‹ Les batailles d'autrefois (volume 2)Chapitre 103 sur 152 · PHILIPPE II ET PAUL IV · texte numérisé non relu

PHILIPPE II ET PAUL IV

ci de petites opérations où ce marécliiil excellait, et lui-même, avec le gros de l'armée, traversa les territoires de Parme, de Plaisance et de Bologne, pour rejoindre, dans la marche d'Ancùne, le duc de Ferrare, général de l'Eglise.

Mais ni la cour de Rome ni les souverains italiens ne voulaient servir la fortune du conquérant lorrain. Guise, trouvant « suspecte et incertaine la foi de ceux qui devaient l'assister dans l'entreprise de Naples * », quitta son armée et courut à Rome pour se plaindre du duc de Ferrare. Le pape l'y retint tout le mois de mars, pendant que ses cardinaux négociaient secrètement avec Philippe II.

Ensuite, au lieu de marcher directement sur Naples où le duc d'Albe s'était retiré avec des forces très inférieures aux siennes, le général français, sur le conseil de traîtres vendus au roi d'Espagne, s'attarda six semaines dans les Abruzzes, aux sièges de Campli et de Civitella. Pendant ces six semaines, une flotte espagnole amena des renforts à Naples, les milices indigènes s'assemblèrent, et le duc d'Albe put s'avancer avec une grosse et puissante armée pour attaquer les Français devant Civitella^ ».

de vive force; mais il l'ut repoussé à l'assaut de Coni. L'approche du marquis de Pescairc lui servit d'excuse honnête pour lever le siège et l'aller combattre ; mais il lut contraint de se retirer par les montagnes avec son infanterie, en débandant sa cavalerie dans Fossano, qui fut investi. » {Mémoires de Gaspard de Saulx-Tavannes) .

' « Le pape avait promis des vivres^de l'artillerie, 8.000 hommes de pied et 800 chevau-légers. » {Mémoires de Tavannes.)

2 Carloix, Mémoires de Vieilleoille.

Le maréchal de camp Gaspard de Tavannes et le vidame de Chartres défirent, aux environs de la place, un secours de 300 chevaux et de SOO soldats espagnols,

que don Garcia de Tolède avait essayé d'y faire entrer; puis le duc de Guise leva, le 1 5 mai, son camp de Civitella pour marcher au-devant du duc d'Albe.

Mais celui-ci se déroba, « espérant, selon la coutume, ruiner les Français par temporisation.»

Après avoir tenté tous les moyens possibles de l'attirer à la bataille, François de Lorraine, « défaillant des choses nécessaires pour mener et conduire la guerre, fut contraint, pour ne pas perdre ses hommes, qui commençaient à devenir malades de la grande chaleur et de l'intempérie de l'air' », de se retirer dans la campagne de Rome, et de répartir son armée dans les places fortes'. C'était le seul moyen d'éviter le sort de Lautrec et de tous les chefs français qui avaient été avant lui dans l'Italie méridionale.

' Mémoires de Tavannes.

- « La quantité de places nouvellement fortifiées en Italie la fait croire de plus difficile conquête qu'elle n'était anciennement ; or les remimrts ne gardent les villes, mais bie^i le cœur des aguerris. » {Idem.

Fis. 242.

INVASIUN DK 1557. 495

« Cette retraite causa au duc de Guise tant d'ennui et de déplaisir, qu'avec la saison fort lâcheuse, une fièvre le surprit qui mit sa vie en grand danger ; et de pareille maladie, tous les princes, seigneurs, gentilshommes et quasi soldats de son armée se sentirent et furent persécutés ' ».

INVASION DE i557.

Pendant que ces événements s'accomplissaient en Italie, Philippe II se préparait à inaugurer son règne par une invasion delà France. Henri II avait d'ailleurs provoqué le roi d'Espagne en ordonnant, le 6 janvier, à l'amiral Coligny, gouverneur de Picardie, d'investir et de brûler Lens en Artois.

« Dès la lin du mois, dit Rabutin, ce que M. de Guise avait laissé en France de gendarmerie fut départi le long des frontières les plus faibles, surtout en Champagne ; tant à cause que ce sont les avenues où le plus communément l'ennemi prend sa descente en France, que pour favoriser les travaux de Rocroy, nouvelle ville que le Roy avait fait commencer pour servir de contrefort et d'appui à Marienbourg et à Maubert-Fontaine, et plus facilement mener des vivres de l'une à l'autre de ces deux places.

« François de Clèves, duc de Nevers, gouverneur de Champagne, et son lieutenant, M. de Bourdillon,

' Maiiuscrit n" 971 U de la Bibliothèque nationale.

firent pareillement remparer, fortifier et munir à toute diligence Mézières et les autres places de défense de cette lisière.

