L'ARMÉE DE BOURGOGNE
Le duc Charles «était doué de cet esprit de détail qui perfectionne le mécanisme des armées ^ >■>
nous, ni par les noires, porter, prêlcr ni accorder secours, faveur ou conseil audit duc de Bourgogne.
• Pareillement, si monseigneur de Bourgogne voulait faire la guerre contre nos confédérc^s les seigneurs de la Ligue, ou nous à lui, le roi ne devrait prêter, porter ni accorder secours, faveur ou conseil au duc de Bourgogne. » De Barante, Histoire des ducs de Bourgogne de la maison de Valois. Paris, Delloye, 1839.
1 En 1466, Liège, Dinant et Gand s'étant soulevés contre les Bourguignons, Charles avait brûlé Dinant et ordonné le pillage des deux autres villes. Pendant la malencontreuse entrevue de Péronne (octobre 1468), Liège se révolta de nouveau, au cri de « Vive la France ! » Charles conduisit Louis XI au siège de Liège et la prit avec son concours. Après huit jours de massacre, le duc ordonna qu'on br(ilàt et qu'on démolît toute la ville , à l'exception des églises et des maisons religieuses.
En 1472, il avait commencé sa nouvelle campagne contre Louis XI, en faisant égorger les détenseurs et la population de la petite ville française de Nesles. Entré à cheval dans l'église, il avait dit en foulant les cadavres amoncelés :
— « J'ai de bons bouchers avec moi, et voilà une belle vue ! » Beauvais aurait eu le sort de Nesles, sans le dévouement de ses bourgeois et l'héroïsme de Jeanne Hachette.
2 Prince N.-L. Bonaparte, Éludes sur Je passé et l'avenir de l' artillerie. Tome V.
Il organisa, en 1471, à l'exemple de son suzerain le roi de France, des compagnies d'ordonnance de 100 lances, recrutées en Bourgogne, dans les Flandres, en Savoie et en Italie*.
Chaque lance comprenait 9 combattants : 3 cavaliers :
L'homme d'armes et son page ;
Le coustilier ;
Et 6 piétons ;
3 archers ou cranequiniers (armés de l'arbalète à cric ") ;
Un coulevrinier, un arbalétrier et un piquenaire.
Le duc voulait, selon les leçons d'Arioviste et de César, exercer ces 900 hommes diversement armés à combattre ensemble et à se prêter un mutuel secours.
Après plusieurs modiflcations successives, il sépara dans les compagnies de son ordonnance l'infanterie de la cavalerie.
Les compagnies italiennes restèrent seules composées des deux armes ^ Des piétons mercenaires furent
* « Le duc prit à son service le comte de Campo-Basso et le capitaine Galeotto, amenés depuis longtemps déjà en Catalogne et en Lorraine par les princes de la maison d'Anjou, et qui passaient pour d'habiles capitaines. Il les paya richement, et ils recrutèrent leurs compagnies avec des aventuriers venus d'Italie. Campo-Basso reçut même de fortes avances pour aller en chercher dans le pays. Les Lombards commencèrent à figurer dans l'armée de Bourgogne au nombre des plus vaillants soldats, et ils furent particulièrement favorisés du duc, qui metlait en eux d'autant plus de confiance qu'ils étaient étrangers. » De Barante.
2 Tome 1°', page o23.
s « Claude de Neufchàtel, seigneur de Fay et de Grancey, lieutenant