‹ Les batailles d'autrefoisChapitre 108 sur 203 · L'HISTOIRE PAR LA CHRONIQUE · texte numérisé non relu

L'HISTOIRE PAR LA CHRONIQUE

Nous ne gagnerions rien à relater, une à une, les péripéties de la guerre de Cent ans '.

La première moitié de cette longue agonie de la France féodale est une époque néfaste pour la tactique française. Lorsque la charge en haie n'a pas réussi, lorsque les lances sont rompues ou détournées, la confusion se met parmi ces chevaliers fougueux, qui ne

1 1 La guerre était alors la passion et la vie habituelle des hommes ; ils la faisaient sans motif comme sans prévoyance, par emportement ou par passe-temos, pour déployer leur force ou pour échapper à leur ennui ; et en la faisant, ils se livraient sans scrupule à tous les actes de violence, de vengeance, de colère brutale ou d'amusement féroce que la guerre provoque. En même temps, cependant, les élans

veulent combattre qu'isolément; les plus braves sont entourés, renversés et livrés, dans leurs armures de fer, au couteau des gens de pied; le reste s'enfuit,

La lecture des chroniques contemporaines nous permettra de tirer, des trois grandes défaites de la guerre de Cent ans, des enseignements utiles sur l'art de la guerre de 13iG à 14o> ; mais en feuilletant la plus complète et la plus attrayante, celle de sire Jean Froissard, nous n'oublierons pas qu'elle a été écrite dans le camp des Anglais, par un familier du Prince Noir.

EDOUARD r.i.

Edouard III, en débarquant à la Ilogue, le 12 juillet 1346, avec 4.000 hommes d'armes et 28.000 piétons (10.000 archers anglais, 12.000 Gallois, 6.000 Irlandais), ordonna ses gens en trois batailles, qui devaient marcher parallèlement. Celles de droite et de gauche, longeant les côtes du Cotentin, restaient en communication avec la flotte de 1.700 navires grands et petits, gardés par 100 hommes d'armes et 400 archers. Le roi, accompagné de son fils aîné le prince de Galles, qui n'avait que seize ans et faisait ses premières armes, conduisait la colonne du centre.

gcîiiércux de la chevalerie féodale, les sympathies de la piété chrétienne, les affections tendres, les dévouements iidèles, les goûts nobles, fermentaient dans les âmes; la nature humaine apparaissait avec toutes ses complications, ses incohérences, ses désordres, mais aussi avec toute sa richesse et ses développements en perspective. » (Guizot, Histoire de France. Tome ii, page 82).

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