‹ Les bases scientifiques de l'éducation physique (volume 2)Chapitre 51 sur 109 · VIRILITÉ OU EFFET DE L'ÉDUCATION SUR LE CARACTERE ;S · texte numérisé non relu

VIRILITÉ OU EFFET DE L'ÉDUCATION SUR LE CARACTERE ;S

La contrainte et l'ennui engourdissent les fonctions «t font languir la vie, la joie épanouit et rend l'efifet hygiénique meilleur.

Il faut assister à la sortie d'une école, voir les mouvements fous des élèves, entendre leurs cris sauvages pour comprendre ce qu'il y avait de comprimé dans ces enfants maintenus de force immobiles sur leurs bancs d'étude.

C'est la soupape de sûreté qui s'ouvre, il faut l'ouvrir toute grande et bien se garder d'intervenir fâxîheusement dans cet élan spontané.

Il y aura peut-être de légers accrocs ; peu importe, ils -endurciront aux coups et feront mépriser la douleur. Le jeune h^HMaie heureux de goûter àla vie complète, libre, débordant de vigueur et de santé, habitué à faire des effets constants de volonté restera sourd aux entraînements des passions malsaines dont il ^ura senti l'action déprimante.

Il fuira la débauche et en aura horreur parce qu'elle lui feraii perdre la vigueur tant aimée.

Il faut savoir s'astreindre a une tache pour obtenir un RÉSULTAT. — Ainsi se développent avec l'exercice les grandes qualités viriles, le plus grand bien à envier avec la santé. On attribue de l'ennui aux pratiques méthodiques de la gymnastique et l'on rejette d'excellentes habitudes pour un motif aussi futile. C'est là une marque de faiblesse de caractère. Le fort recherche l«s difficultés et passe au-dessus d^un sentiment momentané d'ennui en vue d'un résultat utile et certain. Il fait un effort sur lui-même qui le grandit moralement en exerçant sa volonté et sa raison.

Les enfants auxquels^on évite les difficultés s'ennuient partout, ils ressemblent à ceux qui ont les plus beaux jouets et n'ont pas le courage de s'en servir.

L'éducation française est déplorable sous ce rapport, on cherche à enlever à l'enfant toute occasion de se fortifier : au lieu de lui apprendre à nager, on lui inculque la crainte de Teau, il finit par s'y noyer, paralysé par la peur.

L'éducation physique ne contribue pas forgbment a l'éducation MORALE. — L'éducation morale et l'éducation physique se touchent et s'influencent, mais ne peuvent se confondre ; la forc6 physique peut exister en dehors de toute moralité, il faut deux

enseignements concordants; renseîgnementmoral doit dominer Téducation physique.

L'éducation physique peut être déviée de son vrai but, si on la considère comme un moyen de satisfaire la vanité, un prétexte à de sots spectacles où Ton flatte la curiosité des badauds, pis que cela, où Ton joue et où l'on parie des sommes d'argent.

Si Ton invite dans des concours mal dirigés les jeunes gens à se mesurer sans méthode, sans fixer de limites à Tefifort, on tue la notion élevée de Téducation pour laisser place à des intérêts vulgaires, à des satisfactions d'amour-propre ridicule; on donne naissance à un être nouveau appelé professionnel difficile à définir, se tuant dans des records et recevant en échange beaucoup d'argent et les applaudissements du public.

Action immorale des records et des enjeux. — Certes, l'exercice ainsi compris loin d'être un bienfait devient un vice et une source d'immoralité, un prétexte au désordre et à la débauche.

Les célébrités professionnelles se livrant à ces orgies d'efforts sont naturellement en nombre limité, elles rendent le plus mauvais service à la grande cause de l'éducation physique en la faussant, en éloignant les faibles de la pratique des exercices ainsi dénaturés.

On n'aime généralement pas à montrer son infériorité ; les faibles, très sensibles sur ce point, préfèrent l'abstention aux blessures d'amour-propre.

Les recordmen ne i)énéficient pas eux-mêmes des avantages de l'exercice; ils sont bientôt atteints par les accidents du surmenage, et leur moral s'abaisse à la hauteur des sentiments qui les animent.

Quel attrait offrent donc les spectacles acrobatiques vides de tout idéal, spectacles où l'émotion et l'attention du public sont éveillées par les promesses d'un programme de plus en plus extraordinaire, où l'intérêt général n'a rien à voir. Voilà comment les belles causes se pepdent, il est grand temps de montrer au public ses erreurs. Un enseignement populaire et des concours d'ensemble pourront peut-être rétablir le bon sens égaré et détruire les préjugés existant sur ces questions. L'exer- . cice n'a d'influence morale que par l'idée dominante et l'élévAtion d'esprit de ceux qui Je dirigent.

Page 1