CHAPITRE II
FACTEURS DE L’ÉDUCATION PHYSIQUE
Complexité du problème de l’éducation. — Le perfectionnement physique est complexe : c’est un ensemble de perfectionnements partiels obtenus par des moyens variés. Un exercice spécial possède rarement toutes les qualités requises, il doit être associé à d’autres pour être complété et contrebalancé.
Le vélocipède pratiqué sans abus possède une action hygiénique certaine, mais c’est une machine déplorable au point de vue de l’attitude et du développement harmonieux du corps. On doit lui associer des exercices des bras et du tronc pour corriger ses défauts. Il en est de même de la course, de la marche et de beaucoup de jeux, où il n’y a pas à proprement parler éducation des mouvements, mais simplement exercice.
L’état actuel de l’individu dépend de facteurs nombreux dont il faut tenir compte. — Dans 1’application, les choses se compliquent singulièrement encore. On n’obtient pas les mêmes effets chez tous en employant les mêmes moyens. Chacun réagit à sa façon aux excitants divers. Cette façon de réagir diffère même chez un individu suivant sa disposition actuelle.
La constitution et le caractère sont la résultante de facteurs naturels, et l’on subit, à la longue, fatalement, l’influence du milieu où l’on vit. L’effet bienfaisant de l’exercice dépend absolument de l’état de l’individu, de son mode de réaction et des circonstances qui l’environnent. L’important pour l’éducateur* est de connaître les influences utiles ou nuisibles à l’homme, de savoir les faire agir à propos, les combattre, les contrebalancer pour donner ainsi la prépondérance aux agents de perfectionnement.
L’individu est en lutte perpétuelle avec les influences malsaines du milieu; suivant les armes qu’il aura pour les combattre-, il sera victorieux, en bonne santé, ou bien vaincu ou malade.
Hérédité. — Notre état actuel dépend avant tout de 1 héritage légué par nos ancêtres. Les ascendants se répètent dans leurs descendants ; les parents peuvent transmettre aux enfants les caractères saillants de leur organisation : la santé ou la maladie ou des caractères extérieurs moins importants : les traits, la forme, la démarche. Cela se produit par ligne directe ou indirecte ; on ressemble quelquefois plus à ses grands parents (atavisme) ou même à ses oncles et tantes (hérédité collatérale) qu'à ses proches.
On naît avec des tares héréditaires, tuberculose, scrofule, rhumatisme, syphilis, maladies des oreilles, des yeux, de la peau, etc. ; on est prédisposé à l’obésité et à bien d’autres affections des appareils digestif, circulatoire et respiratoire. Les maladies du système nerveux sont particulièrement transmissibles. Les ravages produits par l’alcool se manifestent souvent chez les enfants d’alcooliques sous la forme d’épilepsie et de folie. La prédisposition nerveuse, la surexcitabilité, la neurasthénie et toutes les névroses se retrouvent à un degré plus ou moins intense chez les descendants.
Le médecin doit avertir l’éducateur des prédispositions de son élève et lui indiquer les dangers qui le menacent. L’éducateur cherchera alors à lutter contre ces prédispositions par les moyens appropriés. Il modifiera le régime et la dépense de travail suivant l’effet produit.
Il y a encore bien des anomalies de structure transmissibles par l’hérédité, les cas tératologiques, les déformations du crâne, la polydactylie, l’absence des dents incisives, etc. ; tous ces cas échappent à l’éducateur et ne sont pas de son ressort.
Variations individuelles. — Mais il y a, à côté des caractères héréditaires, des variations individuelles où l’intervention humaine peut avoir sa part.
Les modifications individuelles ont pour cause un excès d’in-
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tensité ou de diminution dans l’activité physiologique. Certains organes acquièrent un développement exagéré, ou s’atrophient; c’est le cas du système musculaire. La forme des dents, la couleur des cheveux change. Les variations individuelles sont soudaines où lentes, elles sont compensées par d’autres et se rencontrent fréquemment dans l’état social actuel où la sélection naturelle est entravée. Nos institutions protègent des sujets imparfaits, faibles, déchus physiquement. Les variations nuisibles s’accumulent dans l’individu sans pour cela être une cause de sa ruine vitale, et la concurrence n’intervient pas comme à l’état de nature pour faire disparaître les inférieurs et les anormaux.
