PHILIPPE II ET PAUL IV
Le 10 janvier 1556, Charles-Quint, « dont les forces, « brisées par les infirmités et les travaux, ne suffi- « saient plus, disait-il, à supporter le poids d'un si « vaste empire », donna l'Espagne, les Pays-Bas * et les Indes à son fils Philippe II, et offrit à son frère, Ferdinand P', la couronne impériale.
Le nouveau roi d'Espagne était pour la France un ennemi moins loyal et plus dangereux que son père : serviteur ambitieux et sanguinaire de l'Inquisition, il s'apprêtait à déchaîner sur notre pays les fu-
• Comprenant 17 provinces qui formaient avec la Franchc-Comt(5 le Cercle de Bourgogne ; de là l'expression de gendarmerie de Bourgogne, que l'on rencontre fréquemment dans les auteurs contemporains. 11 de ces provinces (Limbourg, Luxembourg, Zélande, Hollande, Flandre, Artois, Ilainaut, Brabant, comtés de Naniur, d'Anvers et de Malines) venaient de Charles le Téméraire; les G autres (Gucide, Zutphen, Over-Yssel^ Frise, Groninguc et Utreclil) étaient des acipiisilions de Charles-Quint.
492 FRANÇOIS DE GUISR.
reurs aveugles du fanatisme et à y fomenter la guerre civile.
Au moment de son abdication, Charles-Quint avait signé la trêve de Vaucelles ; mais Henri II la rompit à l'instigation du pape Paul IV, qui voulait délivrer l'Italie des barbares espagnols au moyen des Français, comme Jules II en avait chassé les barbares français au moyen des Espagnols.
François de Lorraine, duc de Guise, lieutenant- général représentant la personne du roi en toute l'Italie, hormis le Piémont, franchit le Pas de Suze, le 27 décembre 1SS6, pour conduire au secours du pape, menacé dans sa capitale par l'armée du duc d'Albe, 4.000 soldats français, 6.000 Suisses, oOO hommes d'armes, 600 chevau-légers et un grand nombre de gentilshommes volontaires. Rome n'était défendue que par les 1.200 routiers du maréchal Strozzi et du capitaine Montluc.
Le duc de Guise fit, à Turin, sa jonction avec le maréchal de Brissac ; tous deux allèrent mettre le siège devant Valence, qui se rendit sans coups de canon (20 janvier 1.d.^j7). Milan était mal gardé; et Brissac voulait l'enlever au passage; mais François de Lorraine avait des ambitions plus hautes : au lieu de conquérir la Lombardie pour Henri II, il voulait prendre et garder pour lui-même la couronne de Naples, dont il se prétendait l'héritier légitime. Il chargea Brissac d'entretenir en Piémont* la guerre de sièges
• « Le maréchal de Brissac prit Baldicliieri on traitant, et Clierasco