LA REVANCHE DE CHARLES-QUINT
Charles-Quint lit aux princes luthériens les concessions les plus pénibles h son orgueil, afin de tirer une prompte vengeance du voyage d'Austrasie. Sous prétexte de préparer de grands armements contre les Turcs, il chargea le duc d'Albe de former en Bavière
< Les Français fondent à la peine comme la neige au soleil. (Du Bellay-Langey.)
* Les charrois d'artillerie s'étaient faits jusqu'alors par réquisition gratuite. Par une ordonnance de décembre 4S52, Henri II organisa le train d'artillerie, en achetant 4.000 chevaux ou mulets de bât avec leurs harnais, GOO chariots, et en créant 4.000 charretiers soldés et 20 capitaines de charrois. Les étapes des troupes en marche furent réglées à raison de 4 lieues par jour; après 18 étapes, la colonne avait droit à un séjour de trois jours dans une ville.
la plus nombreuse armée qui se fût jamais réunie sous les enseignes impériales.
Malgré les infirmités d'une vieillesse prématurée \ qui n'avait triomphé ni de son énergie ni de ses rancunes, l'Empereur passa le Rhin, le IS septembre 1S52, avec 120.000 hommes, et fit son entrée à Strasbourg % où il prépara aussitôt une nouvelle invasion de la France.
En un mois, il négocia la défection de l'allié vénal et sans scrupule d'Henri II, le margrave Albert de Brandebourg, qui ravageait les environs de Thionville avec 20.000 aventuriers allemands^; il ordonna à Antoine de Croy, comte de Reux, son lieutenant général dans les Pays-Bas, de quitter les positions qu'il occupait sur l'Escaut, entre Cambrai et Crèvecœur, pour aller mettre la Picardie à feu et k sang. Il envoya des détachements dans le Luxembourg et la Franche-Comté pour protéger les convois qu'il attendait de ces pro-
1 Charles-Quint, né à Gand le 14 février 1500, avait 52 ans.
2 « J'ai vu l'Empereur aller et revenir de la messe, ayant le visage en mauvais état comme quelque peu boufli, les jambes aussi menues qu'un bâton de cottret, tremblant un peu de la tète et des mains, et marchant avec un bâton. » {Lettre d'un bourgeois de Strasbourg au connétable, 7 octobre 1552. Mémoires-journaux de François duc de Guise ; collection Michaud).
3 « Il s'était fait chef des meilleurs gens de guerre que les princes d'Allemagne eussent dans leur armée contre l'Empereur : il avait 62 enseignes, réparties en 4 régiments, 8 escadrons de 200 chevaux chacun et 34 pièces d'artillerie. » {Le Siège de Metz par Bertrand de Salignac).