‹ Les batailles d'autrefois (volume 2)Chapitre 88 sur 152 · FORMATIONS EN BATAILLE · texte numérisé non relu

FORMATIONS EN BATAILLE

Pour la formation en bataille de sa légion mixte, Du Bellay-Langey mélange « les façons des phalanges grecques, des légions romaines et des gens de guerre modernes ».

Le bataillon [ABCD) est une phalange, composée de dix bandes d'infanterie placées, à distance de 25 pas, sur trois lignes, qui correspondent aux hastaires, aux princes et aux triaires de la légion romaine (Fig. 2\h).

Les arquebusiers et les piquiers ou hallebardiers, chargés de la défense des flancs, sont mis à part ; il reste dans chaque bande du bataillon 20 rangs de 21 files (16 rangs de piquiers, au centre desquels 4 rangs de hallebardiers gardent l'enseigne).

La première ligne est formée de cinq bandes; les hommes y disposant de deux pas dans tous les sens, chaque bande est un rectangle de 42 pas de largeur et de 60 de profondeur.

La deuxième ligne n'a que trois bandes ; les hommes y occupent un espace double.

« Trois bandes par légion feront le guet tout le long du rempart, dans l'espace vide qui longe le quartier des troupes.

« Le plus fort du guet se fera aux portes et aux quatre coins du camp ; un quart du guet veillera à son tour, de sorte qu'on le divisera en quatre veilles, qui seront signalées par la trompette du général. Les colonels veilleront à tour de rôle.

« Quant aux gens de cheval, ils feront l'office de revisiter, et seront compartis à 5 nuits de ronde.

« Quelques gens de cheval se tiendront !e long des chemins autour du camp, pour aviser qui va et vient, qui entre au camp et qui en sort. » {Discipline militaire.)

FORMATIONS EN BATAILLE (iS3o). 379

Dans les deux bandes de la troisième ligne, les solsoldats prennent un espace triple. « Par ce, toutes les bandes ensemble tiennent 230 pas de large et 320 pas, depuis le premier rang du bataillon jusqu'au dernier. »

Deux files de piquiers d'élite {HH') sont disposées à droite et à gauche, à cinq pas du bataillon, pour armer ses flancs.

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D'après Du Bellay -Lange y.

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Fis. 214.

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Deux flles d'arquebusiers {RR) sont placées parallèlement à ces piquiers.

Les deux bandes d'enfants perdus {E) se composent de seize rangs d'arquebusiers et de quatre rangs de piquiers sur 16 files; l'enseigne est au 18* rang, au milieu des piquiers.

Les deux bandes de cavalerie sont échelonnées sur les flancs de l'infanterie.

A côté des enfants perclus, les 100 hommes d'armes, sur 10 de front, sont couverts extérieurement parles 100 chevau-légers dans le même ordre, « tellement que tous ensemble font un front de 20 cavaliers ». Le capitaine (A') est en avant des hommes d'armes, le lieutenant {L), en avant des chevau-légers.

Les estradiots et les arquebusiers à cheval sont formés en avant et cà 25 pas de distance de rescadron de cavalerie lourde.

Le colonel se tient, à son gré, au coin droit ou gauche du bataillon (en B ou en A). Il a avec lui le sergentmajor, une escadre d'escorte et quelques hommes élus ' , sachant exécuter sagement une commission d'importance. Son trompette et son tambourin-major sont toujours prêts à faire entendre sa volonté.

Fifr. 21.5

L'artillerie doit être mise sur le front; à moins que

' « Dans les manœuvres, comme dans une action réelle, la transmission sûre et rapide des ordres est de la plus haute importance. Le chef de bataillon se sert à cet ctïet de l'adjudant-major et de l'adjudant. Il peut en outre être mis à sa disposition un ou deux hommes par compagnie. » [lièijlemenl français du 12 juin 187o sur les manœuvres de l'infanterie, titre IV, n" 99.)

