DANS LA CUISINE
UNE GARDE-MALADE ; UNE VOISINE frappant à la *
porte.
LA GARDE
Entrez!
LA VOISINE
Pardon si j’vous dérange.
LA GARDE
Vous voulez rire.
■ LA VOISINE
Vot’ médecin n’est pas venu 1
LA GARDE
Pas encore son heure; au reste, j’vous l’dirai dès qu’il arrivera. — Asseyez-vous donc.
(*) T, ‘idée première de ce dialogue et quelques-uns de ses détails se trouvent dans la Seine populaire de la Garde-Malade (Voir Scènes populaires — Mœurs françaises — par Henry Monnibr, ornées de dessins à la plume par l'auteur, tome I. — Bruxelles, Desprez- Parent, 4 vol. in-12, 1835-1841.)
UN AGONISANT
LA VOISINE
Merci, j’suis pas fatiguée : je n’fais qu’me l’ver
LA GARDE
Comment qu’vous allez?
LA VOISINE
Tantôt ben, tantôt pire; toujours mon satané ventre qui fait des siennes. J’veux ben croire que c’est pas l’ver solitaire, vu que rien n’s’est encore présenté ; pourtant, ça y ressemble : j’ai toujours faim, toujours faim, et rien ne m’profite. Pour ça que j 'serais ben aise d’consulterquéqu’un, pour savoir à quoi m’en tenir.