La plupart des Ggur E. QuiRQolot, auquel nou
CONDITIONS ESTH'ÉTIODËS DB l'eXSRCIO! 163
t-elle pas pour oiileuir la beauté de cuiivenlion qu'on lui enseigne, pourquoi n'aimerait-elle pas à. devenir réellement belle sans souffrir ' ?
On fait de son corps ce que l'on veut, mais on n'a pas le droit d'être laid. Ce n'est pas de l'habit qu'il faut rougir, c'est de sa forme corporelle, il faut des années pour se constituer un corps bien musclé, il faut une journée pour se procurer un costume à la mode; la laideur du corps indique une négligence et une paresse inexcusables, ■ Les soins du corps constituent une partie de la moralité, une bonne part du caractère féminin lient à l'éloignement de l'exercice physique.
TiFEs DE BEAUTÉ. — Le type de beauté est différent dans les races humaines, mais si l'on ne se borne pas aux caractères de peu d'importance, aux traits du visage,
on rencontre une grande simili- '^S- S8- - 1, Type ihoracique; lude dans les attributs propres
au bipède parfait. Les conditions de santé et de vigueur, de résistance et d'adresse sont identiques, elles dépendent uniquement des lois naturelles. Partout où l'homme s'exerce, partout il s'améliore ; partout oh il se laisse envahir par la mollesse, partout aussi il dégénère et s'atrophie.
LAIDBOR du corps DCB a l'aB.ilNDON de la GULTtIRB CORPORELLE. —
Les jeunes gens entraînés aux exercices du corps sont comparables en beauté aux statues antiques et, si nous voyons trop souvent des types de laideur parmi nous, cela tient à l'abandon de la culture corporelle.
Cela est malheureusement trop fréquent : dans les villes,
164 LES BASBS SCIBKTIFieOKS DE l'ÉDOCATION PHTSIQCB
l'altitude générale est devenue déplorable, les épaules sont tom-
Fig. fil. — Stfltues égyptiennes anciennes et sujet indien moderne présentant le type ihoraciqua.
creuse et s'aplatit, le ventre est proéminent. Je me suis souvent
CONDITIONS ESTHÉTIQUES DE L'eXERCIGB
plu à observer les passants dans les rues de Paris, je n'exagéré point en disant que sur vingt personnes il y en a à peine une présentant unie attitude convenable, se tenant droite et n'étant pas voûtée.
Les sujets bien plantés sont devenus rares et ils attirent Tatlention ; les attitudes dénotant la vigueur et le courage dispa-
Fi^. 63. — Conformation des gymnastes grimpeurs actuels avec voussure du dos et développement excessif des muscles grands dorsaux et pecto-
raux.
raissent ; la femme surtout se laisse aller et présente une infériorité manifeste à ce point de vue.
Au lieu du type thoracique où la poitrine est bombée^ la colonne vertébrale droite et l'abdomen effacé, une grande partie des hommes des villes présente le type abdominal : poitrine aplatie, dos voûté et abdomen saillant, type de laideur et de faiblesse (fig. 58).
Gela n'est pas étonnant, jamais nous ne faisons effort pour nous redresser. Â peine au monde, on nous enveloppe dans des maillots serrés où l'on restreint nos mouvements qui seuls peuvent nous fortifier. Plus tard, c'est au moyen de corsets et de vêtements serrés que nous nous soutenons, nous prenons appui sur un squelette extérieur artificiel, sans chercher à nous
LES BASBS SCIENTIFIQUES I>S L SDUGATiaN PHYSIQUE
soutenir par nous-mêmes. Les leçons de maintien des anciens maîtres à danser avaient du bon, elles portaient notre attention sur latenue^ si nécessaire au point de vue de la beauté et de riiygiène. Les disproportions dans la structure du corps résultent du peu d'harmonie existant entre les différents groupes musculaires ; ainsi se forment les épaules tombantes ou les épaules en porte-manteau, .la voussure du dos et même quelquefois les courbures anormales du rachis (fig. 59 et 60).
Conformation des anciens. — Les statues égyptiennes ont un type thoracique bien caractérisé, les épaules larges et hautes, Tabdomen très peu développé et la taille fine (fig, 61).
FIg. 65. — Le Discobole, statue grecque antique montrant le bourrelet iliaque formé par les muscles obliques de Tabdomen.
Les statues grecques présentent des différences avec nos gymnastes actuels. La masse des grands dorsaux est moins considérable parce que les exercices de grimper ou de locomotion avec les mains n'étaient pas autant pratiqués qu'aujourd'hui (fig. 62). Par contre, les crêtes iliaques étaient très remplies : on voit dans ces statues un bourrelet formé par la masse des obli ues de Tabdomen (fig. 63).
CONDITIONS BSTHÉT10CB3 DB L'RXEnCICB 107
Cette conformation ne se rencontre guère actuellement ; on doit l'altribuer aux exercices de lutte et de lancer des poids lourds.
