‹ Les bases scientifiques de l'éducation physique (volume 2)Chapitre 36 sur 109 · Marey, Revue scientifique · texte numérisé non relu

Marey, Revue scientifique

sification de Tos, de là rintimité de la réunion au tissu de ce dernier. La pression venant à diminuer, Tossification peut envahir le cartilage ; dans la vieillesse les tètes osseuses sont

ossifiées, ce qui a fait croire à l'usure des

cartilages.

Taille de l'indiviou. — La taille de rindividu dépend de Tarrêt de croissance des os en longueur, elle est définitive, au moment de la soudure des épiphyses des os longs. L'exercice violent, le travail excessif hâtent cette ossification, empêchent ainsi la taille d'acquérir toute sa hauteur.

Les enfants des acrobates forains, victimes d'une exploitation immorale, sont fréquemment astreints par leurs parents à des exercices violents pour satisfaire la badauderie publique. Ils restent géné-

Fig. 73. — Deux os (fémur et tibia) articulés entre eux et réunis par des ligaments solides.

ralement petits.

Un enfant malade demeurant étendu longtemps sur son lit, pousse, au contraire, en longueur et voit sa taille augmenter de plusieurs centimètres en quelques mois.

Influence de l'exercice sur la taille. — Ce sont là des faits positifs qui démontrent la mauvaise influence des exercices de force et du développement musculaire excessif chez l'enfant.

On n'attelle point un poulain à la charrue ; on ne doit pas laisser les jeux athlétiques à l'enfant, sous peine d'en faire un petit homme rabougri, un petit vieillard.

L'enfant doit courir et jouer, sans imiter les exercices athlétiques, qui seront reculés à vingt ou vingt-cinq ans, lorsque la croissance en longueur sera terminée.

Géants et nains. — La taille ne doit être enrayée par aucun travail exagéré, si ce n'est dans un cas de croissance excessive. Une taille très élevée devient embarrassante et n'est pas une condition de vigueur.

Les géants ont généralement de tristes constitutions et pro-

CONDITIONS ESTHÉTIQUES DE l'eXERCICE 175

duisent bien peu de chose. On considère môme le gigantisme comme une maladie analogue à Tacromégalie. Les races latines ont une taille moyenne peu élevée ; ce sont pourtant les races de travailleurs qui ont donné le plus à l'humanité.

Cependant la réduction de la taille est un indice de dégénérescence physique et présente des désavantages évidents.

La taille a une influence sur l'utilisation de la force musculaire, sur la locomotion, sur Tagilité et la vitesse des mouvements, et, à ce point de vue, tout est à Tavantage d'une taille moyenne (environ 1",70).

L'hérédité se fait sentir sur la taille, mais le produit de deux individus de haute taille n'est pas forcément un homme grand.

Il y a d'autres facteurs que l'hérédité, nous avons vu l'influence du surmenage prématuré, il y a également celle de la nourriture et de l'exercice musculaire convenablement dosés.

Influence de l'exercice? musculaire sur l'augmentation de la TAILLE dans l'enfance. — Il scrait utile de faire des expériences pour préciser l'influence de l'exercice musculaire sur l'augmentation de la taille dans l'enfance. On renconti^e ici de sérieuses difficultés pour connaître la part qui revient à l'âge, à l'hérédité et à l'exercice.

Ces facteurs sont inséparables, et leurs influences interfèrent entre elles. Il faudrait diviser les enfants en deux groupes à peu près identiques, soumettre les élèves d'un groupe à un exercice méthodique régulier, tandis que l'autre resterait étranger à toute éducation physique proprement dite. On verrait alors les différences apparaître dans les effets obtenus.

Le tableau précédent (flg. 27) nous a montré qu'il y a parallélisme entre l'augmentation de la taille et du poids. Ces mesures ont été prises au collège Sainte-Barbe par M. Rey, professeur de gymnastique; elles ont porté sur un grand nombre d'élèves de six à quatorze ans. On voit à l'inspection des courbes, combien la poussée est vive entre sept et huit ans ; elle se ralentit entre huit et neuf, pour reprendre de plus belle à treize ans.

