‹ Les bases scientifiques de l'éducation physique (volume 2)Chapitre 6 sur 109 · AVANT-^PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-^PROPOS

retirai piteux et tout meurtri. Ce fut ma première leçon de gymnastique.

J'abandonnai le gorlique pour retourner à mes livres, mais ^malgré moi ces pensées revenaient sans cesse à mon esprit et je ne pouvais admettre, tout faible que j'étais, qu'il n'y eût pas des moyens de sortir de cet état d'infériorité qui m'humiliait. 1

Je vins à Paris et me mis à fréquenter les gymaases et les . ,

cirques; je canotai; je trouvai auprès de Triât et de ses élèves quelques conseils et, en quelques années, je m'améliorai si bien que je devins d'une force moyenne.

C'était en 1876, les sociétés de gymnastique commençaient a

- V se former; elles avaient peu de contact avec le public, qui igno-

IvljLO^ raitou ne comprenait pas leur kuL Pleines de bonnes inten-

* tions, leur utilité ne ressortait pas clairement des moyens

qu'elles employaient. Leur enseignement incertain était dirigé

vers la chose la plus pressante : se montrer et attirer l'attention

par des spectacle^. On sacrifiait le fond même de la méthode à

l'effet théâtral des ensembles au lieu de faire valoir et de

rechercher les bienfaits que la jeunesse pouvait retirer de

l'exercice.

Cependant, s'il y avait absence de méthode, une grande pensée dominait les sociétés de gymnastique : l'amour de la Patrie et le devoir d'être fort pour la défendre. Cette seule pensée suffisait à excuser les imperfections de leur système d'éducation, système qui peut d'ailleurs facilement s'améliorer.

Nos critiques à ce sujet sont bienveillantes, elles sont dictées par la sympathie que nous avons pour elles et notre foi dans l'avenir d'une méthode épurée par la science.

Je n'hésitai donc pas à entrer dans leurs rangs bien que, par nature, je répugne aux parades et aux cérémonies d'estrades; j'endossai le maillot et la vareuse pour marcher de compagnie, clairons en tête.

Ces divertissements ne me faisaient point oublier mon programme; mon désir devenait chaque jour plus impérieux de rechercher et de connaître les meilleures conditions de développement et de vigueur corporels pour en profiter et en fairô profiter les autres.

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