« Le printemps et une partie de l'été se passèrent sans qu'on eût gros amas d'armée de part et d'autre. Tout se bornait à quelques courses et entreprises particulières, dont la plus importante fut l'expédition que firent ensemble, le 4 avril, jour de Pâques fleuries, les gouverneurs espagnols de Philippeville, de Cliarlemont, de Chimay et d'Avesnes, pour tailler en pièces les vastadours et les manœuvres qui besoignaient à Rocroy. Ils croyaient gagner le vieux fort et ruiner le rempart du fort neuf, qui n'était encore qu'à 2 ou 3 pieds de terre. Mais le gouverneur, Chambry, les assaillit si bravement qu'ils ne rapportèrent de leur entreprise que force canonnades et arquebusades avec perte de beaucoup des leurs. »

Cependant Philippe II avait passé la Manche pour décider sa femme, la reine d'Angleterre Marie Tudor, à déclarer la guerre à la France (7 juin). Au retour il s'établit à Cambrai, d'où il prétendait diriger les opérations offensives de l'armée que son lieutenant-général, Philibert-Emmanuel, avait réunie sous les murs de Givet : 35.000 soldats espagnols, allemands ou wallons, 12.000 chevaux et une nombreuse artillerie.

Cette concentration de l'armée d'invasion sur la Meuse fit croire au conseil d'Henri II que la Champagne était menacée. Le connétable de Montmorency réunit au camp d'Attigny, sur l'Aisne, toutes les com-

nÉFIvNSl-: DK SAIiNT-gUENTIN (aoiit lo57). i07

pagnies ou enseignes disponibles, c'est-à-dire, 5.000 chevaux et 18.000 hommes, et il lit face à la Meuse, dans l'intention de recommencer la campagne défensive de 1521.

Mais le général de 28 ans, qui était opposé au vieux Fabius temporisateur, avait autant d'habileté que d'audace. Après avoir donné le chcxnge au connétable « par diverses alarmes et algarades contre Marienbourg et Rocroy », Philibert-Emmanuel côtoya sans l'attaquer la frontière de Champagne, et se dirigea sur Guise, à marches forcées, par Chimay et Vervins. Son objectif était Saint-Quentin; c'était là qu'il avait donné rendez-vous à l'armée anglaise, pour descendre avec elle sur Paris par la vallée de l'Oise. • Saint-Quentin mal remparé, mal pourvu d'artillerie, n'avait pour garnison que la compagnie de gendarmerie du Dauphin (commandée par son lieutenant, Charles de Téligny), et les bretons à pied du capitaine Breuil. Aussi le duc de Savoie pensait-il qu'il n'aurait pas grand'peine à prendre cette place, qu'on appelait la clef de Paris.

DEFENSE DE SAINT-QUENTIN (août l-'io?).

L'amiral Coligny, mesurant toute l'étendue du danger, s'offrit pour défendre Saint-Quentin, comme son rival '

• D'après Brantôme, ranimosilé du duc de (Juisc et de l'amiral Coligny avait commencé le soir de Fauqucmbcrgues, dans la chambre du- Roi et devant lui. « 3Ionsieur l'amiral (comme possible envieux de la H. 32

le duc do Guise avait défendu Metz'. Il quitta, le 2 août, le camp que le connétable avait établi à Pierrepont % et alla, par La Fère et Ham, se jeter dans Saint-Quentin avec 4 compagnies de gendarmerie ^ et 250 hommes de pied.

Le même jour, l'avant-garde du duc de Savoie enleva le boulevard en terre qui défendait le faubourg d'Isle, situé sur la rive gauche de la Somme, et le reste de l'armée de siège prit position sur la rive gauche, au nord et à l'est de l'enceinte. Les pionniers ennemis ouvrirent incontinent, depuis la Somme jusqu'à la porte Saint-Jean, une longue tranchée circulaire, d'où trois têtes de sape (PP'P") furent dirigées contre la Tour à l'Eau, la porte de Remicourt et la Tour rouge.

Coligny, bien secondé par le maire Varlet de Gibercourt, fit sortir les bouches inutiles, rationna les vivres, exerça la milice bourgeoise, enrôla les paysans

gloire cl de l'honneur que M. de Guise avait acquis ce jour-là) contredit sur un petit point M. de Guise, qui lui dit :

— « Ah ! mort-Dieu ! ne nie veuillez point ôter mon honneur ! • M. l'amiral lui répondit :

— - Je ne le veux point !

— « Aussi ne le sauriez-vous ! • répliqua M. de Guise.

« De sorte que le Roy, voyant les choses pour aller plus avant, leur commanda de se taire et d'être bons amis ; ce qu'ils firent, mais non comme auparavant et sous quelques faux beaux semblants. »

' « Il n'y a rien qui pique tant les gens de notre métier que la gloire ou l'envie de faire aussi bien ou mieux qu'un tel n'a fait. » (Montluc )

2 Près de Marie, à 14 kilomètres au nord-est de Laon.

5 Les compagnies Coligny, llarran, Jarnac et Lafayettc.

Dl'KENSE DC SAINT-QUENTliN" (août \oli1). 499

réfug'iés dans la ville ' et lit travailloi' activement tous les habitants à la défense.

