‹ Les batailles d'autrefois (volume 2)Chapitre 77 sur 152 · II · texte numérisé non relu

II

La France, partagée depuis lo21 en quatre gouvernements militaires \ pouvait faire face de tous côtés à l'invasion ; mais elle n'avait plus d'autre adversaire que Charles-Quint. Le traître Bourbon avait été arquebuse à l'assaut de Rome (6 mai iS27), au moment même où ses aventuriers lui taillaient en Italie le

F. Weiss.

Fi". 204.

royaume qu'il n'avait pas su trouver en Provence ; le roi d'Angleterre, Henri VIII, était devenu notre allié, et l'Italie, terrifiée par le sac de la Ville éternelle ou lassée de l'insolence des garnisons espagnoles, appelait de nouveau les Français à son secours.

Cliampagne, Picardie, Guyenne et Milanais.

LE TROISIEME VOYAGE DE NAI'LES (I5i7). 339

Au mois d'août 1527, le maréchal de Lautrec entra dans le Milanais avec 900 lances, 8.000 lansquenets conduits par Louis de Lorraine, comte de Vaudemont, 3.000 Suisses des vieilles bandes, formées par le marquis de Saluées et commandées par Claude de Savoie, comte de Tende, 4.000 Gascons levés par Pedro Navarre', et 3.000 hommes de pied français, dont le seigneur de Burie était colonel. Le capitaine gascon de Montdragon avait charge de 24 bouches à feu : 12 canons, 6 bâtardes et 6 moyennes.

Pendant que Laatrec s'emparait d'Alexandrie et de Pavie, sans oser attaquer Milan, défendu par Antonio de Leyva, la domination de François P'' était rétablie à Gènes par Théodore Trivulce et André Doria ^

Comme en 1495, les Italiens acclamaient l'armée française et s'enrôlaient sous ses enseignes, toutes les villes ouvraient leurs portes ; l'expédition de Lautrec

' Pour faire le service d'infanterie de marine :

Le comte Pétre de Navarre

Du roi a la commission

De mener sur la mer grant guerre

Et amasser des compaignons.

Le tour qu'il nous fit n'est pas bon,

Car nous sommes très-mal nourris;

Pour l'amour du Roy l'endurons,

Puisque foy lui avons promis!

(Leroux de Lincy, Chants historiques français.)

"^ André Doria, que les Génois ont appelé le Père de la patrie, était un condottiere de la mer qui servit , tour à tour, le pape , le roi de Naples, François I« et Charles-Quint. . Tant qu'il servit la France, dit Brantôme, le roi était maître de la mer aussi bien que l'Empereur le fut après lui; voire mieux, car, qui n'est seigneur de Gènes et maiire

ressemblait à la marche triomphale de Charles VIII . François P' promit au maréchal des renforts et de l'argent, et lui ordonna de pousser jusqu'à Naples, où le vice-roi Hugues de Moncade et le marquis del Guasto n'avaient que 8.000 Espagnols à lui opposer.

F. Weiss.

Fis. 205.

Les bandes allemandes et wallonnes de Bourbon auraient pu entraver la marche de Lautrec; mais elles étaient épuisées par leurs excès et décimées par la

de la mer, ne peut guère bien dormir en Italie. Si l'on n'eût mécontenté ce grand capitaine, les belles conquêtes et victoires qu'il a faites et gagnées pour l'Empereur eussent été pour nous; mais nous ne savons pas gagner les hommes, ni les entretenir quand nous les avons. »

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