Ces élèves recevaient tous un enseignement gymnastique.

M. le D'' Carlier a fait de son côté des recherches suivies pen-

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dant quatre années sur les enfants de troupes de Técole Saint- Hippolyte et de Montreuil *.

Il a constaté une réelle supériorité physique des enfants élevés dans ces écoles sur les enfants de troupe de ménAe âge^ de treize à dix-huit ans. Cette supériorité se manifeste par une plus-value sur le périmètre thoracique» le poids et la taille abstraction faite des dififérences ethniques.

Le poids a bénéficié le premier de la bienfaisante influence du milieu^ puis le périmètre a atteint son augmentation maximum en même temps que le poids. Dès le premier semestre, la taille a éprouvé un rapide accroissement, mais le maximum n'a été obtenu qu'à la fin du quatrième semestre, un an après le maximum du poids et du périmètre.

C'est à la fois à Tinfluence des conditions hygiéniques^ alimentaires et gymnastiques, que sont dus les changements favorables ; l'augmentation du périmètre est attribuée surtout à la somme considérable des exercices gymnastiques.

Influence des saisons. — L'influence des saisons est indéniable; elle s'est exercée, à tous les âges, aussi bien sur le développement en poids et en périmètre que sur l'augmentation de la taille.

La somme des accroissements de la taille observée pendant les semestres d'été était constamment plus élevée que la somme totale des accroissements observés pendant les semestres d'hiver.

Le poids a acquis son maximum d'augmentation pendant l'hiver.

Loi ors accroissements de la taille, du poids et du périmètre THORAciQUE. — Les accroissemeuts successifs de la taille et du poids ainsi que ceux du périmètre thoracique suivent une certaine loi. Il existe, au commencement de l'adolescence, une période de croissance rapide. Cette période est, pour la taille et le périmètre, de quinze à seize ans et, pour le poids, un an après; elle paraît coïncider avec celle de la puberté. Elle a été suivie d'une période de croissance moindre ; par conséquent,

1 . D' Carlier. Recherches anthropomé briques sur la cj'oissance. Influence de Vhygiène et des exercices physiques.

CONDITIONS ESTHÉTIQUES DE l'eXERCICE 177

comme on l'admet généralement, la croissance de treize à dix-huit ans s'opère par périodes alternatives d'activité et de ralentissement.

Le rapport entre le poids et la taille augmente avec l'âge et croît à chaque âge avec la taille comme chez l'adulte^ mais sans qu'il soit possible de fixer l'augmentation de poids qui revient à chaque centimètre de taille en plus.

Inversement, les périmètres les plus élevés relativement à la taille sont ceux qui correspondent aux tailles les plus basses; le plus faible rapport se rencontre presque toujours dans les tailles les plus élevées, il ne serait pas juste, néanmoins, de dire que ce rapport diminue d'une façon plus ou moins régulière au fur et à mesure que l'on remonte l'échelle des tailles. Ces observations de M. le D' Garlier sont extrêmement intéressantes.

Harmonie du squelette. Déformation par les attitudes et les mouvements. — La beauté corporelle ne dépend pas des dimensions de la taille^ mais des proportions et des rapports des parties du corps. Toute déformation des os, toute disproportion des masses musculaires se manifeste par une difformité. L'exercice mal dirigé, les professions manuelles, la pesanteur s'exerçant dans diverses attitudes, le vêtement mal adapté à la forme du corps sont des causes de déformation du squelette et des raisons de désharmonie.

Les attitudes maintenues longtemps ont plus d'effet sur les déformations du rachis que les mouvements dissymétriques. Plusieurs auteurs n'admettent même point les déviations par défaut d'équilibre musculaire, si ce n'est les déformations de l'épaule.