Les variations occasionnées par l’intervention humaine dépendent du rapport intime entre la fonction et l’organe ; c’est le terrain où l’éducateur a tout à faire.
Les influences héréditaires échappent à l’éducateur. Gela est bien regrettable. Il ne faut pas songer à modifier profondément la race si l’on n’intervient pas dans le choix des individus chargés de fonder de nouvelles familles.
Races. — Les variations ne sont pas indéfinies, elles se fixent dans une espèce, deviennent des caractères constants et se transmettent héréditairement. Le type d’une race est alors créé.
ües caractères apparus accidentellement se fixent chez les descendants issus de deux sujets consanguins et sont portés à leur maximum de puissance.
C’est pour cette raison qu’on n’autorise pas l’alliance de trop proches parents. Les qualités dominantes se transmettent à coup sûr aux descendants, et chez deux sujets consanguins il est à craindre que les caractères communs ne soient des tares héréditaires.
Les races ont une grande puissance de résistance aux milieux; la taille, la vigueur, la durée de la vie moyenne deviennent des qualités physiques presque fixes. Si la race juive a conservé des caractères personnels, malgré les époques difficiles qu’elle a traversées, la raison doit en être attribuée à ses mœurs; elle ne se mélange pas. avec les autres populations.
Croisement. — Les caractères saillants finissent par s’exagérer
Deheny. — Bases scient.
34 les bases scientifiques de l’éducation physique
Dans une race où il n’y aurait aucun mélange d’élément nouveau, le croisement devient alors nécessaire pour atténuer certains vices héréditaires. Le peuple français en est un exemple frappant. Il a subi différents croisements et acquis ainsi des qualités très variées capables de différencier les habitants des provinces.
Les unions sont malheureusement -inspirées quelquefois par des intérêts d’argent et ne présentent souvent pas, au point de vue de la vigueur de la descendance, des. conditions suffisantes. On devrait sinon réglementer les unions, du moins les éclairer par un examen médical et faire comprendre, avant le mariage, aux parents des jeunes promis, les misères auxquelles ils s’exposent lorsque l’état de santé de l’un des conjoints est manifestement insuffisant. La moralité publique n’y perdrait rien, et la race y gagnerait beaucoup.
Il y a là des préjugés dont on reconnaîtra un jour le danger, et l’on restreindra le principe de la liberté individuelle, lorsque la sagesse de l’individu ne sera plus une garantie pour la conservation de la race. Aimer le laid, verser dans les choses malpropres et malsaines, voilà une marque certaine de décadence; il faut penser à l’héritage des descendants et ne pas augmenter le nombre des martyrs de l’hérédité.
L’ancienne noblesse avait à cœur d’éviter tout croisement. Elle se croyait en possession des grandes qualités physiques et morales de premier ordre et les voulait conserver intactes.
Cela était fort juste tant qu’il y avait des qualités à transmettre, mais, celles-ci venant à disparaître, le croisement devenait nécessaire pour atténuer l’influence des causes de dégénérescence.
Nous voyons rarement les grands hommes donner leurs qualités à leurs enfants. Le génie ne se transmet pas plus que les musculatures exagérées des athlètes. Les fatigués et surmenés ont des rejetons malingres. On voit souvent les professionnels qui font métier de force et de vigueur n’être pas bien heureux sous ce rapport.
Tout cela montre combien l’hérédité entre en ligne de compte dans la filiation d’une race et dans les qualités de l’individu. Les éleveurs ne se donnent pas la peine de soumettre à l’entraînement des chevaux dont la généalogie n’est pas parfaite-
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ment établie. Ils savent que leurs soins échoueraient devant les tares héréditaires ; ils ne veulent pas cultiver un terrain aride-.
