ALLIANCES AVEC L'ÉTRANGER
Il n'y a pas d'étude plus douloureuse pour un Français que celle de ces années de haine, d'assassinats et d'alliances imprudentes avec l'étranger.
Les mêmes hommes qui avaient reproché à Henri II d'avoir rendu, d'un trait de plume, au roi d'Espagne et à la reine d'Angleterre 200 villes, chèrement conquises, empruntèrent à ces souverains de l'argent et des soldats pour entretenir la guerre en France, et pour y amonceler les ruines, au profit de leur ambition ou de leurs vengeances.
Elisabeth demanda des gages aux protestants : ils lui livrèrent Dieppe et Le Havre, en lui promettant Calais; en revanche, les catholiques ouvrirent Rouen et Paris aux capitaines de Philippe II. Ces crimes contre la patrie furent commis ouvertement, au nom de la Religion. Des ambassadeurs anglais ou espagnols suivaient les armées rivales, dirigeaient les opérations, attisaient les haines et déchiraient les traités de paix ; ils avaient la mission de faire couler le sang français, et ils s'en acquittaient en conscience.
— « Puisque le roi d'Espagne trouve son compte et « son profit à entretenir les papistes de France comme c< son propre parti, écrivait l'ambassadeur d'Elisabeth, « il importe que la reine agisse de même pour les pro- « testants, et qu'elle en fasse son parti ! » '
Ainsi, c'est pour la querelle du roi d'Espagne et de la reine d'Angleterre que les Français ont combattu de 1562 à 1594.. Jamais peut-être, ils n'ont montré plus de courage, de persévérance et de qualités militaires.