Cela est vrai en partie, on voit beaucoup moins de déviations chez l'ouvrier exécutant des mouvements dans de mauvaises attitudes que chez des écoliers et des hommes de bureau demeurant immobiles toute la journée. Les déviations ont toujours une cause essentielle : un trouble de nutrition dans le système osseux; aussi, une gymnastique générale qui a un effet hygiénique certain remédie-t-elle en partie à ce trouble de la nutrition et devient-elle quelquefois, en augmentant les forces du malade^ un correctif suffisant, sans

Demrny. — Bases scient. )2

178 t-BS BASES sciBNTirrQoes DK l'éducation PHÏMQCE

faire appel à aucan aotre traitement spécial. Il e&l néanmoins

panier.)

plus certain de faire agir les deux effets parallèlement : fortifier le corps par des cxfrcioes hygiéniques et provoquer une

CONDITIONS SSÏHBTfQUSS DB L fiXERCIGE

nutrition plus active dans les parties faibles par une gymnasr tique spéciale.

Toute déviation du rachis déânitivement constituée «st la conséquence de la déformation des vertèbres; les corps vertébraux n'ont plus leur forme cylindrique, ils s'applatissent; la nutrition semble s'être ralentie d'un côté par suite d'une compression exagérée et augmentée de l'autre, par suite

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Pig. 75.

Exemples de la déformation des corps vertébraux dans une déviation du rachis.

d'une sorte de raréfaction ou de dilatation du tissu osseux (lig. 75).

La déformation des vertèbres est accompagnée d'une torsion des corps vertébraux les uns sur les autres, et la gymnastique orthopédique n'a plus d'effet sur une déviation arrivée à ce degré, il en est tout autrement lorsqu'il n'y a pas encore déformation osseuse. On obtient un résultat certain avec les attitudes actives^ en localisant la contraction dans les groupes musculaires faibles, de façon à provoquer volontairement une réduction des courbures et à maintenir les muscles redresseurs contractée et raccourcis.

Malheureusement, on ne peut agir ainsi lorsque les os «ont malléables^ les ligaments relâchés et les muscles insuffisants; on est obligé de laisser le malade immobile, couché

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Fig. 76.

dans une position favorable, de comprimer certaines parties de son thorax ou même de faire porter le poids du tronc et des membres supérieurs par des corsets ou des supports

extérieurs. Ces traitements sont du domaine de la chirurgie orthopédique '.

La division du travail dans les ateliers a amené la spécialisation demandant le maintien de la même attitude avec des efforts constamment répétés et localisés.

Le tourneur, le sculpteur, l'ajusteur, le menuisier, la blanchisseuse restent debout et font constamment des efforts des fléchisseurs du tronc. Le vigneron travaille fléchi; il est voûté à 40 ans; les couturières travaillent assises à la machine à coudre ; les mineurs, les raboteurs de parquets, toujours accroupis, ont la colonne vertébrale fléchie. On voit au musée Orfîla le squelette de Séraphin, le fameux montreur d'ombres chinoises, c'est un exemple frappant de cyphose professionnelle (fig. 96). Le travail à l'établi (rabot et scie) penche la tête à gauche, produit un développenàent exagéré des muscles de l'épaule droite et du grand pectoral correspondant. La colonne vertébrale se dévie et présente une concavité droite de la région dorsale. Le bras droit est plus fort, les doigts sont déformés et fléchis, la jambe gauche est arquée, le bassin s'élève de ce côté, le pied droit appuie sur son bord interne (fig. 76 et 77). Le sculpteur fait des efforts qui soulèvent l'épaule gaiiche et la développent. Chez lui la colonne vertébrale présente une

— Travail à rétabli, scie à refendre (efforts fléchissants).

1 . Voir Kirmisson, Les déformations acquises de Vappareil locomoteur pendant Venfanc*. et V adolescence.

CONDITIONS EStH^TIQUES DE L^fiXlSRGIGS

double courbure; le bras droit est plus exercé que le gauche et le poignet comprimé par l'outil s'élargit transversalement.

