LE RETOUR DE CHARLES VHL
Pendant que Charles VIII rêvait, dans son palais de Naples, à la conquête de Constantinople, les Vénitiens, le duc de Milan et le roi d'Espagne armaient une grosse flotte et réunissaient une armée de 34.000 chevaux et de 20.000 fantassins, pour chasser de l'Italie les Français endormis dans les délices.
Le danger était grand : l'émule de Charlemagne n'attendit pas l'attaque de la coalition.
« Il ordonna, sous le commandement de Gilbert de Montpensier, SOO hommes d'armes français, 2.500 Suisses et quelque peu de gens de pied français pour la garde du royaume de Naples*, et, avec le reste, il déli-
' « On laissa dans le royaume de Naples pauvre provision, plus en chefs qu'en nombre de soldats. Pour chef y demeura monseigneur de Montpensier, de la maison de Bourbon, bon chevalier et hardy, mais peu sage : il ne se levait qu'il fût midi. En Galabre, le roi laissa monseigneur d'Aubigny, de la nation d'Ecosse, bon chevalier et sage^ bon
il ^2 LA CONQUÊTE DE NAPLES (U9i-93).
béra de s'en retourner en France par le chemin qu'il était venu. »
Charles VIII quitta Naples, le 20 mai 1495, emmenant 1.000 lances françaises, 300 lances italiennes, 3.000 Suisses, 2.000 Bretons ou Gascons et 42 bouches à feu, dont 14 grosses, qui seules offrirent de grandes difficultés pour le passage.
L'armée marchait sur trois colonnes : avant-garde, corps de bataille et arrière-garde, suivant l'habitude.