L ÉDUCATION DOIT RÉGLER NOS BESOINS ET AMÉLIORER NOS FONCTIONS
— L’éducation doit remettre les choses à leur place et régler nos besoins. La volonté, le courage, l’aptitude au travail se
ROLE SOCIAL DE L’ÉDUCATION
cultivent; on apprend à penser, nos idées se fixent et s’épurent, elles sont fécondes ou stériles si nous le voulons ainsi.
On peut doininer sa sensibilité, ou se laisser vaincre par elle. Notre sensibilité est vraie ou fausse selon l’éducation de nos sens.
On apprend à regarder, à écouter ; on affine le goût, l’odorat et le toucher au point de suppléer au sens qui nous manque par l’acuité des autres, comme le font l’aveugle et le sourd-muet.
L’éducation ne se borne pas aux facultés cérébrales : on perfectionne aussi ses mouvements, on les règle, on les coordonne afin d’en tirer le meilleur parti. La forme du corps peut devenir plus belle en recherchant les attitudes et les mouvements favorables.
Les appareils de la vie organique n’échappent pas à l’influence de notre volonté. La circulation du sang et la respiration peuvent être favorisées, le poumon peut à notre gré avoir une fonction normale ou troublée. Les organes de la digestion subissent l’influence des bonnes habitudes, il en est de même des fonctions de la peau, de la miction, de la défécation et du sens génésique; rien en un mot n’échappe à l’influence bienfaisante de l’éducation.
Matières d’ün cours d’éducation physique. — Nous aurons donc à préciser les modifications persistantes et les modifications passagères qui se produisent dans l’organisme à la suite de l’exercice :
1° Les relations entre les importantes fonctions de la vie, l’hygiène générale ou le moyen de conserver intègres ces relations pour assurer la santé, l’hygiène particulière à chaque fonction et les dangers de l’abus de l’exercice mal dirigé ;
2° Les relations entre les mouvements et la forme du corps, les conditions de développement normal, c’est-à-dire les conditions esthétiques de l’exercice ;
3° La manière la plus favorable à utiliser la force musculaire dans les applications, les conditions de rendement maximum en travail avec le minimum de fatigue.
4° Les relations du physique et du moral, le perfectionnement des sens et des qualités viriles.
Telle sera la première partie du cours, c’cst la matière des
connaissances scientifiques sur lesquelles nous devons nous appuyer pour connaître les principaux effets de l’exercice et choisir les moyens en rapport avec le but de l’éducation.
Nous indiquerons les conditions pour établir simplement un laboratoire de recherches spécialement affecté à ces mesures et le moyen d’avoir sur les -faits des indications précises nous plaçant au-dessus des préjugés et des opinions erronées.
La seconde partie comprendra la pédagogie basée sur les conditions précédentes, c’est-à-dire les moyens à notre disposition dans l’école, l’art d’exercer un grand nombre d’élèves à la fois, les difficultés etles défauts que nous rencontrerons à chaque pas, notre plan s’adressant aux différents degrés scolaires depuis l’enseignement primaire jusqu’à l’enseignement supérieur 1 .
Nous aurons à examiner egalement les qualités de l’éducateur, le mode de recrutement du personnel, le matériel de gymnastique, les locaux et le costume. Nous ferons l’examen des méthodes et le parallèle des systèmes d’éducation usités.
Enfin dans une troisième et dernière partie nous aurons à envisager la valeur des résultats obtenus au moyen des procédés techniques de mensurations, de méthode graphique et chronophotographique.
On peut résumer dans le tableau suivant les effets principaux de F exercice etl’ensemble des qualités à obtenir par l’éducation physique.