E. Hardy.

Echelle au i

Fiï. 243. '^

« Chacun, dit- il dans sa relation du siège, se parforçait et évertuait à perfectionner les ouvrages, à

' t Je donnai charge à deux genlilshoir.mes du pays, Jean de Caiilaincourt et le sieur d'Amerval, d'arborer chacun une enseigne el de retirer sous eux les meilleurs hommes qu'ils pourraient trouver et les mieux armes. Après les avoir enrôlés, ils les assemblèrent en la grande place, où j'en lis moi-même la montre. Ces deux gentilshommes me montrèrent 220 hommes, assez bien armés et en bon équipage pour le lieu; je les fis payer et puis je leur baillai un quartier. » {Discours de Gaspard de Coligny sur le siège de Saint-Quentin.)

* « La ville de Saint-Quentin contient beaucoup de jardins dans son enceinte; sa position élevée domine les vallées environnantes, et notre camp, établi dans ces vallées, eut beaucoup à souflrir de l'artillerie de la place. Un tiers de l'enceinte est bordé par un lac profond, qui s'étend jusqu'à deux portées d'arquebuse dans la direction des Flandres. Le

500 FRANÇUlS DE GUISE.

rehausser les remparts et terre -pleins, à aplanir et niveler les plates-formes. Il n'y avait personne, tant des gens de guerre que de la ville, qui ne déployât les bras et qui volontairement ne courbât l'échiné pour porter la hotte, les fascines et la terre aux réparations. »

Les IS pièces, canons, bâtardes ou coulevrines, et les 21 arquebuses à croc, «entre bonnes et mauvaises », furent placées, ainsi que les 40 canonniers bourgeois qui servaient cette artillerie, sous la sujjerintendaiice du capitaine Lanquetot, assisté de 10 hommes d'armes. La défense de l'enceinte fut répartie entre les 5 compagnies de gendarmerie ; leurs chefs devinrent responsables de l'exécution des travaux et du bon ordre dans leurs quartiers respectifs.

La garnison ne comptait que 50 arquebusiers, qui furent employés à tenir en respect les postes avancés de l'ennemi. Pour resserrer la défense, Coligny, dans la nuit du 4 août, ht évacuer le faubourg d'Isle; l.riOO vétérans espagnols l'occupèrent aussitôt, et leurs chefs, Carondelet et Juliano Romero y construisirent des batteries, qui enfilèrent le front d'attaque ' .

laubourg d'Isle est l'ortific et communique avec la ville par des ponts de bois ; il contient plus de 400 maisons. Son entrée est défendue par un boulevard de terre entouré d'un fossé sec, sur lequel il y a un pontlevis. • [Relation espagnole du siège de Saint-Quentin.)

1 '■ De faire sortir gens, dit Coligny, il n'était pas raisonnable, vu le petit nombre que j'en avais; il eîit fallu mettre une bande d'arquebusiers pour soutenir dedans et dehors ceux qui eussent exécuté la sortie; mais je n'en avais pas. En somme, je ne pouvais pas donner grand empêchement aux assiégeants, de quoi j'étais fort marry. 3Ia

DÉFENSR DR SAIM-OUENTIN (nortt1557). oOi

, Le connétal)le avait autant à cœur de secourir Colii'iiy, qui était son neveu, que de sauver Saint-Quentin. Il avait levé, le 3 août, son camp de Pierrepont pour s'établir à la Fère ; de là, il avait envoyé à Ham le maréchal de Saint-André, avec 400 hommes d'armes, une partie de la cavalerie légère, sous Louis de Bourbon, prince de Condé, et 9 enseignes d'infanterie française sous François de Châtillon, seigneur d'Andelot\ «pour tenir l'ennemi en doute, l'empêcher de s'élargir ou de reconnaître le pays, saisir toute occasion d'entreprendre contre lui, et finalement essayer à tous endroits de mettre gens dans Saint-Quentin ^ ».

Du clocher de la collégiale, l'amiral avait fait une étude attentive des environs ; il conduisit le capitaine de Vaulpergues à son observatoire, lui montra les positions ennemies, et lui indiqua, du côté de Ham, un sentier, qui passait à travers les vignes entre un corp?; de garde de gens de pied et un poste de cavalerie, et qui n'était gardé que par des sentinelles '\

principale occupation était de faire rcmparcr les lieux qui en avaient besoin; mais encore en étais-je grandement diverti par des pièces que les ennemis avaient logées sur la plate-forme du faubourg d'Isle. Ces pièces voyaient tout le long de la courtine où il me fallait travailler pour celte raison je ne pouvais plus recouvrer d'ouvriers, si ce n'est à coups de bâton. » Il y fit cependant établir des traverses (T, T).

< Frèrede Coligny, qui l'avait remplacé, depuis le 17 août 1557, dans sa charge de colonel général de l'infanterie française en deçà des monts.

