‹ Les batailles d'autrefois (volume 2)Chapitre 87 sur 152 · CAMP LÉGIONNAIRE · texte numérisé non relu

CAMP LÉGIONNAIRE

au milieu de la place, entourée par les tentes des huit chambres ; il y aura une ruelle de six pas entre chaque rectangle. Les fourriers traceront ces emplacements avec des cordes, sans creuser fossés ni autre chose. On fera bien d'entourer le quartier d'une petite tranchée, comme si l'ennemi était proche.

« Chaque quartier de cavalerie {A ou G H) sera occupé par une bande et divisé en quatre petits carrés, de 100 pas de côté, par deux rues en croix de 40 pas chacune ; le capitaine logera au milieu avec le maréchal des logis, les fourriers et les trompettes.

« Les hommes d'armes occuperont deux des petits carrés opposés, et la cavalerie légère les deux autres ; les chevau-légers au levant, les estradiots et les arquebusiers à l'occident. Les petits carrés seront partagés en cinq rectangles ', logeant chacun une décurie d'hommes d'armes ou deux décuries de cavaliers légers.

« Le lieutenant et l'enseigne logeront avec les hommes d'armes, le guidon avec les chevau-légers, et les deux conducteurs avec leurs estradiots et leurs arquebusiers.

« Les valets creuseront autour des quartiers une petite tranchée, qui permettra à la cavalerie de reposer plus sûrement et qui empêchera les larrons de dérober les chevaux, comme cela arrive si souvent, quand

' « Chacune de ces 5 places sera assez spacieuse pour loger iÛO clievaux et plus; on y établira, en outre, 10 grandes tentes si les hommes d'armes veulent avoir chacun la leur ; les autres cavaliers logeront par deux, u

les gens de pied logent près des gens de cheval.

« Entre les quartiers et le grand fossé du camp, on ménagera des espaces de 60 pas de largeur, destinés au rassemblement des bandes pour les inspections, les prises d'armes et les exercices.

« La rue du milieu [Nord-Sud) sera réservée aux marchands, artisans et vivandiers qui suivent la légion.

« Le camp n'aura qu'une porte au levant ; mais, à chaque extrémité, on construira un ravelin pour la défense du fossé.

« Le camp d'une armée de quatre légions sera établi d'après la même méthode; ce sera un grand carré divisé en carrés partiels d'une légion chacun*.

' « Les deux principales considérations du général, en posant son camp, sont de l'asseoir en lieu sain et en telle part que les ennemis ne le puissent assiéger ni lui clore le chemin des vivres et de l'eau.

• 11 faut que les soldats dorment à couvert sous tentes ou feuillées, et en lieu qui ait foison d'arbres, donnant ombre en été et servant pour cuire la viande.

• Il y aura exercice une fois par jour; l'exercice durera jusqu'à la sueur.

« Il faut toujours avoir en son camp une provision d'un mois de vivres, à raison d'un pain par homme et par jour, et ne pas la laisser consommer sans savoir où prendre de quoi la remplacer. Il faudra punir très aprement quiconque fera outrage au plus petit vivandier. Les chevaux pourront vivre, au jour la journée, d'avoino ou d'orge, pourvu que le foin, la paille ou l'herbe ne leur manquent pas.

« Les heures des repas devront être réglées; les vivres en seront mieux épargnés, et les gens, vivant plus sobrement, seront plus paisibles, vigilants et sains qu'en mangeant et buvant toute la journée comme nous faisons, ce qui est la cause des querelles particulières, des noises et séditions qu'on voit d'ordinaire régner dans un camp français. » {Discipline militaire.)

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« Lg sei'vice de sûreté sera assuré par l'établissement du gitct de jî?a.(\ qui se gardera des surprises aussi soigneusement qu'en temps de guerre.

Au point du jour, on fera la découverte des lieux qui avoisinent le camp, comme si on se doutait de quelque embûche.

' •< Le guel est dit à la française, quand on dort tout son soûl, avec confiance d'être réveillé à temps ])ar les escoules. Les soldais qui font ce guet ne s'entendent qu'à jouer, à ivrogner et à dormir.

« Dans un camp de 4 légions, il faut, pour le guet ordinaire de nuit, que le général députe un tiers de ses enseignes d'infanterie, afin que les soldats aient deux nuits franches ; l'une de ces enseignes fera le guet autour du quartier du général; une autre aura la garde des poudres; deux autres seront sur la place du marché; le maître de l'artillerie fera faire le guet par ses charretons, artisans et pionniers.

« Chaque légion fournira une bande qui sera de piquet au quartier du général, pour obvier aux scandales, aux excès et larcins, qui se oommeltent plutôt la nuit qu'on plein jour.

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