MADAME DE BEAUJEU
L'artillerie royale, habilement dirigée par le chevalier Jacques Galiot de Genoilhac, réduisit, l'une après l'autre, les places fortes ' du duc François, et, le 27 juillet, la victoire de Saint-Aubin-du-Cormier livra d'un seul coup à la Régente tous les chefs de la rébellion ^
Dans cette campagne, que les contemporains ont appelée la Guerre folle^ les Suisses combattirent pour la première fois sous les enseignes françaises et le chef de l'armée royale, Louis de la Trémoïlle, inaugura par d'heureuses dispositions tactiques la belle carrière qu'il devait parcourir.
1 Chateaubriand, Ancenis, Fougères.
2 « L'armée royale commença à marcher en francisque fureur, sans désordre, contre les ennemis qu'elle rencontra près d'une petite futaie voisine du village d'Orange. L'artillerie fut tirée de part et d'autre et elle endommagea fort les deux armées. L'avant-garde des Français donna sur l'avant garde des Bretons, qui soutinrent assez bien le choc; puis, les Français marchèrent contre la bataille des Bretons, dont les gens de cheval reculèrent. Ainsi tit leur arrière-garde : ils se prirent à fuir, et, après eux, leur avant-garde. En voyant ce désordre, les Français, que conduisait le seigneur de la Trémoïlle, avec lequel était messire Jacques Galiot, hardi et vaillant chevalier, chargèrent sur les adversaires.
* Ils occirent tous les gens de pied qu'ils trouvèrent devant eux et, entre autres, ceux qui avaient la croix rouge, les prenant pour des Anglais.
« Le duc d'Orléans et le prince d'Orange, qui étaient entre les gens de pied allemands, furent pris et amenés prisonniers à Saint- Aubin. Le maréchal de Rieux se sauva comme il put vers Dinan. Les seigneurs de Léon, de Pont-l'Abbé, de Montfort et plusieurs nobles de Bretagne y furent occis, avec 6.000 autres gens de toute sorte.
« Les Français perdirent environ douze cents hommes et, entre autres, messire Jacques Galiot, ce qui fut gros dommage, car c'était un chevalier et capitaine aussi prudent en guerre et aussi plein de cœur et hardiesse qu'on eût pu trouver. » {Chronique de Jean de Troyes).
A Saint-Aubin, pendant qu'il attaquait avec son infanterie le corps de bataille des rebelles, il envoya 100 lances d'élite prendre les Bretons en queue. Ce mouvement décida du succès de la journée.