2 Rabulin, liv. IX.

"' « Jamais un bon capitaine ne se croira assez bien garde. Il ne se contentera par; de faire occuper le circuit et les couverts de son quartier, mais il établira des petits postes à bonne distance, pour découvrir l'ennemi de plus loin et pour avoir le temps de se préparer au combat.

Vaulpergues devait conduire par ce sentier les 2.000 hommes, de pied de M. d'Andelot, et les faire entrer dans Saint-Quentin, pendant que la gendarmerie de Saint-André et la cavalerie légère du prince de Condé

Des sentinelles seront placées à 2 ou 300 pas des corps de garde, et toutes les avenues seront gardées par quelques avant-coureurs, spécialement charges de faire les courses et de battre Vestrade.

« De tout temps on a employé ]cs sentinelles doubles; au moindre indice, l'un des deux cavaliers doit aviser le chef du poste de ce qu'il a vu et ouï, pendant que son compagnon demeure pour observer tous les accidents qui pourraient survenir ; on place ces sentinelles doubles à 300 pas au plus, et de préférence près des carrefours des chemins. Chaque poste a, en outre, une sentinelle simple, plus rapprochée, ayant la consigne d'observer les allées et venues des sentinelles doubles et de communiquer avec elles. Au besoin, on aura une deuxième sentinelle simple pour faciliter la liaison. Les sentinelles ne mettent pied à terre sous aucun autre prétexte que nécessité naturelle.

« En plein jour, les sentinelles sont posées sur dos éminences d'oii elles peuvent découvrir au loin; on ne les met pas sur les chemins, où elles risqueraient d'être surprises et enlevées par les fourrageurs de l'ennemi, mais à un jet de pierre de ces chemins, (m leur défendant de se laisser accoster par qui que ce soit. La nuit, on les met de préférence dans les bas-fonds, parce, que dans l'obscurité, on distingue mieux ce qui vient de haut.

« Les sentinelles doubles ne doivent laisser passer personne: tout homme qui se présente pour entrer dans les lignes ou pour en sortir, doit être arrêté à 30 ou 40 pas ; l'un des deux cavaliers va prévenir son otTicier, qui a seul le mot du guet, et doit aller reconnaître quiconque se présente.

« Pour relever les sentinelles, le lieutenant prend une moitié des cavaliers nécessaires, et confie l'autre moitié à un soldat ancien et expérimenté; ils passent chacun d'un côté différent pour changer les sentinelles de proche en proche, et chevauchent à la rencontre l'un de l'autre. Le capitaine, le lieutenant et l'enseigne font à tour de rôle des rondes pour reconnaître si les sentinelles sont vigilantes. » {Gouvernement de la cavalerie lètjère par Georges Basta, commissaire général de la cavalerie des Pays-Bas. Rouen, Jean Berlhelin, ICIG.)

DÉFENSE DE SAINT-OUENTIN (miùl i;i.i7). o03

« tiendraient les camps ennemis en alarme do toute part. » Quelques chevau-légers anglais à la solde de Henri II, faits prisonniers par les Espagnols, livrèrent le secret de l'entreprise « pour se sauver d'être pendus ». Carondelet fit fossoyer dans la vallée de Recourt force traverses et fossés, qu'il remplit de ses meilleurs arquebusiers ; lorsque les éclaireurs de d'Andelot se présentèrent, dans la nuit du 7 aoiàt, ils furent accueillis à l)out portant par des arquebusades et mis en déroute.

C'était un coup manqué ; au lieu du secours annoncé, Coligny vit, du clocher de la Collégiale, les 12.000 Anglais envoyés par Marie Tudor éta])lir leur camp (T) sur la route de Ham et compléter à l'ouest l'investissement de Saint-Quentin. Dès lors, il y eut autour do la place 37.000 hommes d'infanterie, 13.500 cavaliers, 6.000 pionniers et 80 canons. La face sud restait seule entr'ouverte aux secours, entre le faubourg d'Isle et la tour de Tourrival.

Sur le lac de Grosnard (formé par le marais de la Somme), Coligny fit établir, au moyen de fascines et de planches, un passage qui aboutissait à la Biette, et quand ce passage fut à peu près praticable, il fit prévenir son oncle le connétable.

Montmorency méditait un tour de vieille gimre : il prétendait secourir Saint-Quentin comme François T' avait ravitaillé Landrecies en 1543, sans se rappeler que le même tour, en 1554, avait mal réussi à Strozzi devant Marciano.

Avant de tenter l'entreprise, il voulut, comme un sage et expérimenté capitaine, reconnaître en personne les chemins et passages que devaient suivre les troupes de secours et étudier les positions de l'armée de siège '.

En conséquence, le dimanche 8 août, il prit avec lui la plupart des princes, grands seigneurs et capitaines de renom qui étaient en son armée, et quitta La Fère avec 2.000 chevaux, 4 pièces de campagne et 4.000 hommes de pied français ou allemands, conduits par Enard, leur mestre de camp.

