OX<OX<OX<OX
[nuuiumusm o
o [tfffttrcftir'tfctftmi
o rppf; :r:cc pc
Fig. 38. Exercices respiratoires de Nycander notés avec les signes musicaux indiquant la durée et l’amplitude des reprises d’inspiration et d’expiration.
cherchent à retenir dans le poumon l’air sous une pression modérée et à le débiter ensuite-lentement en vue de l’émission du son.
Dans le chant, la phase utilisable est l’expiration, le son est dû à la sortie de l’air par le larynx, mais la poitrine se -vide, il faut interrompre le son pour la remplir de nouveau et il faut le faire promptement. Aussi l’inspiration est-elle brève et profonde (fig. 39).
Il est important pour le chanteur de faire des inspirations profondes afin d’emmagasiner une grande quantité d’air dans la poitrine, les muscles inspirateurs sont alors fortement mis en jeu, la glotte reste ouverte pour l’émission du son, la pression d’air ne dépasse pas dans le thorax quelques centimètres de mercure.
L’ampleur de la voix ne dépend pas de la grandeur excessive de la pression sous laquelle le son est émis. — Sur un homme trachéolomisé pouvant encore émettre quelques sons musicaux.
Thorax
Fig. 39. — Mouvements de gonflement et de dépression du thorax et de l’abdomen inscrits au moyen de deux pneumographes chez un chanteur de l'opéra (M. Boudouresque) pendant l’air des « Nonnes» de Robert le Diable. On constate le parallélisme des tracés et la brusquerie de l’inspiration.
a, sens de l'inspiration ; b, sens de la durée des mouvements.
nous avons mesuré cette pression en ajustant à la canule de sa trachée un manomètre; ia pression mesurée n’a pas dépassé 4 centimètres de mercure pendant le chant. Nous sommes donc loin de la valeur des 12 centimètres de pression intrathoracique constatée dans l’effort, aussi ne voit-on pas de troubles circulatoires se produire dans le chant.
Si l’on émet l’air sous une trop grande pression, la qualité de la voix devient mauvaise; ce n’est plus chanter, mais crier.
Dermf.ny. — Bases scient.
Ouvrant la glotte démesurément, l'air sort avec violence en sifflant, sans produire pour cela un son plus nourri ou plus intense.
Ce qui se passe ne peut mieux être comparé qu’à la fuite d’air dans un tuyau d’orgue dont le soufflet serait trop chargé de poids.
Importance du chant comme exercice respiratoire. — L’exer* cice du chant est un exercice respiratoire de premier ordre pour dilater le poumon; tous les chanteurs de profession ont de grandes capacités respiratoires. Dans les écoles de sourds-: muets, les élèves nouveaux ne savent émettre que des sons ., absolument rudimentaires ; dès leur entrée ils exercent leur souffle, on leur fait éteindre une bougie à distance*, on leur apprend à émettre des sons articulés; à la suite de ces exercicesleur appareil respiratoire se perfectionne, leur capacité thoracique augmente, et la forme extérieure de la poitrine change visiblement : d'aplatie, elle devient saillante et bombée.
Il en est de même chez les musiciens qui travaillent les instruments à vent; tous ces faits nous montrent l’importance de la gymnastique respiratoire.
Le chant ne doit pas être associé aux mouvements gymnastiques. — Mais faudrait-il pour cela associer le chant aux exercices, gymnastiques? Non certes, la raison est simple : dans le chant, la durée de l’expiration devient 15 fois plus longue que l’inspiration, le travail musculaire nécessite une respiration plus active, un appel plus considérable d’oxygène au contact du sang, une inspiration, profonde et prolongée, et le chant vient d’autre part s’opposer à cette nécessité en donnant la prédominance à l’expiration; ce sont là deux effets contraires (fig- 39):.
Les mouvements des bras agissent sur les côtes, les soulèvent ou les affaissent. Pour que le chant ne contrarie point cette action, il faudrait qu’il soit adapté au rythme et à la nature des exercices.; on aurait ainsi de la mauvaise musique et de la mauvaise gymnastique. Le chant doit donc rester indépendant, tout au plus peut-on l’associer à des marches rythmées, jamais à. des mouvements des bras ou du tronc.