Le tourneur n Tépaule gauche abaissée, la tôte penchée à gauche. L'épaule droite surélevée est plus forte, la colonne vertébrale se dévie et présenté une convexité à droite. La pédale développe le membre inférieur gauche, élève le bassin du côté gauche; et la jambe droite portant le poids du corps tend à s'arquer.

Les tapissiers

sont toujours accroupis, la tête et le tronc penchés en avant, les bras ne s'exercent pas, et les jambes sont toujours pliées sans mouvements *.

Au contraire, les terrassiers chargeant des tombereaux à la pelle, les femmes portant des fardeaux sur la tête ont le buste absolument droit, car ils font des efiforts constants pour se rectifier (fig. 79 et 80).

Dans les sociétés de gymnastique parfois les jeunes gens s'entraînent exclusivement aux exercices de grimper, les bras serrés contre la poitrine par la contraction des muscles pectoraux ; Teffet de cette étreinte constante est de voûter le dos si on ne la contrebalance pas par d'autres mouvements correctifs. Les masses musculaires abaissant le bras, portant l'épaule en avant et affaissant la poitrine sont devenues prépondérantes, et l'équilibre des pièces du squelette est rompu :

Fij?. 77. — Travail à l'établi. Le rabot (effort

flèelfrrasant).

1. Observations faites dans les écoles professionnelles d'apprentis de la Ville de Paris.

182 Ll^ UASCS SCtKMtmOttES DK tlCBUCATlOM MtïâlQUE

on éToltte ners le type du grimpeur représenté par les grands si âges. Les velocipédistes ne sont pas mieux partagé» sous ce rapport, nous en reparlerOQs à propos du vélocipède. Généralement les contractions ne se prolongent pas assez pour produire une déformation osseuse; les mêmes muscles ne peuvent toujours travailler, ils se fatiguent, se rel&chent ou s'atrophient.

Dans l'organisme, certains muscles, dont la contraction per-

manente serait nécessaire à la sUlioa debuul, sont remplacés par des ligaments limitant les mouvements arltculaires, ces ligaments doivent se distendre pour qu'il se produise une déformation osseuse.

Ne voii-on pas des contractures persister tr6s longtemps dans tes muscles sans amener aucune déviation? II faut donc le concours de la pesanteur agissant d'une façon constante et, de plus, on trouble de nutrition dans les os pour provoquer une déformation,

Ponr ces raisons on ne saurait trop surveiller les attitudes habituelles des enfants au moment de l'ossification du squelette.

Les enfants portés toujours sur les bras par leurs nourrices

CONDITIONS KSTHBTiaUES DE t OBRCICB 183

contractent des déviations de la colonne verLébrale. Les mauvaises stations debout ou assises pour écrire sont aussi des causes certaines de déforntatioBS.

Tout s'enchaîne dans l'équilibre du squelette; une déformalion des membres inférieurs peut amener une déformation du bassin et de là une déformation du rachis et du thorax. Ce sont tes déformations secondaires dites compensatrices. L'usage d'une béquille rompt la symétrie de tout l'appareil locomoteur.

Les pressions des os les uns sur les autres ont une grande influence sur leur nutrition.

On peut expliquer certaines déviations par l'action mécanique de la pesanteur sur la colonne vertébrale; mais il ne faut pas raisonner à priori, comme on le ferait sur une tige inerte ; les éléments vertébraux vivent, ils réagissent à leur façon, on ne peut prévoir ces réactions, il faut observer ce qui se passe dans chaque cas.