Ces troupes se formèrent en bataille derrière le village d'Essigny-le-Grand, pendant que le connétable galopait jusqu'cà Saint-Quentin, suivi de Nevers, Condé,

1 Deux estampes, conservées à la section des manuscrits de la Bibliothèque nationale, indiquent en détail ces positions, qui ont été reconnues sur les lieux mêmes par M. Charles Gomard, de la Société académique de Saint-Quentin. ^ Le gros de l'armée espagnole et allemande était cantonné sur la Somme, dans les villages de Rouvroy, Morcourt, Remaucourt ctOmissy ; le parc d'artillerie était établi entre l'arbre de Remicourt etla porte Saint-Jean. Dans le faubourg Saint-.lean logeaient Ernest et Henri de Brunswick, le prince de Susmona, Bernardino Mendoza et le maréchal du camp, Bugincourt; au centre de la plaine de Remicourt, le duc de Savoie, le prince d'Orange et don Juan Maurique. Vers Rouvroy (près du Moulin brûlé) étaient le parc à vivres, les bagages et les troupeaux. Les Flamands et les Wallons du comte d'Egmont campaient au nord ouest sur la hauteur de Cépy, depuis Florimond et la chapelle Epargnemaille jusqu'à la chaussée de Vermand. En arrière du moulin de Rocourt, la bande du comte de Savoie; au delà de Rocourt, l'infanterie anglaise, et à Gauchy, la cavalerie ; à Dallon, le comte de Horn ; sur la hauteur d Isle, une batterie anglaise; dans le faubourg deux batteries espagnoles, de 8 pièces superétarjées. » (Arf.hives historiques et littéraires du nord de la France et du midi de la Belgique. Yalenciennes, 18i7.)

DÉFRNSI-: DE SAINT-OURNTI^ (nnùl V\:yi}. :m

Villars, Sancerre, Montmoroncy son lils, d'Andclot son neveu, et quelques autres, qui lui paraissaient de bon jugement en cette affaire.

« S'étant approché sans rencontrer d'ennemis Jusqu'à la descente du marais de Grosnard, il chargea

£ HsLrdy.

Jlchefle au

Fie. 24 i.

trois de ses gentilshommes de reconnaître le camp du prince de Piémont (P), établi entre la ville et le marais, de bien considérer et mesurer en esprit la distance qui séparait les postes avancés de la place, la longueur du marais et la largeur de la rivière qui passe au milieu. Les trois gentilshommes accompli-

rent leur mission sans empêcliement, bien qu'il y eût deux enseignes d'Espagnols dans le moulin de Cxauchy * . »

Après cette reconnaissance, le connétable se retira à La Fère pour aviser et conclure à l'exécution de son projet. Dès le 9 au soir, il fit sortir de La Fère et assembla à la Justice 15 pièces d'artillerie (6 canons, 4 longues coulevrines, 2 bâtardes et 2 moyennes), \ 6 enseignes françaises et 22 enseignes allemandes, qui rejoignirent pendant la nuit la gendarmerie et la cavalerie de Ham % assemblées à Jussy.

La Saint-Laurent (10 août I-'IBT).

Le jour de la Saint-Laurent, 900 hommes d'armes, 1.000 chevau - légers ou arquebusiers à cheval et

1 Rabulin.

2 Le connétable avait été à Ham, le 9 au soir, afin d'assister au départ des troupes du maréchal de Saint-André pour Jussy. « Comme il regardait le défilé de la gendarmerie, en compagnie du comte de La Rochefoucauld et du sieur de la Capclle-Biron, un grand chien tout noir se vint présenter devant lui, et se mit à hurler sans cesse. Quelque chose qu'on chassât ledit chien, il retournait toujours et continuait ses hurlements. Lors La Rochefoucauld dit au vieux La Capelle-Biron :

— « Que vous semble de ceci, mon père ?

— « Pardieu ! mon fils, je ne sais qu'en dire, mais c'est une musique « mal plaisante.»

« M. le connétable répliqua :

— « Je crois, mon père, que nous allons fournir la comédie. »

« El la prophétie se trouva véritable, car le lendemain la tragédie fut jouée. ' (Mémoires de Jean de Mergey, écuyer du comte François de la Rochefoucauld.)

LA SAINT-LAURRM (10 noût 1557). 507

14.000 soldats à pied so mettaient joyeusement en route, à six heures du matin, pour aller secourir monsieur l'amiral.

C'était, à trois jours près, l'anniversaire de Fauquembergues, et les soudards français chantaient en marchant ce refrain de victoire :

« Branlez vos piques, soldats !

« A cheval tôt les gens d'armes

« Allons donner des alarmes

« Au camp de nos ennemis !

« Enflez vos cœurs, mes amis !

" A mont ! à mont! h l'étendarl !

La pointe d'avant-gvarde, composée des compagnies du duc de Lorraine et du prince de Condé *, s'arrêta, vers 9 heures, sur la hauteur qui domine Gauchy, à portée de canon du camp espagnol.

