L'ITALIE EN
Comme la Grèce antique, l'Italie était partagée en petits états rivaux*, riches et corrompus, qui cachaient
anglais, allemands ou espagnols que Maximilien avait donnés pour défenseurs à la riche héritière dont il convoitait la main , de sages conseillers préparaient les fiançailles d'Anne de Bretagne avec Charles VIII. Le mariage, célébré au château de Langeais, le 16 décembre 1491, mit tin à cette longue querelle féodale. Grâce à Madame de Beaujeu, la Bretagne devenait française : ce fut le dernier et le plus éclatant service rendu à la France par la digne fille de Louis XL
1 C'est le harnachement qu'on voit aux chevaux d'armes dans les basreliefs des belles portes de bronze de l'arc de triomphe d'Alphonse le Magnanime, au château de Naples.
Ces bas reliefs, représentant les victoires du roi Ferdinand F' (d'Aragon), ont été moulés, en 1470, par Guglielmo Monaco. L'artillerie y est représentée par de grossières bombardes encastrées dans des augets de bois (comme celle que nous avons représentée dans notre 1" volume, fig. 118, p. 423j. Les piétons ont l'épée au côté, un grand bouclier en forme d'écu au bras gauche et la pique à la main ; quelques-uns ont des arbalètes. Des piquiers, marchant à l'assaut d'une brèchej sont couverts par leurs boucliers et forment la tortue.
■2 Six Etats principaux : le Piémont, le duché de Milan, les républi^
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mal leur décadence sous les merveilles des lettres et
des arts.
On faisait souvent la guerre eu Italie, mais on s'y battait rarement.
Pour vider les querelles de voisinage, il y avait des batailleurs à gages, des co7idottiéri, qui escarmouchaient entre eux à grand fracas, sans se faire de mal, et qui gagnaient, à tour de rôle, de chaudes journées où personne
n'était blessé. D'après Jules Devaux.
Fig. 139.
c< C'est un signe fatal pour un peuple que la perte des vertus militaires, et les descendants des anciens Romains tremblaient devant une épée ' . »
L'Italie était une proie magnifique qui paraissait facile à saisir; Charles VIII le tenta \
ques de Venise et de Florence, les États du Saint-Siège et le royaume de Naples.
Le Piémont était gouverné par Blanclie de Montterrat, mère du duc de Savoie Charles'Jean-Amédée, Agé de 6 ans ; à Milan, le régent Ludovic Sforza, dit le More, gouvernait au nom de son neveu Jcan-Galeas- Marie qu'il avait relégué à Pavie. Le doge de Venise Augustin Barba-= rigo était soumis à la volonté souveraine du conseil des Dix ; à Flo^ rence, Pierre H de Médicis; ;i Rome, Alexandre VI Borgia; à Naples, Alphonse II d'Aragon.
' Duruy, Histoire de Pvance, tome 1". Paris, Ilachetlc, 1866.
2 « Charles VIII avait envoyé Pierre d'Urfé, son grand écuyer, à
Il ne voulut pas entendre les sages remontrances de Madame de Beaujeu, qui songeait à diriger vers les Flandres l'activité conquérante de la noblesse française, longtemps comprimée par la main de fer de Louis XL
Ce fut en vain que le vieux maréchal d'Esc^uerdes essaya de démontrer « que la grandeur et le repos du c< roj^aume dépendaient de la possession des Pays-Bas ; « que c'était de ce côté qu'il fallait porter tous les « efforts des armes françaises, plutôt que contre un « état dont la possession, loin de nous être avanta- « geuse, ne pourrait que nous affaiblir. »
Le jeune roi avait résolu de revendiquer, l'épée à la main, ses droits sur le royaume de Naples ' et de renouveler, au delà des monts, les fabuleuses prouesses de Charlemagne et de ses paladins.
De Naples, il voulait passer en Grèce. Il rêvait de chasser les Ottomans de Constantinople et de reconstituer, pour la garde du saint Sépulcre, le royaume chrétien de Jérusalem ^
Gênes pour y faire équiper une nombreuse ttotle de galères et de vaisseaux de transport. On préparait encore, par son ordre, d'autres bâtiments dans les ports de Yillefranche et de 3Iarseille. Ces divers armements firent croire que le roi se rendrait par mer dans le royaume de Naples. • (Guicciardini).
* Charles d'Anjou, comte du Maine, héritier des droits de sa maison sur le royaume des Deux-Siciles, était mort sans postérité, au mois de décembre 1481, en désignant pour son héritier le Roi très-chrétien.
Louis XI avait occupé sans retard la Provence et le comté du Maine, mais il avait « envoyé cm diable » la souveraineté de Naples, comme il avait fait déjà pour la seigneurie de Gênes.
2 « Le roi se propose de faire valoir, par les armes, ses droits évi-