‹ Les batailles d'autrefois (volume 2)Chapitre 50 sur 152 · POINTE DE CAVALERIE DE BELLINZONA A NOVARE · texte numérisé non relu

POINTE DE CAVALERIE DE BELLINZONA A NOVARE

Pendant que Bayard galopait sur la route de Milan, le comte de Ligny, son capitaine, et Jean-Jacques Trivulce s'étaient repliés sur Novare.

Pour les rejoindre, le capitaine Louis d'Ars, détaché à Bellinzona avec 40 hommes d'armes et 80 archers à cheval, traversa toute l'armée ennemie et fit plus do 130 kilomètres en deux jours et deux nuits, sans perdre un seul de ces cavaliers.

Voici, d'après la Chronique de Jean cl Anton comment s'accomplit cette pointe hardie, que nous citons comme un exemple bon à retenir et à méditer.

1 Les « rustres à ined », en revanche, jouaient aux dés leurs prisonniers. Un homme d'armes écossais, pris par les Espagnols à Seminara, étant tombé à la merci de plusieurs gagnants, ceux-ci se disputè-rent le malheureux, et finirent par le dépecer à coups de rapière; de sorte que chacun prit sa jnèce et l'emporta toute sanglante. {Manuscrit inédit de Jean d'Auton, cité par Paul Lacroix.) >ïjj^m

« Après avoir ravitaillé le château de Bellinzona que tenaient ses laquais % et fait plusieurs courses et escarmouches sur les Allemands et les Suisses, qui venaient au secours du seigneur Ludovic, le capitaine Louis d'Ars, voyant qu'il était l'heure de se retirer, ainsi qu'il lui était mandé, prit, le jour de Notre-Dame de la Chandeleur, le chemin de Côme, croyant trouver le comte de Ligny dans cette ville.

« Il avait envoyé la veille 20 archers à cheval en avant, pour prendre le logis.

« A 4 milles de Côme, ces archers apprirent que le comte de Ligny était parti dans la direction de Milan, où venaient d'entrer le seigneur Ludovic et son frère le cardinal Ascanio Sforza.

« Ils tournèrent bride aussitôt pour rejoindre le quartier de leur capitaine ; mais ils s'égarèrent et, faute d'un guide, ils ne surent pas le retrouver. Alors, fort soucieux et n'en ayant d'autres nouvelles, ils pensèrent que messire Louis d'Ars avait appris la venue du seigneur Ludovic, et qu'il s'était retiré sur Milan.

« Us prirent, en conséquence, le chemin de cette ville, et restèrent à cheval toute la journée, entourés et suivis par une grosse troupe de Lombards. Ils en tuèrent plusieurs, et passèrent leur chemin malgré eux.

« Ces archers firent, ce jour-là, SO milles sans repaître, et ils en furent, à la fin, si malmenés que la plupart perdirent leurs chevaux.

1 C'est-à-dire les gens de pied de la suite des hommes d'armes.

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