• Il n'y avait pour garder le passage de la Biette {M) que les deux enseignes du moulin de Gauchy. « Ces Espagnols pensèrent faire quelque résistance, mais, en moins de rien, nos enfants perdus les rembarrèrent et chassèrent de là, les menant battant, à coups d'arquebuse et coups de main, jusqu'oultre la chaussée \ »

Le connétable fit affûter et braquer 6 pièces d'artillerie (A), qui tirèrent si impétueusement sur le camp du duc de Savoie [P), qu'on y vit tout le monde fuir et s'éparpiller de tous endroits pour se réfugier

' Commandées par leurs lieutenants La Rochefoucauld et Saintc- Foy.

2 Rabutin.

au faubourg Saint-Jean ou dans le camp du comte d'Egmont (B). » Carondelet et Romero, restés seuls sur la rive droite de la Somme, n'osèrent pas sortir du faubourg d'Isle.

Coligny avait envoyé de Tourrival, à travers les marais, quelques soldats intrépides, montés sur 3 petites nacelles, afin de servir de guides aux arrivants. Le colonel d'Andelot, l'ingénieur Saint-Remy, 500 arquebusiers, et un grand nombre de capitaines, de canonniers, de gentilshommes volontaires ' attendaient impatiemment à la Biette qu'on leur fît passer le marais; mais les 7 grands bateaux amenés de La Fère ayant été placés à la queue de la colonne, on perdit 2 heures à les conduire à l'entrée du passage, à les décharger et à les mettre <à flot.

Quand l'embarquement commença, le duc de Savoie et ses capitaines avaient eu le temps de revenir de leur surprise; ils avaient compté les agresseurs et conçu le plan hardi de tourner la petite armée française pour lui couper la retraite. Le tour de vieille guerre était devenu une faute irréparable.

Cependant le connétable se tenait cà la Biette, fai-

' « J'avais commis le capitaine Saint-Romain avec quelques soldats pour recueillir et conduire ceux qui m'eussent été envoyés. M. d'Andelot, mon frère, y entra avec une troupe de 450 à 500 soldats, fort bons hommes, et 15 ou 16 capitaines fort suffisants ; il y entra aussi quelques gentilshommes pour leur plaisir, comme le vicomte du Monl- Notre-Dame, le sieur de la Curée, Matas, Saint-Rémy, homme fort expérimenté en fait de mines, lequel s'était trouvé auparavant en 7 ou 8 places assiégées, un commissaire d'artillerie et 3 canonniers. » (Go

LA SAINT-LAUIU:NT (10 août 1.jj7)

sant entrer dans ses 7 bateaux plus de gens qu'ils n'en pouvaient contenir, quand on le prévint qu'il y avait à Rouvroy, à une lieue en avant du faubourgd'Isle, un pont sur la Somme (G) que l'ennemi pouvait passer, et qu'il était prudent d'observer la chaussée qui conduit de Rouvroy au Mesnil * par Harly ; mais on l'assurait, en même temps, que 3 chevaux pouvaient cà peine marcher de front sur cette chaussée % et qu'il faudrait plus de 4 heures à l'armée ennemie pour passer la

Fig. 245. 3

Somme. Alors il envoya une cornette de pistoliers

1 Qu'on appelle encore aujoui-d'hui le Mesnil-Saint-Laurent.

2 « Si Monsieur le connétable eût mieux reconnu la chaussée de Kouvroy, où l'ennemi passait sur 30 de front (au lieu de 3, comme des inexpérimentés le lui avaient dit), il se lut mis en bataille sur le passage pour charger les premier^ passés, et il eût pu attendre la nuit pour se retirer; 1.000 chevaux suffisaient pour protéger ravitaillement de Saint-Ouentin, et il n'était pas nécessaire de hasarder l'armée. Les grands ambitieux veulent tout entreprendre par jalousie de la réputation d'autrui. » [Mémoires de Tavannes.)

j D'après Walhausen. C, capitaine, L, lieutenant; le porte-cornelle

allemands au pont de Rouvroy, détacha vers Harly le régiment de getidarmerie du duc de Nevers, et posta le prince de Condé et sa cavalerie légère au moulin de Grattepanse (iV), en avant de Neuville. Ces précautions prises, il perdit encore deux grandes heures à faire dégager les bateaux trop chargés de la bourbe et du limon, pendant que les malheureux arquebusiers qui s'écartaient des sentes jalonnées, tombaient un à un dans les creux du marais et s'y noyaient.

Les reîtres « mal aguerris » envoyés au pont de Rouvroy s'étant enfuis sans défendre le passage, le duc de Nevers vit déboucher tout à coup sur le flanc droit de son régiment 2.000 chevaux, conduits par le comte d'Egmont. Pendant que l'armée de siège presque toute entière défilait, par 30 hommes de front, sur la rive gauche, cette avant-garde de cavalerie avait incendié les chaumes pour gagner le Mesnil sans être vue.

