‹ Les batailles d'autrefois (volume 2)Chapitre 27 sur 152 · MADAME DE BEAUJEU · texte numérisé non relu

MADAME DE BEAUJEU

Quand Louis XI mourut, le 30 août 1483, sa fille Anne de France se servit de la belle armée qu'il avait formée, pour faire respecter par Maximilien d'Autriche et par les grands vassaux la jeune royauté de Charles Ylir.

* Charles VIII avait 13 ans: il était donc majeur aux termes de la loi. Mais cet enfant « maladif et de pauvre intelligence », livré aux ambi-r tiens féodales, aurait compromis l'œuvre de son père, si la dame de Beaujeu, aussi ferme, aussi prudente et plus habile encore que Louis XI, no s'était emparée du pouvoir pour continuer la politique d'unité nationale du règne précédent.

Maximilien, devenu roi des Romains', avait envahi l'Artois, au printemps de 1486, et s'était emparé de Thérouanne et de Lens.

La vigoureuse résistance des bandes de Picardie et l'habileté de leurs chefs, les maréchaux d'Esquerdes et de Gié, donnèrent le temps à Madame de Beaujeu de soulever les Flandres contre leur souverain allemand ^ A la faveur de cette diversion, d'Esquerdes s'empara de Saint-Omer (27 mai 1487) et reprit Thérouanne.

Restait la coalition féodale ^

En 1488, la Bretagne, qui se prétendait indépendante\ donna le signal d'une nouvelle Guerre du bien public.

^ C'est-à-dire héritier présomptif de l'empire germanique.

2 Maximilien, lait prisonnier par les bourgeois de Bruges (5 février 1488), ne tut délivré que par l'intervention du pape Innocent VIII et par la réunion d'une grande armée impériale qui, comme celle de Neuss, se dispersa après une courte et inutile campagne (novembre 1488).

3 Un traité secret avait été signé, le 13 décembre 1486, entre le roi des Romains, les ducs d'Orléans, de Bretagne, de Bourbon, le roi de Navarre Jean d'Albret, la reine de Navarre Catherine de Foix, le duc de Lorraine, les comtes d'Angoulême, de Nevers, de Dunois (fils du défenseur d'Orléans), le prince d'Orange, neveu du duc de Bretagne, le sire Alain d'Albret, père du roi de Navarre, et les principaux seigneurs du Royaume, dans le but • de faire entretenir les ordonnances des Trois-Etats, violées par l'ambition et la convoitise de ceux qui entouraient le roi et qui avaient débouté d'auprès de lui les princes et seigneurs de son sang, pour émettre la guerre entre lui et le roi des Romains. »

■♦ « Les rois, princes et ducs de Bretagne n'ont jamais reconnu, créateur, instituteur ni souverain fors Dieu tout-puissant. » {Édit du duc François II, en septembre 1483).

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