LE PAVILLON PARLEMENTAIRE
Tout à coup, on remarqua un singulier mouvement parmi les troupes américaines et le silence régna au milieu de la foule anxieuse qui encombrait les remparts. On vit les principaux ofliciers rebelles se grouper et se consulter. Il était évident, à en juger par leurs gestes, qu’ils discutaient une question importante, et que ce conseil était loin d’être harmonieux. Au centre du groupe était un homme de petite taille et de forte corpulence, au teint fleuri et paraissant âgé d'environ trentre-cinq ans. Il exposait ses vues énergiquement, tantôt avec un sourire persuasif, tantôt par des paroles violentes. C'était Arnold. Quelques officiers écoutaient en silence, d’autres s’éloignaient en faisant des gestes de dérision et avec un air de mépris sur leurs traits. Finalement, l’entrevue se termina; les troupes se retirèrent un peu sur tout le long de la ligne et tous les soldats parurent très anxieux de voir ce qui allait se passer.
Un clairon s’avança, suivi d’un jeune officier de haute stature portant l’uniforme des grenadiers. Tous deux firent à Arnold le salut militaire et reçurent les instructions qu’il leur donna à voix basse. Le jeune officier prit des mains de son commandant une dépêche scellée et dégaînant son épée, il y attacha un mouchoir blanc.
La vue du mouchoir expliquait tout le mouvement.
‘ Une sommation de capituler,”” tel fut le mot qui passa le long des rangs des Continentaux, et qui fit rire presque tous les soldats. Les officiers pouvaient à peine dissimuler leur dégoût, et quelquesuns d’entre eux protestèrent hautement contre l'obligation où ils se voyaient d’être témoins de l’humiliation qui allait leur être infligée, ils en étaicnt sûrs.
’est peutgloire.
méricains, reux. Si n’aurions ent seulemit à rire
parmi les foule anxiax Gfliciers n juger par >, et que ce pe était un nt fleuri et it ses vues Ôt par des outaient en dérision et ntrevue se long de la e qui allait
Rute stature à Arnold le nna à voix andant une n mouchoir
ssa le long
les soldats.
bt quelqueson où ils se leur être
LES BASTONNATS Yu
“Un pavillon parlementaire ! ” s’écria la foule amassée sur les rem parts et l’objet de la conférence demandée redoubla l'intensité de la curiosité générale. On peut bien assurer que personne, dans la ville, ne soupçonnait qu’il pût être question d’une demande de capitulation, rien ne pouvant paraître plus ridicule dans les circonstances présentes.
L'officier accompagné du clairon s’avança rapidement sur le terrain vague qui s’étendait de la ligne de bataille des assiégeants, aux murailles de Québec. A intervalles réguliers, suivant les règles du sérvice, le soldat sonnait le clairon, maïs aucune réponse ne venait du côté de la ville. Finalement, les deux émissaires s’arrêtèrent et restèrent immobile en pleine vue des deux camps.
Quel beau garçon ! dit Zulma à Pauline.
Les jeunes filles étaient à une excellente place pour voir tout ce qui se passait, et cela les intéressait tellement que la timide Pauline elle-même oubliait l’inquiétude que lui causait l’absence prolongée de son père.
—Voulez-vous parler du clairon ?
--Oh ! le soldat ést assez bien de sa personne ; mais je parle de 7 l'officier qui porte le pavillon.
| Les deux amies discutaient cette intéressante question quand jeur attention fut attirée par un mouvement qui se produisit à la porte, presque en dessous d'elles. Un officier anglais sortit seul et ge dirigea vers le porteur du pavillon.
—Pas possible ! s’écria Pauline.
—Oui, c'est lui-même, répondit Zulma en riant.
—Roderick !
—Oui, et l’on ne pouvait faire un meilleur choix. Un beau royaliste contre un beau rebelle. Mais il y a une disparité d’âge.
—AÀ peine.
—Je vous demande pardon. Notre grand et beau rebelle a tout au plus vingt et un ans, j'en suis sûre,tandis que votre lieutenant, Pauline, est d’un âge plus mûr,