Les 100 lances de Nevers voulaient charger; mais le connétable « avait défendu à ses gens de se mêler ni de combattre à peine de la vie, et le duc de Nevers n'osa pas désobéir ». Il se replia vers le prince de Condé ; puis tous deux rallièrent le reste de l'armée sur la hauteur de Gauchy, « poursuivis par une cinquantaine de carabins espagnols ' bien montés, qui leur tirèrent des arquebusades dans les reins "■' »

et le maréchal des logis se font face aux deux autres coins de l'escadron de 64 cavaliers, qui est formé sur 8 rangs et 8 files comme rUe grecque.

» Fig. 2-U, p. 502.

- Mercrev.

LA SAINT-LAURIiNT (Ht .loiit Io.j7). 'ill

Nevers vint au galop demander au connétable « congé de combattre », mais celui-ci, s'obstinant dans sa résolution de secourir Saint- Quentin sans bataille à la manière de François V'\ « rabroua Novers et l'injuria, comme tous ceux qui osaient lui parler».

Vers une heure cependant il se décida à ordonner la retraite sur La Fcre; l'inianterie s'engagea sur la voie romaine qui traverse la forêt de Gibercourt, la cavalerie forma l'arrière -garde, et l'artillerie fermant la marche, dut seule tenter de retarder la poursuite ^ .

Ce n'était pas le compte de la vaillante noblesse française. Jean de Bourbon, comte d'Enghien, envoya dire au connétable « qu'il ne voulait pas être tué par derrière », et il fit face à l'ennemi avec quelques gentilshommes, pendant que son frère Condé déployait les hommes d'armes en haie, et rangeait derrière eux les chevau-légers et les arquebusiers à cheval.

Une panique imprévue vint tout compromettre. « A l'approche des éclaireurs ennemis, la foule d'hommes inutiles pour le combat, comme trésoriers,

1 « François de La Rochefoucauld conseilla au connétable de hasarder 3 ou 400 arquebusiers dans un moulin à vent, qui était tout près de la chaussée d'Essigny, pour arrêter ou retarder la marche de l'ennemi, pendant que nos gens de pied marcheraient en toute diligence pour gagner les bois de Gibercourt, qui n'étaient qu'à une lieue, et que toute la cavalerie en un hôt, avec l'artillerie sur la queue, protégerait la retraite. Cet ordre de marche fut adopté, mais le moulin de Grugies ne fut pas occupé par les arquebusiers, et la cavalerie ennemie ne rencontra aucun obstacle dans sa marche en avant. » (Mergey.)

marchands et autres gens qui suivent une armée, prit la fuite pour sauver ses deniers et marchandises ; les valets en firent autant. Ces misérables, en se retirant confusément au galop avec grandes crieries, firent croire au duc d'Egmont que notre armée s'ébranlait déjà, et que le moment était venu de pousser la fortune '. »

Les 500 lances de Bourgogne coulèrent, sans les attaquer, devant les compagnies de Condé et de Lorraine, détachées du gros de la cavalerie française sous le commandement du comte de La Rochefoucauld, et chargèrent les fuyards ; mais, après avoir renversé la petite troupe de Jean de Bourbon \ elles vinrent se heurter à Vhot du prince de Condé.

Egmont fît sonner le ralliement afin de préparer une attaque d'ensemble '.

« Après avoir réparti les 12.000 chevaux dont il dis-

1 Rabulin.

2 « Jean de Bourbon, duc d'Enghicn, après s'ôlre rallié et rassemble avec quelques troupes françaises, combattit tant et si longuement qu'il fut rué par terre, avec un coup de pistolet à travers le corps, et emporté, vivant encore, au camp des ennemis oii il mourut. Le duc de Savoie renvoya son corps à La Fère avec les plus grands honneurs, pour y être mis en sépulture. » (Kabutin.)

5 « Le commandement ayant été fait au comte d'Egmont par M' de Savoie, lieutenant général du roi d'Espagne, et par Ferdinand de Gonzague, principal chef du conseil, d'aller seulement reconnaître l'ennemi jjour l'amuser en attendant le gros, le comte d'Egmont, voyant à l'œil qu'il y faisait bon pour lui, ne voulut point temporiser; mais avec sa troupe de reitres et de lanciers bourguignons, il chargea, sans aucun respect du commandement et si à propos qu'il mit en déroute toute l'armée française, et qu'il avait quasi achevé quand le gros arriva. • (Brantôme.)

LA SAINT-LAURENT (10 août l5o7). S13

posait en 8 gros escadrons, il les rangea en demicercle autour de la cavalerie française, et donna le signal d'une charge générale.

Lui-même se jeta dans un flanc de l'iiùt avec la gendarmerie de Bourgogne et l.SOO chevau-légers flamands; Henri et Ernest de Brunswick assaillirent l'autre flanc avec 2.000 reitres, soutenus par les 1.000 hommes d'armes du comte de Horn; le comte de Mansfeld donna dans le milieu avec 3.000 chevaux '.

