POINTE DE CAVALERIE DE BELLINZO.XA A NOVARE
« Les vilains en armes leur interdisant l'entrée des villes et des villages, ils durent tenir les champs et les bois pendant trois ou quatre jours, et ils y trouvèrent peu de provisions; d'autant que le pays était tout entier pour le seigneur Ludovic, et qu'ils ne pouvaient cheminer que la nuit.
« Pensant que Milan était, comme le reste de la Lombardie, au pouvoir de l'ennemi, les 20 archers se dirigèrent sur Novare, en habits déguisés. Ils y arrivèrent tous, l'un après l'autre, lassés et fatigués, quatre ou cinq jours après Notre-Dame de la Chandeleur.
« Louis d'Ars n'avait su que penser du retard de ses archers d'avant-garde, sinon qu'ils s'étaient égarés ou qu'ils étaient tombés dans quelque embûche des Lombards. Il se hâta donc de marcher pour en avoir des nouvelles ; mais il ne sut plus rien d'eux.
« En tirant sur Côme, il fut averti du départ du comte de Ligny et de la venue des ennemis.
« C'était l'heure de vêpres * et le moment de chercher logis. Toutefois, le séjour ne lui paraissant pas sain, il fit prendre à ses gens une légère repue, et il remonta à cheval pour se diriger sur Milan.
« Toute cette nuit et le lendemain jusqu'au soir, il fut en butte, à toutes mains, aux courses et saillies que faisaient les Lombards. Mais le bon capitaine tenait ses
' Trois heures.
gens en tel ordre et il conduisait son affaire si à point, que les ennemis étaient toujours reboutés et les siens dégagés ; en sorte que sa troupe ne fut pas amoindrie d'un seul cavalier.
« A huit milles de Milan, Louis d'Ars apprit par des vilains que la ville s'était rebellée, que le comte de Ligny et le seigneur Jean-Jacques Trivulce avaient pris les champs pour se retirer vers Novare.
« C'était donc quatre milles de plus que les Français avaient à rebrousser pour regagner le droit chemin de Novare. Le capitaine et ses gens passèrent à cheval, sans désemparer, toute cette journée du 3 février.
« La voie était toute remplie de Lombards en armes, qui, au passage, donnaient aux Français coups et horions à tour de bras et leur faisaient le comble du pis qu'ils pouvaient.
« Mais, semblables à ceux qui tombent dans la fosse qu'ils ont préparée pour la mort d'autrui, ces Lombards furent assommés et défaits dans leurs propres embûches ou détroits.
« Je ne saurais faire le compte de ceux qui y périrent, mais les chemins, haies ou buissons, par où Louis d'Ars avait passé, étaient tellement couverts de Lombards et d'autres soudards du il/ore, aplatis et étendus, qu'on eût pu dire que guerre affamée avait fait là sa repue.
« Les Français, marchant toujours vers Novare, s'arrêtèrent, à l'heure de vêpres, en la bourgade de Bufifa-