MANIÈRE D’ÉVITER LES DÉSORDRES DE L’EFFORT ET DE L’ESSOUFFLE
ment. — L’éducation doit procurer ces avantages du travail généralisé. Il faut avant tout éviter les accidents de l’effort d’expiration ; pour cela, il suffit de laisser la glotte ouverte pendant les grands efforts musculaires, de façon à ne pas emprisonner dans le thorax de l’air sous forte pression. Compter à haute voix, parler ou chanter pour s’assurer que la trachée est libre, est un moyen d’y parvenir.
Le bûcheron, le boulanger connaissent ces dangers, ils savent
faire l’effort musculaire sans comprimer le thorax; au moment le plus énergique ils poussent un ha! ils rejettent l’air du poumon, au lieu de le retenir et évitent ainsi les troubles dus à la rentrée subite du sang dans le cœur.
Il y a encore un moyen d’atténuer ces troubles, c’est de cesser l’effort progressivement ; au lieu d’ouvrir la glotte et de rejeter tout à coup de la poitrine l’air emprisonné, on peut rejeter cet air lentement et obtenir un abaissement doux et gradué de la pression dans le thorax; il suffit, pour cela, de cesser la contraction des muscles de l’abdomen avant d’ouvrir la glotte. On évite ainsi la rentrée subite du sang dans le thorax et la dilatation des cavités du cœur.
On peut voir dans des tracés du pouls pris pendant l’effort la disparition des troubles de la circulation, grâce à la cessation progressive de cet effort.
Pour remédier à l’essoufflement, il faut s’habituer à lutter contre l’accélération des mouvements de la poitrine et substituer aux petites inspirations fréquentes les profondes inspirations et expirations rythmées.
Les mouvements respiratoires sont sous la dépendance de la volonté ; on peut donc, à son gré, en modifier le rythme.
Nous connaissons maintenant les modifications spontanées produites dans le rythme respiratoire sous l’influence de l’entraînement. On peut hâter celles-ci par l’éducation. En s’entraînant progressivement à un travail pénible, en surveillant sa respiration, en l’empêchant de s’accélérer, on obtient un régime durable et un équilibre entre le travail produit et une ventilation suffisante du poumon. L’habitude de respirer largement est bien vite acquise, et définitivement acquise. Pour ma part, je me suis exercé à rythmer ma respiration avec mon pas, je suis assuré de ne pas la voir s’accélérer, ce qui arriverait infailliblement si je l’abandonnais à elle-même ; j’arrive à gravir ainsi les six étages d’une maison, sans ressentir aucun trouble cardiaque ou respiratoire en faisant deux inspirations pendant un pas.
Au contraire, si je ne commandais pas à ma respiration, elle s’accélérerait bientôt, deviendrait haletante, et je serais forcé de m’arrêter.
Gymnastique respiratoire. — • L’éducation de la respiration
peut se faire séparément, en dehors de tout travail musculaire. 11 y a une véritable gymnastique respiratoire, c’est l’art de rythmer les mouvements du thorax, de les amplifier, de faire prédominer ceux-ci sur les mouvements du diaphragme, et de faire pénétrer et de retenir la plus grande quantité possible d’air dans la poitrine.
Jointe à l’action mécanique des attitudes et des mouvements des membres supérieurs sur le soulèvement des côtes, la gymnastique respiratoire est le moyen direct pour développer la poitrine et favoriser la fonction du poumon. Elle agit sur la circulation dans le thorax, sans surmener le cœur, et agit également sur la circulation abdominale en favorisant la fonction de l’estomac, du foie et des autres viscères.
La gymnastique respiratoire a l’avantage de pouvoir être effectuée en tous lieux, en marche ou à l’état stationnaire.
Pratiquées simplement à la promenade, à l’air vif et pur de la campagne, les profondes inspirations donnent une sensation particulière de bien-être, décongestionnent le cerveau et réagissent contre la diminution de l’hématose.
11 faut, pour cela, une pureté parfaite de l’air; les poussières organiques répandues dans les salles fermées où le sol est couvert de sciure de bois ou de sable, sont tout à fait malsaines.
L’inspiration se fera par le nez, les narines dilatées ; l’expiration par le nez. Dans les replis de la pituitaire se déposent les corpuscules étrangers entraînés par l’air; si ce dernier est froid, il peut aussi se réchauffer au contact des muqueuses avant d’arriver dans le poumon.
La durée de l’inspiration est augmentée en inspirant par le nez; en expirant par la bouche, on offre à l’air une large voie de sortie et l’expiration se fait plus vite.
Cependant il est quelquefois plus pratique pendant la course de rejeter 1 air par la bouche si l’état des fosses nasales l’oblige, si elles sont obstruées par des mucosités ou des polypes. L’air sortant du poumon réchauffe les muqueuses nasales refroidies dans l’inspiration précédente et l’habitude de respirer par le nez évite la salivation anormale, la dessiccation de la langue et le ronflement pendant le sommeil, elle favorise la guérison des coryzas en assurant le passage de l’air sur les muqueuses tuméfiées.
CONDITIONS HYGIÉNIQUES DE L’EXERCICE Hi
Daily (4) a insisté dans ses écrits sur l’importance des exercices de la respiration; on doit apprendre à respirer, disait-il, car on ne sait généralement pas le faire
Fi". 37. — Exercices respiratoires consistant :
1° En une profonde inspiration et une profonde expiration; — 2° en une inspiration faite en deux fois et une expiration; — 3° en une inspiration et une expiration faite en deux fois; — 4° en une inspiration faite en deux fois et une expiration faite en deux fois.
Nycander a publié des tableaux très curieux d’exercices respiratoires; il combine de toutes manières les inspirations et les expirations, il les fractionne, les interrompt, les reprend, en varie la durée et le rj-thme.
On peut noter ces exercices en employant les signes musicaux pour indiquer la durée relative des différentes phases de la respiration et eh distinguant par des soufflets l’expiration de l’inspiration. En voici quelques exemples (37 et 38).
Education respiratoire des chanteurs. — Les chanteurs font l'éducation de leur respiration dans un but particulier, ils cher-
1. Daily, Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, article « Gymnastique ». ,
Notation d’exercices respiratoires.
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