CONCLUSION
L'ensemble du sujet que nous avons traité est trop vaste pour être développé dans un seul ouvrage; il touche à toutes les sciences, à Téducation, à la morale et à la sociologie. Il doit être divisé et faire Tobjet de traités spéciaux. Il touche à la médecine, mais en diffère totalement dans son but et dans ses moyens.
Nous nous sommes borné à montrer le parti que Ton peut tirer des méthodes précises de la physiologie pour déterminer les meilleures conditions du perfectionnement humain. S'il ne nous est pas donné de parachever cet œuvre, nous serons heureux de le voir continuer par d'autres et de lancer sur un terrain fécond des jeunes activités qui cherchent leur voie.
Deux systèmes d'éducation sont en présence : la méthode sportive et la méthode scientifique, nous ne parlons pas des autres systèmes acrobatiques condamnés d'avance à l'abandon et à l'oubli.
Des médecins vous vanteront la supériorité de la méthode naturelle. Ils vous diront que ce que Ton fait à Stockholm est <;ritiqué à Paris, qu'il n'y a donc pas de méthode scientifique. Il n'est pas difficile de nous garantir contre ce dangereux sophisme et d'éviter cette façon spécieuse de raisonner.
Il y a malheureusement des méthodes qui ne sont scientifiques que de nom; si une méthode est mauvaise, c'est justement parce qu'elle n'est pas scientifique.
Il ressort des discussions qui ont eu lieu dans les nombreux congrès en particulier, à Paris en 1900, à Bruxelles, à Liège et
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à Mons en 1903 que l'éducation physique tend de plus en plus à être établie sur des bases positives, mais qu'il y a encore beaucoup à expérimenter à ce sujet.
Les systèmes actuels sont incomplets et conventionnels. Les écoles supérieures d'éducation physique se créent, elles corrigeront après un contrôle judicieux au-dessus des opinions et des intérêts ce que ces méthodes peuvent avoir d*incertain et* d'empirique. La discussion est définitivement amenée sur le terrain scientifique, on ne peut plus l'en distraire, la solution ne se fera pas longtemps attendre.
D'autres auteurs comprennent l'éducation physique en gentilshommes, en cela nous les approuvons; le perfectionnement humain est inséparable des grandes qualités morales. Développer mécaniquement l'homme sans lui donner ces qualités, c'est résoudre à moitié le problème.
Mais, cependant, il ne faut pas négliger les moyens techniques, ce sont ces moyens seuls qui produisent les résultats et sont les facteurs de l'amélioration.
Ne peut-on, sans rien exagérer, rester dans un juste milieu; n' est-il pas vrai qu'une technique plus sûre doive faire acquérir plus rapidement la force et la vigueur, ce qui n'empêche pas d'utiliser ensuite cette vigueur au mieux en la mettant au service du gentilhomme.
On ne résout pas seulement avec des discours les difficiles problèmes de l'éducation. Si vous prêchez le laisser faire, si vous conseillez d'éviter des efforts salutaires, vous serez certainement écouté, c'est un succès assuré pour vous; il n'en est pas moins vrai que vous aurez rendu un mauvais service. Il faut s'astreindre à une tâche rude si Ton veut se relever; malheur à nous si nous n'en avons pas le courage.
Dans la méthode scientifique en effet on connaît à l'avance les modifications qui doivent se produire dans l'organisme; on les recherche directement en employant les moyens appropriés.
Dans la méthode sportive on obtient les résultats sans les rechercher mais aussi sans certitude, sans méthode et sans gradation.
Pour moi, convaincu de ce que j'avance, j'enseignerai Teffort dan^ la direction scientifique comme je le fais po;Qr moimême et je serai assuré d'un résultat autrement prompt et