CONCLUSION
autrement certain que si j'abandonne les choses au caprice du sort.
Vous m'objecterez que je suis ennuyeux; je vous répondrai que le plaisir se t^rouve dans l'effort acconipli et dans laçonscience de l'utilité de cet effort; il ne faut pas le confondre avec la satisfaction de la vanité. On se lasse vite de cette derniàne, et c'est pourquoi on abandonne souvent Texercice aussi iaeilenaeaî t qu'on s'y livre.
Les apôtres de l'éducation physique jhrouveront tonjeairs •.devant eux deux ditîicuUés : l'inertie des giens .qui 'ne veulent pas ou ne peuvent pas agir et le manque de persévérance qui fait abandonner le travail avant l'apparition du résultat utile.
S'agit-il de perfectionner les méthodes, ils .entendront cet éternel refrain de la routine : je .me trouve bien de oe «que je fais, à quoi bon chercher autre chose.
Toute discipline comme tout effort produit en effet ses fruita, Tidéal est de diriger cet effort vers le vrai et de le mettre d'accord avec les exigences naturelles.
Le public n'entend rien à ces réformes, il faut renoncer à persuader ceux qui ne veulent pas être convaincus ; la discussion sans données positives est inutile, on y use sa vie et sa patience.
On répond à l'ignorance en faisant mieux qu'elle; on combat les préjugés en créant des nouvelles habitudes. Les élèves sont les défenseurs des idées nouvelles, non point par sympathie pour leur maître, non point même par amour du vrai, simplement parce qu'il est humain de conserver les habitudes acquises, suivant la loi du moindre effort.
Assez de paroles et d'écrits; il faut agir. Laisser à la jeunesse la liberté de s'exercer comme bon lui semble avec les seuls instincts naturels, c'est courir à l'abus des records et aux corruptions des jeux du cirque; c'est aboutir fatalement à l'anarchie.
Mettre la direction de l'éducation entre les mains des athlètes professionnels, c'est subir l'inconvénient des spécialisations avec tous leurs préjugés et abaisser le niveau de l'enseignement.
Si l'on aime la jeunesse et son pays, il ne faut pas craindre d'aborder le problème face à face et d'en résoudre les difficultés
par tous les moyens connus sous le contrôle constant de fe science*.
Se faire le défenseur des vieux errements et flatter l'ignorance serait une conduite coupable lorsqu'il y a des progrès indiscutables à réaliser.
On ne doit envisager que l'avenir de la jeunesse et son bonheur. Quant aux moyens, les meilleurs sont les plus simples et les plus sûrs.
Savoir ce que Ton fait a été, de tout temps, considéré comme un degré supérieur à l'inconscience, c'est la première étape vers le progrès.
^ La chimie a remplacé l'alchimie, la médecine le reboutage; l'éducation physique scientifique doit remplacer les folles incohérences de l'acrobatie et de l'athlétisme.
j. Voir Essai d'une éducation physique positive, L'Ecole français^ (Demeny). Fournier, éditeur.
Avant-propos.