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RÈGLES D'ENTRAINEMENT

« Purgatifs. — On débute par quelques purgatifs afin de débarrasser le corps des solides, liquides, ou de la graisse qui Ten- -combrent et aussi pour favoriser la nutrition. Le tube digestif, bien nettoyé et bien libre, est prêt à recevoir une alimentation mixte, végétale et animale.

RÉGIME. — Coucher à 9 heures, lever à 6 heures du matin. On fera deux repas principaux : un à 9 heures, l'autre à S heures, un troisième léger avant le coucher, sans compter le déjeuner du matin.

Alimentation. — Le menu des repas se compose d'aliments privés de graisse et de sauces épicées ; peu de féculents, très peu de liquides surtout en mangeant, l'excès de boisson développant le tissu adipeux.

Exercice. •— L'exercice est un des facteurs les plus actifs et les plus puissants de l'entraînement. S'il est pratiqué progressivement, avec modération, sans aller jusqu'à la fatigue, l'appétit est vif, les digestions sont faciles, l'absorption des aliments est complète. La respiration est profondément modifiée;

CONDITIONS HYGIÉNIQUES DE L EXERCICE io5

la capacité respiratoire augmente d'une part, le poids du corps diminue d'autre part par suite de la fonte des tissus de réserve ; il s'ensuit un accroissement du rapport du poids du corps à la capacité respiratoire.

Indice d'entraînement, rapport du poids a la capacité respira- ToiRE. — Nous avons pris de nombreuses mesures sur des jeunes gens entraînés et nous avons constaté comme il suit un accroissement considérable de ce rapport K

Moyenne des sujets 'entraînés :

Age 22 ans. Poids 65S6. Capacité respiratoire 4^2 -^^q 0,0615.

Moyenne des sujets non exercés :

Age 22 ans. Poids 63'',5. Capacité respiratoire 3^ p r' 0,047.

Ce rapport de la capacité respiratoire au poids du corps donne ainsi une indication précieuse sur le degré d'entraînement, c'est une sorte de critérium de la force de résistance de l'individu.

Si Ton ajoute à cette observation l'examen des urines, on a un moyen simple de se rendre compte de son état de condition.

En résumé^ disparition des réserves adipeuses^ augmentation de la vitalité générale de tous les organes, somme d'énergie augmentant sans cesse jusqu'à un maximum pour chaque individu : ce sont les effets évidents de l'exercice.

Usage de l'eau froide. — L'usage de l'eau froide en douches ou ablutions est un adjuvant indispensable de l'exercice dans l'entraînement, si l'on veut obtenir le maximum d'énergie. L'eau froide agit, nous l'avons vu, par la percussion et la température. Elle doit être administrée quand on a chaud, dans un air chaud et suivie de frictions énergiques à sec, pour provoquer la réaction et amener le sang à la peau.

L'usage de l'eau froide n'empêche pas les soins particuliers de la peau.

L'exercice doit être poussé jusqu'à la transpiration et, pour entretenir la propreté de la peau, il faut se laver à l'eau chaude

i. Demeny, Comptes rendus de la Société de Biologie, séance du 13 avril

avec du savon et débarrasser Tépiderme de la sécrétion des glandes sébacées et des cellules mortes qui en obstruent les pores.

VÊTEMENT. — Les gUets de flanelle ou les tricots seront changés fréquemment ; jamais on ne doit les laisser séjourner dans des armoires obscures, non aérées, quand ils sont trempés de sueur.

Effets de l*entrainement sur l'activité de la nutrition. — La peau d'un homme entraîné est souple, blanche, légèrement rosée ; elle présente, en tous ses points, une coloration égale ; la main vue à travers la flamme d'une bougie est rouge et transparente. La circulation est si active que les contusions ne produisent pas d'ecchymose et, dans les combats entre les professionnels de la boxe, on voit un coup de poing formidable, suffisant pour assommer un homme non entraîné, être supporté sans sourciller et sans laisser de traces bien fâcheuses.

Lieu d'entraînement. — Pour s'entraîner il faut chercher un endroit favorable, un climat sec, à température constante, où l'air soit parfaitement pur, loin des villes et des centres industriels, foyers d'infection. Une campagne ensoleillée avec coteaux boisés entrecoupés de pelouses, est un séjour convenable. Il faut choisir un plateau de préférence à une plaine, surtout à une vallée toujours humide.