I 2. — Modifications du squelette.
L'ÉTUDB DU SQUELETTE EST PLEIHB d'bKSEIGNBHENTS. — Rîeu u'cst
indifférent pour le physiologiste dans les pièces urtiiai du squelette humain, jj toutlui montre sa malléabilité et lui rappelle les cncimndra:
mouvements exécutés pendant la vie.
L'activité nerveuse domine notre être, eilepro- iL?"™"' voque les contractions musculaires qui, répétées
suivant les instincts et pfuosui
les habitudes, modifient
/a forme des os et le rap- incocU»
port des os entre eux. uinoniion
L'anatomie comparée Epiphyse
puise dans l'étude du infeicura
squelette une source pré- épiiihyiiiro "*"
cieuse d'enseignements p^g. «. Développement tlim os long etpermet ainsi de remon- (Fémun,
ter jusqu'à la physiologie même des êtres disparus, tant la connexion existant entre le squelette et les organes est étroite.
La direction et l'intensité des efforts musculaires se lisent sur les apophyses d'insertion des tendons; la forme des surfaces articulaires indique exactement les mouvements des os l'un sur l'autre; la forme des membres, la longueur comparée de leurs segments est en rapport direct avec le mode de locomotion et par suFte le milieu auquel un être vivant appartient.
La forme du bassin est disposée chez l'homme pour soutenir le poids des viscères abdominaux, l'épaule est mobile, la clavicule permet l'indépendance du membre supérieur, devenu un
166 LES BASES 3C1BNTIFIQDBS DE L EDUCATION PHVSIQUB
organe de préheasion au service de La volonté, au lieu d'être seulement, comme chez les quadrupèdes, une colonne de soulien analogue au membre postérieur.
Les courbures de la colonne ■ vertébrale varient suivant l'attitude depuis le quadrupède jusqu'au bipède parfait.
Les dents et les mâchoires sont en rapport avec la nourriture habiluelle, enfin le cr&ne donne une mesure exacte du cerveau, il porte l'empreinte' des circonvolutions cérébrales, c'est-à-dire du degré de perfection des cen< très nerveux, perfection indiscutablement en rapport avec le développement de l'instinct et de l'intelligence.
HALLâABILTTri DD SQUELETTE. —
Le squelette n'échappe pas à la loi générale de la vie ; c'est-àdire à l'harmonie entre les organes et leur fonction ; il se modifie avec les mouvements et tend il s'y adapter. Sa fixité apparente n'a rien de réel, les os sontpeutêtre ce qu'il y a de plus malléable dans l'organisme.
AccHOissByENT DES OS. — D'abord cartilagineux, transparents et Fig. 63. — Développement d'un np,îh|f.a cammp VarMn di> nnio. osloDg(humérusvuencoupe). "exiwes Comme l arête de poisson, les os sont envahis peu & peu par de petits dépôts de matière calcaire, appelés noyaux d'ossification. Ces noyaux s'étendent, marchent à la rencontre l'un de l'autre, divisent l'os en plusieurs parties, les épiphyses, séparées par du cartilage d'ossification. Ce cartilage disparaît,
CONDITIONS BSTHETIQUKS DB L EXERCICE 169
les épiphyses se soudent au corps de l'os ; la croissance de l'o? en longueur est terminée et la taille de l'individu est fixée [fig. 64et65).
Ce dernier résultat a été établi expérimentalement par le procédé suivant : trois petites épingles d'argent ont été enfoncées dans les épiphyses et dans le corps d'un os long chez un animal vivant; la distance entre les épingles fixées dans le corps de l'os restait invariable, tandis que l'écart entre les épingles, fixées l'une dans l'épiphyse et l'autre dans le corps, augmentait avec la croissance ; c'était donc bien dans la couche cartilagineuse que se faisait le dépAt de matière osseuse.
Les os continuent a s'accrottre en épaisseur par couches concentriques superficielles, comme le tissu des arbres, jusqu'à quarante ans environ. Dans la vieillesse, le canal médullaire augmente aux dépens des parois, le tissu compact devient aussi plus spongieux, la proportion de matière minérale et de matière organique est plus grande, de la vient la fragilité des os et la fréquence des cas de fracture chez les gens âgés (fig. 67).
Chez l'enfant nouveau-né, les parties du squelette les plus développées sont le crâne, les clavicules, les côtes, les membres supérieurs.
Le crâne continue à croître, la m&choire inférieure se soude en une pièce la première année ; les c6tes conservent longtemps une tête cartilagineuse, les vertèbres demeurent incomplètes à l'exception de l'atlas, de l'axis et du sacrum. A l'âge de la puberté le corps des os longs n'est plus séparé des extrémités 'que par un disque cartilagineux fort mince.
Celui-ci disparaît à son tour, et l'os ne présente plus qu'un
morceau solide d'uue seule {Hèce» s'acerolssaut ensuite en épaisseur par les apports nutritifs du périoste.
