Mosso, La Peur, Paris, F. Alcan
Ainsi les relations du physique et du moral sont certaines et d'un intérêt évident, l'éducateur doit les connaître, il n'agit sur ses élèves que par son inQuence morale, souvent le reste lui échappe ou se produit sans lui et malgré iiû.
L'effet résultant de ses efforts dépend de l'accord entre les moyens employés et l'état psychique de cWcun.
On ne doit ni rien forcer ni rien imposer, il faut prendre rélève dans l'état où il se trouve, le comprendre et l'amener à un degré plus élevé en suscitant son effort personnel. C'est affaire de suggestion ; certains sujets réagissent aux impressions et aux excitations extérieures comme de véritables automates^ on peut les faire agir à volonté, ils n'ont aucune personnalité ; il suffit de connaître leur caractère et leur manière de réagir pour en tirer ce que l'on désire. D'autres possèdent une infériorité cérébrale notoire, on ne perdra pas son temps à les éclairer ou à leur développer des vérités d'un ordre élevé. On se contentera chez eux d'un petit changement et Ton s'armera de patience, sachant combien le temps est l'élément essentiel du progrès.
Source de nos jugements. — Toute détermination, aussi spontanée qu'elle paraisse de notre part, est cependant une réaction ayant son point de départ dans des sensations antérieures. £lle n'est souvent qu'un acte réflexe plus ou moins compliqué, plus oumoinslointain, inconscient ou éclairé par notre jugement. Nos jugements sont basés eux-mêmes sur nos sentiments ou nos impressions, les vérités qu'ils expriment sont toutes relatives à notre manière de sentir. Chacun est affecté différemment par les choses extérieures, cela dépend du sexe, de l'âge, de l'état de santé et de maladie, du milieu du régime et d'une infinité d'autres choses. C'est la raison des divergences d'opinions et des variations dans notre manière de penser. Pour M. Le Bon^ une vérité ne prend pas pied par le raisonnement, elle n'est définitivement établie que lorsqu'elle est passée à l'état de sentiment et d'habitude dans le public à force d'être répétée. Ceci est peu encourageant, mais semble exact, Terreur s'enracine dans les masses aussi fortement que la vérité. Elles la défendent ensuite