ARTILLERIE DE BOURGOGNE
« N'est point à oublier le faict des tentes et pavillons qui est une somptueuse chose et se conduit par un gentilhomme ^ qui mène, aux dépens du prince, plus de 400 chariots puissamment attelés. Ces chariots se comptent sous la dépense de l'artillerie. »
Pour protéger cette artillerie et cet immense matériel, Charles de Bourgogne gardait à sa solde une élite d'archers anglais - et un corps de fantassins italiens, « qui étaient piétons hors nombre sans être ordonnés en nulle bataille \ »
Quant à V artillerie de place, elle était fournie et entretenue par les bonnes villes', qui consentaient, non sans peine, à la prêter au duc.
> Capitaine du charroi.
2 Les guerres de Charles le Téméraire marquent le déclin des fameux archers anglais. Les Suisses vont hériter de leur réputation et jouer le rôle principal dans les batailles, où l'arc sera bientôt remplacé définitivement par l'arquebuse.
3 Jean Molinet, historiographe de Maximilien ; Chronique manuscrite de 1474 à 150-4.
* Voici, d'après M. Joseph Garnier, l'inventaire de l'artillerie de la ville de Dijon, au mois de décembre 1-476.
« Une serpentine de cuivre sans chambre; deux grandes serpentines, chacune garnie de deux chambres, affûtées en bois ; une petite coulevrine appelée perdrisen7ie ; deux coulevrines; deux grandes serpentines de fer ; une coulevrine à queue de fer; une serpentine de mitaille (bronze) à deux chambres, assise sur un affût de bois; une autre serpentine de fer, nommée dragon, aft'ùtée sur deux roues; une serpentine de fer toute neuve de 7 pieds de long, garnie de deux chambres, assise sur un affût de bois; un petit petereaul affûté en bois;
« Trois grandes serpentines de fer, chacune garnie de deux cham-
Les batteries de marche, servies et escortées par les bourgeois qui en étaient propriétaires, devinrent une ressource importante pour Charles le Téméraire, après ses désastres d'Helvétie.