - Structure de la peau, ^ voquent une transpi-
T^sioiie^' MiTptgMs;'— B,9*'gTândes^siwi'ûripires; — ralion abondante. Il
10.10, onaui sadgriBros; — U.ii, leun orilicps, faudra SUrtOUt ne
point écouter la soif et se garder d'absorber des boissons froides lorsque le corps est échauffé parle travail.
La transpiration salit la peau, les sels contenus dans la sueur s'y dessèchent, les poussières de l'atmosphère et les matières sébacées y forment un enduit gras et malpropre.
On ne saurait trop veiller à la propreté de la peau, c'est là une condition hygiénique de première importance. Le bain chaud et le lavage au savon entretiendront la propreté; les frictions sèches, vigoureusement faites, enlèveront la couche morte de l'épiderme et rajeuniront les cellules superficielles.
Il faudra se garder de conserver les tricots ou flanelles trempées de sueur. On doit, au contraire, les enlever et les changer
CONDITIONS HYGIÉNIQUES DE l'EXEAGICE i29
aussitôt Texercice terminé et s'habituer à prendre une douche à ce moment.
Hydrothérapie. — Associée aux exercices physiques, l'hydrothérapie danne à l'individu le maximum de résistance et de santé dont il est susceptible. La douche froide ou l'ablution doivent être prises ayant chaud ; il est piréférable de s'en abstenir s'il n'en est pas ainsi.
On volt souvent dans les hôpitaux ou les dispensaires des malades auxquels on administre la douche alors qu'ils ont attendu longtemps immobiltes dans des vestibules glacés. Il Éaul avoir assez chaud pour désirer l'ablution ; du reste, TefiFet de la douche, la réaction qui doit raccompagner, dépendent de la différence entre la température du corps et celte de l'earo.
L'hydrothérapie agit par deux moyens : la température de l'eau et la percussion du jet. La lotion simple n'agit que par la température seule; aussi est-il indispensable de la faire toujours suivre de frictions vigoureuses avec des linges rugueux et secs, afiïl d'obtenir une réaction plus éndrgiqae.
La lotian d'eau froide doit se pi^endre au saut du lit : un tub, un seau d'eau, une éponge ou une serviette suffisent pour cela. L'habitude journalière en est excellente et vous aguerrit contre le refroidissement. On trempe l'éponge dans l'eau et on l'exprime sur la nuque, te devant de la poitrine, labdomen, et l'on termine par le bain de pied et la friction énergique du dos, de la poitrine et des membres.
L'hydrothérapie en jet demande des conditions plus complexes. Sa pratique est, d'ailleurs, assez délicate pour néces-i siter une étude spéciale. Il n'y a pas de règles générales à dicter, dans son application. Chaque sujet en effet réagit à sa façon et peut en ressentir un effet excitant ou déprimant suivant les cas.
Il y a cependant des indications à suivre pour obtenir l'effet hygiénique et pour éviter des accidents.
La douche doit être prise ayant chaud, même en moiteur, la température de l'eau de 40 ou iâ** centigrades, et celle de la salle de 20 à 25®. C'est grâce à la différence entre la température de l'eau et celle de l'air, que l'on obtient la réaction certaine amenant le sang à la peau et la sensation de bien-être final.
Dembny. — Bases scient. 9
Il ne faut pas diriger le jet sur la tète, mais d*abôrd sur les côtés de la colonne vertébrale, sur les épaules et les membres supérieurs, ensuite sur les membres inférieurs. Sur l'abdomen et la poitrine le jet devra être brisé; on termine par un jet vigoureux sur les pieds. La durée totale ne dépassera pas dix à douze secondes.
On fera suivre la douche d'une friction sèche et d'un exercice modéré, une promenade d'un quart d'heure.
On ne peut prendre la douche si le travail de la digestion n'est pas bien terminé, c'est-à-dire deux heures au moins après les principaux repas. Le déjeuner du matin, s'il est léger, n'est pas un obstacle à l'hydrothérapie.
Le froid excessif, une température de l'eau inférieure à 10* et de la pièce inférieure à 15* sont des contre-indications de la douche.
11 en est de même si le sujet est trop excitable, s'il dort mal, ou s'il esl atteint d'affections du cœur ou de la poitrine.
Souvent on est obligé de commencer par la douche tiède pour arriver graduellement à la température basse.
Les douches chaudes alternant avec les douches froides sont des raffinements de l'hydrothérapie qui soumettent le système nerveux a une fatigue excessive et n'ont pas un effet aussi nettement déterminé que l'usage de l'eau froide agissant rapidement et suivi de la réaction. Le bain chaud déprime et doit être suivi d'un repos, le bain froid prolongé n'est pas hygiénique, on en sort refroidi, et il faut faire ensuite un exercice assez violent pour provoquer la réaction qui ne se produirait point sans cela.
En résumé, l'exercice modéré joint au soins journaliers de la peau est une condition essentielle du fonctionnement normal des appareils d'excrétion; il facilite le rejet à l'extérieur des déchets provenant soit de la digestion, soit de la nutrition, soit du travail musculaire et nerveux. Dans l'état sédentaire, les fonctions languissent; on dépense moins, on répare moins encore et, ce qui est plus grave, les organes s'encombrent de matériaux de réserve comme la graisse, ou des substances provenant de la désassimilation des tissus. L'exercice stimule la fonction des reins, du poumon et de la peau, par lesquels doivent s'éliminer ces déchets.
CONDITIONS HYGIÉNIQUES DE l'BXBRGIGE 131
C'est le coup de fouet sans lequel Torganisme serait dans un état de paresse et de langueur incompatible avec la vigueur et la santé.
Dans les maladies par ralentissement de la nutrition, dans le rhumatisme, Tarthritisme et la goutte, Texercice avec une alimentation convenable est le seul palliatif ^.
Fatigue. — Tout travail, toute dépense d'énergie, a sa source dans les combustions intimes et s'accompagne d'un changement dans la composition chimique des tissu^ et des liquides de l'organisme. Le corps perd de sa substance, il a besoin de s'alimenter; il s'encombre des résidus des combustions dont il doit se débarrasser; il lui faut un certain temps pour cela, il doit se reposer pour se retrouver dispos.
Un travail intense trop longtemps soutenu amène un état particulier connu sous le nom de fatigue. Cet état se manifeste par une difficulté, une peine à continuer le travail ; il nous faut faire un effort pour agir.
Gela n'est pas particulier au muscle ; toutes les fonctions, tous les organes, muscles, cerveau^ glandes, sont susceptibles de fatigue et s'épuisent par un exercice soutenu.
Il y a une dose d'activité compatible avec la nutrition des organes , on ne peut la dépasser sans provoquer des troubles de la fonction, sans amener son ralentissement et quelquefois même son arrêt.
Gela s'expl ique : un travail soutenu longtemps est une dépense qui peut surpasser les réserves de l'organisme, il doit cesser forcément pour laisser la réparation se faire. Le repos est une condition indispensable de la réparation.
Loi d'altbbnange d'activité vt de repos des organes. — Aucun travail physique ou intellectuel ne peut se soutenir au delà d'un certain temps sans être suivi de repos. Après une journée de labeur, il nous faut dormir la nuit, nous sommes dominés par la loi d'alternance d'activité et de repos, qui est générale et s'étend à tous les organes.
Le cœur travaille toute la vie, mais travaille d'une façon