Moins de 700 hommes d'armes français soutinrent bravement le choc de ces 12.000 cavaliers; mais « quand les premiers rangs eurent été renversés, tout le surplus tourna bride de soi-même et se mit en déroute.

« Le régiment du duc de Nevers, qui s'était-déployé sur le flanc gauche du prince de Condé, fut si rudement choqué et renversé par la foule confuse des ennemis et des Français mêlés ensemble, qu'il ne fut plus question de tenir ordonnance ni de garder les rangs pour combattre : chacun ne songea qu'à se sauver en évitant les fâcheuses rencontres. Nevers, après divers heurts et choquements^ après maintes pistolades, dont la bonne trempe de son harnois le ga-

1 « La Rocliefoucauld, voyant cela, chargea par le tlaiic les ennemis. La compagnie de Condé retint les chevaux au lieu d'enfoncer, et tous les hommes d'armes, excepté deux qui furent tués et un qui fut fait prisonnier, se sauvèrent à La Fère ; le prince de Condé n'eût pas agi de cette sorte, mais il combattait avec les chevau-légers, dont il était colonel. Quant à la compagnie de M. de Lorraine, elle fut bientôt écartée parmi un hôt de 1 .000 à L200 chevau-légers : le lieutenant, l'enseigne et le guidon furent pris avec 28 hommes d'armes, cl 32 furent tués, » (Mergcy.)

su FRANÇOIS Dl' GUISE.

rantit, après avoir été plusieurs ibis renversé de son cheval et aussitôt remonté, rallia quelques-uns de ses hommes d'armes et regagna La Fère pour subvenir au plus grand besoin de l'avenir ^ »

Pendant cette mêlée de cavalerie, le connétable marchait lentement au milieu des vieilles bandes françaises, « les plus belles, les plus complètes et les mieux armées qu'on eût vues depuis longtemps ». La résistance de l'arrière-garde lui avait permis de traverser sans encombre le village d'Essigny-le-Grand, et il allait atteindre les bois de Gibercourt où l'infanterie devait trouver son salut, lorsque, sur le chemin de Grand- Fossé, à la hauteur d'une maison de gentilhomme appelée Lizerolles, il vit arriver la nuée ennemie.

— « C'est assez reculer, Messieurs », dit-il aux princes et aux gentilshommes qui l'entouraient; « il faut « mourir ici ! »

Et il mit pied à terre.

Alors nos pauvres soldats, tant français qu'allemands, se serrèrent en deux bataillons carrés, bien joints, pour attendre le choc de la cavalerie victorieuse du comte d'Egmont, soutenue par les 30.000 hommes de pied du duc de Savoie et par 42 pièces de campagne.

Ils étaient 10.000 à peine, exténués par la chaleur, mais résistant si bien encore à 10 heures d'attente sous les armes après une marche de nuit que

1 Rabutin.

LA SAINT LAUUIiliNT (lO.ioùl 13o7). oio

leur fière attitude déconcerta les généraux ennemis : ils n'osèrent pas donner l'assaut dii\x deuxbataillons avant de les avoir entamés par la canonnade. Toute l'artillerie l'ut disposée en demicercle autour de ces braves soldats qui soutinrent le feu pendant (juatre heures, avant de mourir au lit de l'honneur.

Quand les carrés furent rompus et broyés par le canon, quand il ne resta que quelques hommes debout, les lanciers de Bourgogne, les carabins espagnols et les pistoliers de Brunswick se ruèrent à travers les morts et les mourants amoncelés «pour achever l'horrible carnage et boucherie. » '

' < Là furent tués : François de la Tour d'Auvergne, vicomte de Tu-

o16 FRANÇOIS DE GUISK.

« Ce piteux spectacle et très cruel sacrifice dura pour le moins 5 heures, car le soir venait quand les ennemis arrêtèrent leur poursuite à une lieue de La Fère ».

« Le connétable ', après avoir oftert sa vie pour remédier au désordre, fut enveloppé étant fort blessé à la hanche, et emmené prisonnier avec le maréchal de Saint-André % le Rhingrave, colonel des lansquenets, le prince Ludovic de Mantoue, les ducs de Montpensier et de Longueville, et tant d'autres \ illustres ou obscurs, dont les noms méritent d'être inscrits en lettres d'or en lieux apparents, pour servir d'exemple et de mémoire à la postérité \ »

Nevers et Condé rallièrent à La Fère le plus grand nombre des capitaines et des soldats qui avaient

renne (après avoir autant bien fait et combattu que les forces Imniaines le peuvent comporter), le fils de La Roche-du-Maine, les sieurs de Chandenier, de Guron de Goulaines, de Pleuvot, de Saint-Gelaiz. Le comte de Villars, fort blessé, fut longtemps en danger de mort. » (Rabutin.)

» • Anne de Montmorency, dit Voltaire, était un bomme intrépide k la cour comme dans les armées, plein de grandes vertus et de défauts, général malbeureux, esprit austère, difficile, opiniâtre, mais honnête homme et pensant avec grandeur. •

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