‹ Les bases scientifiques de l'éducation physique (volume 2)Chapitre 7 sur 109 · VI AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VI AVANT-PROPOS

Je suivis assidûment les cours de physiologie, d'anthropologie et de médecine, consignant, partout où je les rencontrais, des observations applicables à mon sujet.

Celles-ci étaient peu nombreuses, dispersées; je ne trouvai nulle part dans les études classiques françaises une synthèse qui pût être le point de départ d'une doctrine.

J'en parlais souvent aux amis que je recrutais dans les longues et bonnes heures passées à écouter les leçons des maîtres et j'échangeai avec eux des vues élevées sur l'application des sciences biologiques au perfectionnement humain.

Nous ébauchions des plans et formions le projet d'une école scientifique d'éducation où les procédés seraient justifiés par le but à atteindre. Nous ne nous doutions pas que cette tentative fût révolutionnaire, tant elle paraissait logique, et nous ne nous abusions point sur la difficulté et le temps qu'il faudrait pour triompher des préjugés alors enracinés.

Nous étions placés entre les praticiens étrangers à toute notion générale, à toute loi biologique, et entre les savants éloignés de toute pratique, qu'ils tenaient d'ailleurs en profond mépris.

Nous rêvions de rallier les deux activités; l'activité physique et l'activité intellectuelle, la pensée et l'action ne peuvent être fécondes que par leur pénétration intime.

Mon ami Emile Corrame donna l'aide de son talent et l'appui de ses profondes convictions; il m'encouragea à créer la première école, modeste sans doute, mais grande par l'idée à laquelle elle se rattachait. Cette école, a.p^elée Cejxle de gymnastique rationnelle, réunissait dans des cours théoriques et pratiques les professeurs désireux d'apprendre les éléments des sciences qui trouvent leur application à l'éducation physique.

Ces cours se continuèrent pendant six années, de 1880 à 1886. La ville de Paris l«ur accorda une subvention annuelle de 1.000 francs. Ils furent suivis par des médecins, des professeurs de gymnastique, des instituteurs, les élèves de l'École normale d'Aûteuil et des amateurs de passage.

Suivant les besoins, nous en transportions le siège dans les mairies, dans les écoles, dans les sociétés de gymnastique, à l'École de Joinville-le-Pont.

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