‹ Les batailles d'autrefois (volume 2)Chapitre 124 sur 152 · V. Vallée (Musée de Munich · texte numérisé non relu

V. Vallée (Musée de Munich

à feu, dont on retrouve d'ingénieux modèles dans les

p. Vallée (Johnnum de Dresde).

Fig. 270,

musées d'Allemagne. L'Électeur Auguste de Saxe

1 « Au mois de décembre 1578, le Roy, considérant combien l'ordre

(1553-1586) consacra des sommes énormes aux progrès de l'armement; il encouragea les inventeurs \ mul-

tiplia les modèles et réunit 1.500

pièces d'artillerie dans l'arsenal de Munich, sans compter les hallebardes-escopettes et les épéespistolets. Lui-même portait à Tarde Saint-Michel était méprisé pour la multitude de gens de peu d'estime et de valeur qui y avaient été reçus, se délibéra d'établir en son royaume un nouvel ordre plus magnifique et plus relevé, sous le nom du Saint- Esprit, en souvenir de ce que, le jour de la Pentecôte, il avait été élu roi de Pologne et plus lard roi de France. Nul ne put y être admis sans avoir fait preuve de sa noblesse de 3 races au moins. » {Mémoires de Philippe Huraut de Cheverny, chancelier de France.) * M. Culmann, à Hanovre, possède une arquebuse à rouet de la fin du XVI° siècle, qui a une longue baïonnette à douille et à virole, dont la lame sert en môme temps de tire bourre. Le musée d'artillerie de Paris possède une arquebuse allemande à rouet du XYI« siècle, se chargeant par la culasse au moyen d'un tonnerre mobile, et une autre, dont le canon est coupé et qui se charge au moyen d'un dé mobile. « Un Normand nommé Chanlepe fut roué à Paris pour avoir fabriqué une boîte, dans laquelle étaient rangés 36 canons de pistolet, chargés chacun de 2 balles; un ressort était accomodé de façon qu'ouvrant la boîte, ce ressort lAchant faisait feu ; lequel feu, prenant à l'amorce à ce préparée, faisait à l'instant jouer les 36 canons. . {Registre-journal de Pierre de VEstoile.)

Fis. 271. *

ASSAUT dp: CAIIORS (i moi -ISgO). 665

çon de sa selle un marteau d'armes, dont le manche était une carabine '.

Au mois de mai 1S80, le Roi de Navarre sortit brusquement de la longue inaction que ses amis lui reprochaient, pour tenter contre Cahors un coup de main, qui transforma le roitelet^ tant raillé par les mignons de Henri III, en un capitaine entreprenant et redoutable. Voici le récit de Sully, qui, avant d'être un grand ministre patriote, fut sous le nom de Maximilien de Béthune, baron de Rosny, le lieutenant le plus aventureux et le compagnon le plus aimé du roi de Navarre.

ASSAUT DE CAIIORS (4 mai 1580).

« La ville est bonne, grande et environnée du Lot par trois cotés ; outre ses habitants bien armés, elle avait près de 2.000 hommes de pied et 100 hommes d'armes étrangers, sous un gouverneur des plus braves et qualifiés gentilshommes de la province, Guillaume Stuart de Vezins.

Le roi de Navarre, ayant passé par Montauban, Négrepelisse, Saint-Antonin, Cajarc et Senevières, arriva, vers minuit, à un quart de lieue de Cahors, dans un grand vallon planté de noyers, où il régla l'ordre, suivant lequel ses troupes devaient marcher, attaquer et combattre :

Le vicomte de Gourdon était en tète avec deux

' Celto pièce curieuse, (i('ssin(''e au rcrnandeum d'Inspruciv, par Madame P. Valli'e, est tout en ler ; elle a O^jTO de longueur.

pélardiers et 10 soldats des gardes, des plus dispos et fermes de courage ;

Saint-Martin, capitaine des gardes, le suivait avec 20 corselets et 30 arquebusiers ;

La troisième troupe, sous M. de Roquelaure, se composait des 40 gentilshommes les plus déterminés de la cour de Navarre et de 60 soldats des gardes à pied ;

Le Roy venait ensuite à la tête de 200 hommes d'armes, en quatre escadres, et de 6 compagnies d'arquebusiers.

Il fallut rompre trois portes avec le pétard, puis agrandir les ouvertures à coups de hache ; encore les corselets n'y purent-ils passer qu'à quatre pattes. Au bruit des pétards, une partie de la garnison accourut jambes nues, et notre avant-garde eut à combattre 200 arquebusiers et 40 hommes bien armés, portant hallebardes et pistolets. Les cloches de Cahors sonnaient l'alarme à toute volée.

Aux cris des combattants :

« Charge ! charge ! Tue ! tue ! »

Se mêlaient le bruit des arquebusades et le cliquetis des armes; les tuiles, les pierres, les tisons et les pièces de bois pleuvaient du haut des maisons.

Les combattants se colletèrent main à main pendant un grand quart d'heure ; il se fit ensuite une douzaine de semblables mêlées, où le Roy rompit deux hallebardes et eut ses armes faussées en vingt endroits.

Pendant cinq jours et cinq nuits il n'y eut canton, place ou maison de pierre, que ceux de la ville ne défendissent obstinément. Le Roy, vu le petit nombre de

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ses gens et le grand circuit de la ville, ne pouvait pas mettre partout les gardes nécessaires; ses Navarrais étaient las, altérés, affamés, travaillés de sommeil, n'ayant bu qu'un coup ou mangé qu'un morceau par ci par là en combattant. Ils n'avaient dormi que debout, la cuirasse appuj^éo sur quelque étau de boutique; car tout eût été perdu s'ils fussent entrés dans les maisons et si, dès le commencement, ils se fussent amusés au pillage.

Les gens deCahors, qui tenaient encore le quartier de la Barre, avaient fait à la muraille un trou, par lequel ils recevaient tous les jours des vivres et des renforts.

Les serviteurs du Roy les plus sages et considératifs lui conseillaient de rassembler le plus grand nombre de ses gens, de monter à cheval et d'abandonner la ville; nous avions tous les pieds si écorchés et si sanglants que nous ne pouvions plus nous soutenir. Mais lui, avec un visage souriant qui résolvait les cœurs les plus effrayés, ne faisait qu'une seule réponse :

— « Il y va de mon honneur et je ne sortirai d'ici « que mort. Qu'on ne me parle plus de rien, sinon do « combattre, de vaincre ou de mourir ! »

Les choses en étaient à cette extrémité, quand M. do Choupes, survenant avec 100 hommes bien armés et GOO arquebusiers, donna l'assaut au quartier de la Barre tant au dehors qu'au dedans de la ville, de concert avec les moins las et les moins blessés du Roy de Navarre. Il prit le collège qui tenait encore, et garnit de défenseurs toutes les courtines, tours et postes de l'en-

ceinte. La ville fut alors entièrement conquise, et les vainqueurs ne s'épargnèrent pas au pillage ».

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