FORMATIONS KN 15ATAILLK (1335). 381

la configuration du terrain no soit telle qu'on puisse la placer sur les lianes ou ailleurs, en un lieu sûr où l'ennemi ne l'approchera pas facilement'.

« Le bagage sera établi en un lieu fort par nature ou par art, sous la garde des valets d'armée, qu'on devra choisir de telle sorte qu'ils puissent, au besoin, servir de soldats.

« Quand la formation en bataille sera prise, le colonel donnera successivement le signal de la marche, du trot, du combat. Il exercera la première ligne {hastaires) ti se retirer dans les rangs de la seconde (princes), et les deux premières lignes ainsi confondues à se rallier à la troisième (triaires) ; le tout, sans se mettre en désordre et sans se rompre ; les piquiers des flancs se retireront en même temps que les bandes qu'ils couvrent, et doubleront les files qui restent.

« Pour faire converser le bataillon k droite ou à gauche (A' B, hg. 214), le com droit ou gauche s'arrêtera, et les bandes qui les joignent s'avanceront assez lentement pour que celles du coin opposé ne soient pas forcées de courir ; autrement tout se confondrait.

« Les enfants perdus, piquiers ou arquebusiers, commenceront l'escarmouche, en se mêlant à la gendarmerie. Leur office sera de combattre sans tenir ferme, et de courir çà et là, soit qu'ils chassent les ennemis,

' « Il faut faire retirer l'arlillcrie derrière les bataillons, après qu'elle a ré une lois, afin que les bandes aient le passage droit et ouvert. ■<

soit qu'ils en soient chassés*. Leurs piquiers serviront beaucoup, car ils soutiendront les arquebusiers et pourront montrer visage aux gens achevai ou à pied; ils auront à poursuivre les fuyards, et à forcer l'ennemi, quand ils le verront chanceler.

« Si le colonel fait sonner la retraite, chaque enseigne recueillera ses gens et se remettra en simple ordonnance pour rentrer au camp. »

Les règles données pour la formation en bataille de la légion s'appliquaient à une armée ^ On formait trois bataillons d'infanterie, représentant l' avant-garde, la bataille et l'arrière-garde ; la cavalerie aux ailes, l'artillerie ' sur le front, le bagage en lieu sûr.

* « Si vous voulez défendre vos batailles des coups d'artillerie qu viennent de loin, vous n'avez d'autre remède que d'aller au devant de l'artillerie ennemie, et de la surprendre avec la plus grande vitesse possible. La grosse artillerie tire trop haut et manque les gens de pied plus souvent qu'elle ne les touche; la moindre bosse de terl"ain les sauve. Aussi, en plaine, je voudrais mettre les hommes d'armes et les chevaulégers derrière les bataillons, jusqu'à ce que l'artillerie eût tiré; car la cavalerie lourde a une ordonnance plus serrée que les arquebusiers à cheval et que les estradiots, et elle est plus facile à atteindre que les gens de pied. Contre l'artillerie, il nous taut user de la coutume des Suisses, qui est d'aller l'assaillir tête baissée, quelque part qu'ils la sachent. » [Discipline militaire.)

■^ Du Bellay Langey veut que, sous le lieutenant général chef d'armée, il y ait deux capitaines généraux, l'un des gens de cheval et l'autre des piétons, un chancelier de robe longue, un maître d'artillerie, un maréchal de camp, un général des finances et un prévôt général. (Liv. I, chap. XIX.)

5 < Le maître d'icelle doit être autour, avec ses commissaires et ca-^ nonniers. • {Discipline militaire.)

AHTILLKIUK (1535). 383

Les lansquenets de Charles-Quint avaient à peu près l'armement et les formations que nous venons de décrire. L'infanterie espagnole*, organisée en tercios'' de 3.000 soldados, répartis en trois bandes de quatre compagnies chacune, était, pour les armées impé-

Fig. 216.

riales, une réserve d'élite qui, pendant plus d'un siècle, surpassa par sa bravoure et par sa discipline to'utes les infanteries de l'Europe.

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