Influence morale. — Les entraîneurs se préoccupent fort de l'état moral de leurs élèves et prennent grand soin de leur éviter tout souci et toute préoccupation. Les relations du physique et du moral sont intimes. Ce qui affecte le moral retentit sur la nutrition et affecte aussi la santé. Aussi berce-t-on les sujets qui se préparent à un combat, de l'espoir d'une réussite certaine.

On fait miroiter à leurs yeux tous les avantages de la victoire, en ayant soin de taire toute possibilité de défaite et surtout de leur montrer les tristes revers de la profession.

Abstinence vénérienne. — L'abstinence vénérienne est recommandée dans l'entraînement.

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Permettre les rapprochements sexuels, c'est ouvrir la porle aux excès et à une cause intense de déperdition d*énergie. La chasteté des athlètes anciens était proverbiale, il est bonde les imiter à cet égard.

Il faut aussi s'abstenir des excitants du système nerveux.

L*alcool et boissons similaires n'alimentent point ; ils empruntent sur les forces du lendemain, ils donnent une illusion de vigueur toujours suivie d^un état d'affaissement. Le thé, le café, le maté sont des excitants moins dangereux, mais il y a des natures nerveuses qui ne peuvent les supporter ; le mieux est de s'en passer et de chercher dans l'air pur, dans les aliments, dans Texercice et le sommeil la source certaine de la vigueur. Le vin n'est point nécessaire ; il faut, si Ton en use, le prendre coupé d'eau et en petite quantité. Les bières anglaises, l'aie ou le stout, sont, coupées d'eau, d'excellentes boissons d'entraînement ; mais, en général, il faut boire le moins possible et, pour se désaltérer, absorber des sirops et des jus de fruits.

Evitez le kola et la coca ; leur action est de relarder la désassimilation et de permeltre de continuer à produire un travail intense quand on a dépassé la limite de ses forces.

Ces moyens sont employés par les recordmen qui concourent pour des prix d'argent, mais il ne s'agit plus alors d'hygiène. Ces procédés chimiques sont excusables dans des cas spéciaux, désespérés, dans une guerre par exemple, où l'on peut ainsi diminuer le nombre des traînards; mais, en pleine santé, il n'est pas sérieux d'user de ces poisons.

RÉSULTATS DE l'entrainement. — Lcs résultats obtenus par l'entraînement sont véritablement surprenants. L'entraînement vous transforme totalement : on perd l'inégalité d'action, cause principale des défaillances et l'on est toujours disposé à produire du travail.

Les efforts prodigieux accomplis par des hommes en condition ne sont pas rares, mais malheureusement des accidents nombreux, quelquefois mortels, témoignent des dangers d'un entraînement abusif et mal dirigé.

L'entraînement crée pour l'organisme en état spécial qui ne peut s'éterniser. Il doit forcément cesser après une période de quelques mois, sous risque de surmenage et d'épuisement.

La force absolue n'est pas positivement accrue, on acquiert surtout la continuité et Tuniformité dans Tefifort moyen ; une légère diminution de la force absolue a même été constatée, mais elle est bien rachetée par l'acquisition d'une aptitude continuelle au travail.

Il y a du reste deux manières de s'entraîner, correspondant aux deux modes d'effort : l'effort statique et le travail.

Il y a l'entraînement de force des lutteurs, des poids lourds et l'entraînement de fond des coureurs.

Le médecin appréciera s'il y a des maladies du cœur ou du poumon, une anémie profonde, une hernie, qui sont des contreindications de l'entraînement, et Ton se reportera à ce qui a été dit plus haut au sujet de la violence des mouvements pour régler la dose d'exercice et graduer le travail.

Résumé des conditions hygiénkîues de l'exercice. — En résumé, les conditions hygiéniques de l'exercice consistent surtout dans un surcroît d'activité des grandes fonctions de la vie, obtenu par une dépense convenable de travail mécanique, travail réparti sur la masse générale du système musculaire. Ce ne sont pas les gros muscles qui font la santé. Il faut assurer la réparation des forces par une alimentation assimilable, l'air pur, la sobriété, un régime de vie régulier, sans excès. Il faut s'exercer sans cesse et proportionner les périodes d'activité et de repos, un sommeil réparateur de sept heures au plus- et des occupations variées intéressantes, éveillant la joie et l'émulation de préférence à des excitants qui épuisent le système netveux, sont nécessaires pour cela.

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