Les os complets sont alors : ceux de la tète, Tatlas, Fos hyoïde, le carpe et le tarse> les phalangettes des doigts et des orteils, les rotules et os sésamoïdes, le coccyx. Sont incomplètement ossiGés : les six vertèbres cervicales^ dont les apophyses ne
Fig. 67. ^ DlfiérenU états d^ua 04.
i . Os cartilagineuXi en train da a'osaiiler -«^ — 2. Os diTisé en 3 parties avant la soudure des épiphyses ; — 3. Os d'adultes complètement ossifié; — 4. Os de vieillard montrant i'importaaoe du canal médulLairo et la fra^^ililté de ses pavoia.
sont pas soudées avec le ôorps de Tos^ les extrémités steinales des clavicules, les têtes des côtes, le sternum, Vomoplate, la tête de Thumérus, l'extrémité inférieure du radius et du cubitus» les métacarpiens et les métatarsiens, les phalanges et phalangines, la crête de Tos coxal, l'épine et la tubérosité sciatique^ le sacrum, les vertèbres dorsales et lombaires moins avancées que les cervicales ; le fémur, dont les deux trochanters, les condyles et la tête sont encore séparés du corps de los, le tibia et le péroné.
 cet âge les saillies osseuses ont peu d'importance^ elles
CUNDITIONS ESTHÉTIQtIBS DE l'bI
augmentent bientôt de volume, et de vingt & Tingt-cinq ans
Fig. 6S. — OsBiQcation de l'omoplate.
la sDDâiire des épiphjrses des os est complète, leur croissance
Wig. 69. — Oatiflcatioa de rt>iiu>plate, tujet de 10 à 13 ans.
!n longueur terminée, leur solidité est maximum ; de quarante
; cinquante ans, ils augmentent d'épaisseur, leur nutrition
173 LBS DXSGS SCIENTIFIQUES DE L EDUCATION PHTSIQUB
acUve peut réparer facilement les sccideals de fracture. Après cinquante ans, le tissu des os, ferme et compact comme l'ivoire, devient grenu, terreux, fragile ; des soudures s'opèrent entre 0) iD quelques vertèbres, les
cartilages tendent à s'ossifier, même dans les '£, man arliculatioDsi
L'exercice constant empêche certainement les articulations de s'ankyloser, mais il vieillit Poiniid' le squelette en liiktant
Mgrnti son ossiiication. C'est
l'effet des professions "doBbi'V exigeant des efforts énergiques contrairement à la vie sédentaire.
■A...yiKM^a^ Le développement du
Fig. TO. — OHification da Bternum. squelette de l'homme et
de la femme présentent des différences probablement pour cette raison.
FOHHB DES SnHFACSS ABTIGULAIRES EN RAPPORT AVEC LB HOUVBllENT
HABITUEL. ~- La forme des surfaces articulaires se modifie et se
Rg. 71. — Développement dune vertèbre et de la tête bumérale montrant lei dlfférenU pointa d'oisiBcation léparéi par du cartilage.
met en rapport avec le mouvement habituel de l'articulation, La sphère est la forme de la tète humérale et fémorale, elle est susceptible de mouvements de circumduction, mais, si le mouvement est plus étendu dans un sens que dans l'autre, la surface articulaire présente deux courbures différentes, la plus petite correspondant au mouvement le plus étendu, M. Marey
CONDITIONS ESTUBTIQUKS DE L EXERGICB
a particulièrement insisté sur celte loi de la morphogénie ^. Normalement, les mouyements sont limités par la structure des surfaces articulaires ou par les ligaments qui les unissent. Pour obtenir une amplitude anormale comme on en voit chez les acrobates appelés hommes serpents, hommes caoutchouc, il faut dès Tenfance allonger ces ligaments et augmenter Téten-
Fig. 72. — Formes des surfaces articulaires en rapport avec le mouvement
des os.
Tètes spkériqucs du fémur et de rimmérus correspondant au mouvement de circumducliôn. — CDarnicrc du coude et de la cheville du pied correspondant au mouvement de ncxion dans un plan. — Surface elliptique de Tarticulation du poignet correspondant à deux mouvements rectangulaires d amplitudes différentes. — Surface cylindrique du radius correspondant à un mouvement de rotation (pronalion et supination).
due des surfaces articulaires, cela s'obtient toujours aux dépens de la solidité.
I Dans Tunion des os entre eux, la force des ligaments est toujours en raison inverse des muscles qui relient les os. Leur épaisseur et leur solidité est grande, là où il n'y a pas de muscles.
Les cartilages articulaires ont une épaisseur en rapport avec les pressions qu'ils supportent. D'après MM. Beaunis et Bouchard, cette pression contribuerait à empêcher l'ossification de les envahir ; ils ne sont d'ailleurs qu'un reste de cartilage d'os-