Influence du milieu. — L’ensemble des forces extérieures à l’individu est en conflit constant avec l’organisme elles finissent par y laisser des traces profondes; cette influence du milieu cause les différences entre lés races, dont la situation géographique et climatérique diffère.
Les habitants des îles, des côtes,, des montagnes, des vallées et des plaines, des. forêts ou des déserts se ressentent des actions diverses de ces milieux et se transforment. L’habitant des villes n’est déjà plus le même que le paysan, et les causes de ces variations ne sont autres que la composition de l’air, de l’eau, du sol, des aliments, l’intensité de la lumière et de la chaleur, l’état d’humidité de l’atmosphère, sa pesanteur, la présence de l’électricité et de l’ozone, etc.
Dans tous ces cas, les procédés de l’éducation doivent être modifiés et adaptés au milieu spécial où l’on se trouve. Les conditions de l’écolier de la ville ou de la campagne en sont un exemple frappant. A l’un il manque la santé; à l’autre l'adresse et l’affinement ; personne n’aura l’idée de les traiter delà même façon.
Habitudes professionnelles. — Les professions influent également sur l’état de vigueur ou de santé de Findividu. Les professions exclusivement cérébrales ou exclusivement manuelles ont leur maladies spéciales.
Il faut encore distinguer les professions sédentaires ou actives, celles qui exigent une dépense considérable ou minime de travail musculaire, à l’air libre ou confiné, dans la lumière ou l’obscurité, dans les températures anormales, dans l’humidité ou dans des atmosphères viciées.
Dans chaque cas particulier le travailleur subit l’influence des conditions de son travail. L’hygiène professionnelle tend à diminuer les dangers inhérents à chaque métier, mais, malgré cela, l’industrie est toujours pour l’homme une cause de dégénérescence, exception faite des professions agricoles.
L’homme sédentaire et le travailleur des campagnes sont épuisés l’un par l’inaction l’autre par un travail exagéré et une alimentation insuffisante.
Influence de l’age. — On divise souvent la vie en périodes correspondant aux différents âges ou mieux aux différents états de l’évolution individuelle.
■ La première enfance jusqu’à sept ans, la deuxième enfance jusqu’à la puberté, l’adolescence, la jeunesse, l’âge viril, 1 âge mûr et la vieillesse.
Ces périodes ne peuvent en réalité correspondre à un nombre exact d’années. Leur durée varie avec chacun de nous. Il est constant que nous devons accomplir notre cycle complet s’étendant de la naissance à la mort, mais le chemin parcouru dans
Fig. 1. — Courbe de l’évolution individuelle montrant le maintien du maximum de vitalité eDtre 40, 50 ans, et même au-delà, sous l’influence de l’exercice des facultés.
ee cycle à partir de la naissance est très variable et ne se eompte pas par le nombre des ans. Tel est à son apogée à cinquante ans, tel autre est déjà dans sa phase décroissante. Nous aboutissons fatalement à la mort, mais nous y courons plus ou moins vite, nous y marchons par degrés plus ou moins rapides.
L’âge de l’état civil ne concorde presque jamais avec l’âge physiologique ; ce dernier seul est intéressant pour l’éducateur, il marque la place occupée dans l’évolution de l’individu et Indique le chemin parcouru dans le cycle de la vie. Un quinquagénaire encore vert qui a encore trente ans à vivre est plus jeune qu’un homme de trente ans fatigué et fini à trente-cinq. La vitalité se mesure à la longévité et à la durée de la période d’évolution pendant laquelle on progresse.
L’éducation doit avoir justement pour effet de prolonger eette période de développement et de permettre à l’individu d’acquérir le maximum de perfection dont il est susceptible
Toute méthode d’éducation hâtive, précoce, est mauvaise parce qu’elle produit la vieillesse prématurée.