Stations BBBOUTBOSNBS ET MAUVAISES ; DÉFOB- p- ^ —Femme

MATIONS BT INCURVATIONS DUES A LA PESANTEUR. portant yn Tar-

— La station debout correcte, pour deman- deau sur la tète der le minimum d'effort, doit amener tous iément),* "aprt^ les segments osseux dans le prolongement Sain. l'un de l'autre avec le moins de contractions musculaires. La projection horizontale du corps doit être réduite à une surface minimum. C'est l'attitude droite prise contre un mur vertical en faisant toucher la nuque, le dos, les fesses et les talons (fig. 85). Pour peu que l'on abandonne celte attitude, on voit se produire immédiatement une mauvaise répartition des efforts musculaires, les pressions ne s'équilibrent plus, et les rapports des os varient, entraînant un changement de forme du corps. Les courbures vertébrales s'accentuent et amènent une diminution de la taille. Ces courbures se produisent d'avant en arrièreetlatéralernent.

i SCIBKTIFIQUBS DE L EDUCATION PHVSIQUB

La courbure exagérée ou ensellure projetant le venlre en avant est accompagnée de la voussure du dos et d'une exagération dans la courbure cervicale (fig. 86). Toutes ces courbures

sont solidaires, elles ont pour but de ramener le centre de gravité du tronc au-dessus de la base d'appui, représentée par la ligne des létes fémorales.

Il faut les combattre dès le début; une fois formées, elles ne

tendent ensuite qu'à s'exagérer. Cela se comprend : l'effort, pour maintenir en équilibre deux segments osseux qui supportent le poids du corps, est minimum si ces segments sont dans le prolongement l'un de l'autre; cet effort augmente lorsque l'angle des deux segments diminue (fig. 8S) ; de même

CONDITIONS ESTHETIQUES DE L EXERCICE

un arc chargé à son extrémité faiblit de plus en plus avec Taugmentation de sa courbure (tig. 87).

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Fi g. 85. — Bonne et mauvaise sta* tiqn droite.

Fig. 86. — Ensellure avec voussure du dos et saillie de Tabdomen, d'après un cliché de M. Londe (hôpital de la Salpêtrière).

Il en est de môme de la colonne vertébrale. La voussure du dos a pour conséquence rabaissement de la tète, mais nous tendons instinctivement à avoir le regard horizontal, nous redressons la tôte à cet efifet en exagérant la courbure cervicale. Pour rectifier la partie cervicale du rachis, il faut alors serrer le menton au cou, puis faire un efifort dans cette position pour relever la tête avec le cou sans relever le menton (fig. 88) .

Il suffit de porter des chaussures avec de hauts talons pour être forcé de fléchir les genoux et les cuisses, le bassin est alors mal orienté, et toutes les courbures du rachis s'exagèrent (fig. 89).

Fig. 87. — Schéma de l'effort nécessaire à Téquilibre de deux segments faisant un angle entre eux ou d'un arc courbé.

Fig. 88. — Montrant la manière efficace de rectifier la région cervicale du

rachis.

1. Tôle fléchie en arriéra sur le cou sans entraîner l'extension de ce dernier (mouvomcnl défcclueux). — 2. EitcnsioB du cou ramenant le redressement de la tète (mouvement utile). — 3. Extension de toutes les régions du rachis ; la nuque, le dos et l€s fessiers appuyés contre un plan vertical,

Stations assises bonnes et mauvaises. — Les déformations du rachis se produisent aussi bienassisque dans la station debout; il suffit pour cela de prendre une mauraîse position sur son siège ou de se servir de sièges défectueux.

Dans une bonne station assise, le corps doit reposer sur les cuisses et les deux fesses, il doit être d'aplomb sur le siège en eflfeçant les courbures vertébrales. Il faut éviter de se tenir droit en exagérant la courbure lombaire, ce qui aurait tous les inconvénients de Tensellure en station droite. Pour bien des maîtres, se tenir droit, c'est cambrer les reins, exagérer la courbure lombaire et faire saillir le ventre (fig. 90). Si le corps se penche eu avant, il tend à se voûter, il faut alors une action constante des muscles extenseurs du rachis pour maintenir Féquilibre (Tig. 90). Cet effort cesse si le dossier du siège et le siège lui-même sont légère-

Fig.89. — Influence des hauts talons sur la mauvaise attitude générale du corps.