Exercices des bras favorisant l’inspiration. — Au contraire, il est excellent de faire de profondes inspirations pendant l’exécution de certains exercices gymnastiques ; il faut, bien entendu, les faire coïncider avec les mouvements qui ont une action marquée sur la dilatation thoracique.
J’ai fait à ce sujet de nombreuses expériences, elles confirment les pratiques usitées depuis longtemps dans la respiration artificielle des asphyxiés.
Respiration artificielle. — Quand on veut rappeler à la vie un noyé, on fait agir plusieurs moyens, on le réchauffe, on le frictionne, on cherche à produire le réflexe respiratoire et l’on n’y parvient souvent qu’après avoir pratiqué longtemps la respiration artificielle.
Fig. 40. — Manœuvre de la respiration artificielle chez un noyé, par lelévation passive des bras.
Celle-ci se fait de bouche à bouche, ou bien en opérant des pressions rythmées sur le thorax, des tractions sur la langue ou dès mouvements des bras. Pour cela, l’opérateur saisit les bras du patient et leur fait décrire des mouvements passifs d’élévation et de circumduction (fig. 40).
Ces mouvements des bras produisent une dilatation du thorax, font pénétrer dans la poitrine une petite quantité d’air et la fonction respiratoire se rétablit peu à peu.
La même chose se passe dans les mouvements gymnastiques.
Les exercices des bras et les attitudes d’extension ont pour effet d’augmenter l’amplitude du mouvement des cotes et de contribuer ainsi à l’augmentation de la capacité respiratoire
par la mobilité qu’ils donnent à toutes les articulations du thorax.
Les mouvements des bras sont effectués ordinairement par les muscles prenant leurs points fixes sur le tronc. Mais, inversement, on peut, par un artifice gymnastique, intervertir les
Fig. M. — Disposition expérimentale pour étude de l’effet de la suspension par les mains sur les organes respiratoires.
Tr, treuil pour suspendre le sujet aux poignées S; — R, spiromèlro enregistreur communiquant avec l’appareil inscriplcur E par le robinet P. Les mouvements du thorax et de l’abdomen s’inscrivent sur le même cylindre; — Em, embouchure par où l’on respire; — as, aspirateur pour renouveler l’air du spiromètre; — M, manomètre à eau ; — t, thermomètre ; — Ro, robinet purgeur de l’eau de chaux contenue au fond du spiromètre.
insertions des muscles moteurs, fixer les bras, de préférence en élévation, et faire agir sur les côtes les muscles moteurs des bras, qui,.devenus ainsi moteurs des côtes, soulèvent celles-ci et agrandissent les diamètres du thorax. La fixation de l’épaule en arrière et le redressement des courbures du rachis sont les conditions les plus favorables à cette dilatation.
Influence de la suspension sur la dilatation du thorax. — Suspendez-vous à une barre fixe ou à des barres parallèles
hautes, les bras bien allongés, les mains écartées et le plus passivement que vous pourrez, c’est-à-dire en évitant les efforts de flexion des membres et du tronc, la contraction des muscles fléchisseurs des doigts suffît à cette attitude. Ainsi, bien allongé, expirez tout 1 air que vous pouvez rejeter de vos poumons, en ayant soin de ne faire aucune inspiration nouvelle.
Fig. 42. — Coupes horizontales du thorax prises au même niveau chez le même sujet, avec le thoracomètre Demeny 1 .
La coupe indiquée en trait continu correspond à la phase d’inspiration en station debout, le trait pointillé à la suspension allongée, le trait point et barre correspond à l’expiration en suspension allongée. La flèche indique la partie antérieure de la poitrine.
Quand vous aurez, en contractant les parois de l’abdomen, rejeté cet air, lâchez alors l’appareil auquel vous étiez suspendu et vous constaterez, revenu à la station debout sur le sol, les bras abaissés, que vous pourrez rejeter encore une certaine quantité d’air de votre poitrine, c’est-à-dire continuer votre expiration rendue impossible par le fait de l’attitude suspendue.
Le surcroît d’air expiré mesure la dilatation thoracique produite mécaniquement par la suspension ; ce volume d’air dépend du degré d’allongement du corps et de la mobilité des côtes.
L’expérience précédente, fort simple, est une preuve expérimentale de l’effet de la suspension allongée sur la dilatation thoracique (fig. 41).
Du reste il y en a d’autres. Des sections horizontales du thorax prises à un même niveau dans l’inspiration et dans l’expiration