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Il faut prendre son temps, ne pas se hâter et avant tout tenir compte de l’âge physiologique pour faire agir au mieux lès facteurs de l’éducation. L’âge se fait sentir par la moindre résistance à la fatigue, l’impressionnabilité, la diminution de la nutrition, la difficulté et la lenteur dans la réparation des pertes de l’organisme à la suite du travail. On prend avec le temps des habitudes difficiles à combattre et à changer. Les modifications sont de plus en plus lentes et légères, elles deviennent à un moment négligeables ; l’exercice doit chercher alors à conserver les facultés intactes et à retarder leur déchéance plutôt qu’à les améliorer.
On comprend l’énorme intérêt d’une éducation bien dirigée au début de la vie. Alors se forment les associations d’idées et les associations de mouvements ; il est bien difficile de détruire ou de changer celles-ci si elles ont été faussées dans l’enfance.
Néanmoins à tout âge on peut se perfectionner si l’on en a la volonté et si l’on y porté attention. L’âge vous fait perdre, il est vrai, les avantages de la passion et de l’audace; mais, en compensation, il vous affermit le jugement, vous apprend à économiser les forces et à les mieux employer. L’expérience n’est pas un vain mot; un homme mûr aboutit mieux à ses fins qu’un adolescent. Nous ne parlons pas de ces êtres incapables de progrès sur lesquels l’éducation n’a aucune prise, dont l’attention est dispersée et qùi demeurent étrangers à tout effort. Il peut y avoir arrêt de développement des facultés morales comme il y a arrêt de croissance : ces faits sont du domaine de la pathologie.
Influence du sexe. — Les procédés d’éducation doivent être adaptés aux sexes; les habitudes et les préjugés le veulent ainsi. Mais il y a plus, la fémme doit remplir dans la société un rôle complémentaire de celui de l’homme. Le foyer la réclame, sa grande fonction est d’être mère ; si elle a le devoir d’être forte pour remplir cette mission, elle doit aussi avoir la grâce pour charmer et, de plus, être éclairée sur sa fonction. Son éducation est double, elle doit se perfectionner et apprendre à diriger sa famille future. C’est assez indiquer l’importance à donner à l’éducation de la jeune fille. De cette éducation frivole ou solide doit résulter l’avenir d’un peuple. Les différences
physiologiques -créées par le sexe sont peu de chose à côté de ces considérations de premier ordre.
Tempérament. — Le tempérament dépend de la prédominance d’un appareil surâes autres. Les appareils sanguin, lymphatique ou nerveux peuvent ainsi l’emporter et donner lieu a des tempéraments correspondants.
Il y a même une prédominance bilieuse et musculaire. Tout surcroît d’activité dans un appareil spécial entraîne l’insuffisance des autres.
L’éducation doit chercher à établir la compensation en exerçant 4e préférence les parties faibles, elle ne peut avoir la prétention de changer absolument l’ordre des choses et de tout égaliser ; cependant elle a une action assez puissante pour changer en partie le tempérament. Pour bien faire, l’éducateur doit tenir compte des prédominances et adapter ses moyens d’action à chaque tempérament, mais il doit chercher à les atténuer au lieu de les accuser davantage. Le nerveux diffère du lympalhique ; on ne traite pas l’homme du Nord comme le Méridional, mais on peut s’efforcer de donner à chacun d’eux ce qui lui manque sans exagérer ses défauts.
L’âge atténue ou change le plus souvent les prédominances. Il y a des paresseux que l’on a tort de traiter en coupables ; il faut plutôt les traiter en malades.
La même éducation ne peut s’appliquer à la lettre à des individus de tempéraments opposés, chacun doit ici chercher ce qui lui convient, il y a intérêt à classer les sujets par tempéraments, comme nous l’avons indiqué pour l’âge physiologique et à donner à ces groupes divers une éducation appropriée. C’est sur le ■régime, le rythme et la quantité de travail, le repos et l’alimentation que portera surtout l’adaptation convenable à chacun.