On voit les genoux fléchis, le bassin penché en ayant, d'où cnsellure lombaire et \ou9Sure àa dt«.

CONDITIONS BSTHETIQUfiS DE L SXERGICB

ment iD;elfnéfi en àrirîère om si l*Qn prend point d'appni en ayaiït sur la table (fîg. 91).

L'attitude la plus mauvaise serait de se pencher trop en avant à cause de la distance trop grande qui séparerait le siège

Fig. 90. — 1. Bonne attitude assise ; — 2. Mauvaise attitude, dos voûté , — 3. Mauvaise attitufid, eamibnire exag^ée.

de la table, ou bien de s'asseoir sur le bord du siège le dos appuyé sur le dossier (fig. 92).

Cette dernière attitude se rencontre souvent chez les vieil-

Fig. 91. — Bonne attitude assise donnant le maximum de repos (dossier et siège légèrement inclinés).

Fig. 92. — Mauvaise attitude assise sur le bord du siège (voussure du dos).

lards. La voussure du dos s'accentuant, la tête s'abaisse et, pour la relever, le sujet s'asseoit de plus en plus au bord du siège, augmentant constamment sa cyphose et amenant ces voussures énormes que l'on rencontre chez de pauvres mendiants (fig. 93 et 94).

188 LES BASES SCI£ï(TII'-lQtB$ t>B L KDUCATION PHÏSIQnS

Le siège est encore défectueux dans bien d'autres cas . trop

Fig. 93. — MauTuie attitude uiiie Fig. 94. — Pianiite le couibaot ca (dos TObté), aTEtntà cantedela mjropie.

étroit et iacliné en avant, il ne repose point, il ne neutralise

Fif. 95. — Voussure du dos (cy- Fig. 96. — Cyphose pboBe lénile) d'après un cliché de attitude. Colonne vertËbrale de

M. LoNDB (hûpital de la Salpl- Séraphin présentant une voussurs

trière). généralisée et une soudure de»

vertèbres (Musée Dupuytren).

pas les contractions musculaires; trop haut, il laisse pendro les^

CONDITIONS ESTHÉTIQUES DE l'eXERCTCB

jambes, ce qui fatigue les ligaments des articulations ou nécessite des contractions pour empêcher les surfaces articulaires de se disjoindre ; trop bas, il oblige la flexion des jambes,

Fig 97. —- Sièges défectueux, i. Trop étroit et incliné en avant; — 2, trop élevé; — 3, trop bas.

fléchit la colonne vertébrale et comprime les viscères abdominaux (fig. 97).

Déviations latérales dans les attitudes non symétriques. — - Les déviations latérales se produisent dans des attitudes non symétriques du corps, la station hanchée et la station unifessière.

Station hanchée. — La station hanchée fait porter le poids du corps sur une seule jambe, la hanche opposée est abaissée, et Ja jambe correspondante fléchie ; la ligne des hanches est oblique et, pour rétablir l'équilibre, la ligne des épaules s'incline en sens inverse. De là une incurvation générale du rachis avec convexité à gauche pour le hancher sur la jambe droite (fig. 98).

Station unifessière ; déformations scolaires dues a la mauvaise attitude pour écrire. — Dans la station assise unifessière les choses se passent de même.

Les professeurs d'écriture et les instituteurs, n'ayant généralement aucune notion de statique, obligent leurs élèves à tenir leurs cahiers droits, c'est-à-dire parallèles au bord des pupitres. Pour l'écriture courante inclinée dite anglaise, l'élève est donc forcé de se pencher à gauche et de faire reposer le poids du

corps sur la fesse gauche et le coude gauche. L^épaule gauche

Fipr. 98. — station hanchée sur la Jaaiibe dr^ile et station ido récoli«r sui le Tessier gauche provoquant les mêmes flexions latérales du ra.chis.

est élevée mn&ï que [la hanche droite tandis que <Ia hanche

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