Alimentation. L’alimentation est un facteur essentiel de l’éducation physique ; «lie agit suivant sa qualité et sa quantité, elle doit être d’autant plus riche que la dépense de l’organisme est plus considérable.
La nutrition est chose complexe. C’est d’elle que dépend le perfectionnement des organes. Il ne suffit pas de manger beaucoup, il faut s’alimenter ; c’est en cela que l’exercice a une
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influence énorme, il augmente l’activité des échanges nutritifs ; nous pouvons admettre que, normalement, ces échanges sont en raison de la dépense. Gela est vrai dans certaines limites ; l’excès de travail, le surmenage, n’agissent plus comme l’exercice modéré, ils altèrent ces rapports nutritifs, l’alimentation peut n’être pas suffisamment réparatrice. Il y aura lieu d’examiner de très près ces conditions.
Régime. — Le règlement de la vie est un facteur essentiel de la santé et de la vigueur. L’heure du lever et du coucher, les heures des repas, la distribution du temps, les moments donnés au repos et au sommeil, la régularité des occupations, le temps consacré aux soins du corps, tout cela influe sur notre état. jSfotre organisme s’accommode mal de changements continuels, c’est un effort nouveau qu’on Lui épargne en prenant de bonnes habitudes régulières. Les travailleurs sérieux le savent, ils sacrifient leurs caprices jet sont récompensés par des résultats .certains; la volonté et l’énergie doivent être aidés par l’habitude et le régime.
Le désordre de la vie est une cause de fatigue extérieure, il n’est pas compatible avec des travaux de longue haleine.
Activité. — Il faut agir, travailler, susciter l’effort, mais il faut agir avec mesure. Certaines professions ruinent la santé par excès de fatigue, d’autres par excès de sédentarité. Il y a une dose convenable à chacun et, sans se laisser aller aux conseils de la paresse, il est bon d’écouter les avertissements de la nature pour s’arrêter à temps. Les records, les concours entre jeunes gens, sont des excitants de l’amour-propre assez puissants pour masquer momentanément le besoin de repos, amener des accidents graves et nuire au développement cherché.
C’est dans l’alternance du repos et de l’activité qu’est le grand secret de la vigueur et de la résistance. On peut, grâce à une juste pondération, produire sans fatigue une somme énorme de travail. Si l’on n’y prenait garde, on prolongerait en vain l’action par un effort de volonté, les conséquences funestes du surmenage se produiraient fatalement. L’activité est essentielle, c’est la base de l’éducation physique, mais elle doit être réglementée pour chacun : c’est une grossière erreur dépenser qu’en
multipliant les heures d’activité on augmentera le travail utile
en Tels P sont les principaux moyens à notre disposition pour obtenir des modifications salutaires chez l’homme.
Durée ou persévérance dans l’effort. L’effet bienfaisant de l’exercice dépend absolument de l’état de l’individu, cet état dépend lui-même des facteurs énoncés précédemment. N’oublions pas d’insister sur la condition la plus essentielle, trop souvent oubliée : le temps nécessaire pour obtenir des résultats. Les modifications sont lentes, mais certaines ; pour cela les causes d’amélioration doivent avoir une action prolongée, continue et l’emporter sur les causes de dégénérescence.
Il faut être persévérant, c’est là une condition nécessaire du succès ; la volonté continue est une qualité maîtresse que rien ne remplace. Il est peut-être plus commode de croire à l’effet magique des préparations pharmaceutiques pour relever la force chancelante ; il est aussi plus aisé de se contenter de leur effet immédiat sans s’inquiéter du lendemain.
Malheureusement ce n’est pas la réalité; pour s’améliorer, il faut un facteur essentiel, l’effort personnel ; aucun médicament ne peut le remplacer. Il faut renoncer à la fonction d’éducateur si on agit par à-coups, si l’on est esclave des caprices de son élève, en lui évitant la peine à tout prix, pour se contenter de l’amuser.
L’éducation est un appel à la virilité, ce n’est ni de la pathologie ni de la thérapeutique.