‹ Les batailles d'autrefoisChapitre 107 sur 203 · ENGINS DE GUERRE · texte numérisé non relu

ENGINS DE GUERRE

disparaissait, et la corde revenait à sa place normale en projetant le dard. Une légère pression exercée sur le dard par un ressort rempcchait de glisser dans sa rainure, si le tir était très-plongeant '. »

Yiollei-le-Diic.

Fi-. ICO.

Quant aux engim volants, qui ont précédé le mortier, ce sont des machines à contre-poids, qu'on appelle trébuchets ow.mango7ineaux. Ils servent surtout à la défense ou à l'attaque des villes.

« Ils ont mangoniaus et perières Oue souvent tendent et dcstendcal..

p. iJ42.

300 LES .VnMURES D\L FER.

En destachant grant escrois, rendent Pierres, qui par l'air se remue '. »

Dans la ligure 107, empruntée au même ouvrage, M. Viollet-le-Duc a représenté « le mangonneau, du côté de sa face antérieure, au moment où le levier est abaissé.

« Six hommes, agissant sur les deux grands treuils, sont restés dans les roues, afin de dérouler le câble

YioUet-k-Duc.

Fis. 107.

doublé, lorsque le levier aura lancé le projectile qui

' Guillaume Guiart.

ENG1^S DE GUERUE. 30i

est placé dans la poche de la fronde. Seize hommes s'apprêtent à tirer sur les quatre cordes attachées à la partie inférieure du contre-poids.

« Le décliqiieur est à son poste, en A, prêt à faire sauter le crochet qui retient l'extrémité du levier abaissé.

« Le maître de l'engin est en B. Il va donner le signal qui doit faire agir simultanément le décliqueur et les tireurs. A sa voix, le levier, n'étant plus retenu, sollicité par les seize hommes placés en avant, va se relever brusquement, entraînant la fronde, qui, en sifflant, décrira une grande courbe et lancera son projectile. »

Les projectiles sont des boulets de pierre, des paquets de cailloux, des machines incendiaires ou des tonnelets de feu grégeois, comme nous l'a raconté Joinville.

Ces grandes machines ne peuvent servir que dans l'attaque ou la défense des places.

Pour suivre les armées en campagne, il y a le caable ou petite pierrière, qui est un perfectionnement de la catapulte grecque (Fig. 10, p. 55).

« La pièce principale est le levier A, dont l'extrémité inférieure passe dans un faisceau de cordes tordues au moyen de clefs B et de roues à dcnls C, arrêtées par des cliquets. Les cordes sont passées dans deux anneaux, tenant à ia tige à laquelle la roue à dents vient s'adapter; ainsi que l'indique le détail D.

« Ces cordes ou nerfs, tordus à volonté à la pa:tie inférieure du levier, avaient une grande force de rappel. Mais, pour augmenter encore la rapidité de mouvement que devait prendre ce levier, des ressorts

302 LES ARMURIîS DE FER.

de bois et en nerfs entourés de cordes, formant deux branches d'arc E, attacliL^es à la traverse-obstacle, forçaient le levier à venir frapper violemment cette traverse F, lorsqu'au moyen du treuil G on avait amcnd ce levier à la position horizontale. Lorsque le levier A était abaissé autant que possible, un homme, tirant sur la cordelette H, faisait échapper la branche de fer / (voyez le détail Kj, et le levier, ramené rapidement à la position verticale, arrêté par la traverse-obstacle F, envoyait au loin le projectile placé dans la cuiller L.

« On réglait le tir en ajoutant ou en supprimant des fourrures en dedans de la traverse F, de manière à avancer ou à reculer l'obstacle, ou en attachant des coussins de cuir rembourres de chiffons à la paroi antérieure de l'arbre du levier. Plus l'obstacle était avancé, plus le tir était élevé ; plus il était reculé, plus le tir était rasant.

" Le projectile obéissait à une force centrifuge déterminée par le mouvement de rotation de la cuiller et à la force d'impulsion horizontale déterminée par l'arrêt de la traverse F. La partie inférieure du levier présentait la seclion M, afin d'empêcher la déviation de l'arbre, qui, d'ailleurs, était maintenu dans son plan par les deux tirages des branches du ressort E. Les crochets 0 servaiemt à fixer le chariot en place, au moyen de cordes liées à des piquets enfoncés en terre, et à attaclier les traits et palonniers nécessaires lorsqu'il était besoin de le traîner.

« Quatre hommes pouvaient abaisser le levier en agissant sur le treuil G.

■' Pour qu'un engin pareil ne fût pas détraqué promptement par la secousse terrible que devait occasionner le levier en frappant sur la traverse-obstacle F, il fallait nécessairement que cette traverse fût maintenue par des contre-fiches de charpente et par des brides de fer, ainsi que l'indique la figure 000. •

Les seuls engins défensifs employés pendant le moyen âge sont les mantelets des Grecs et des Romains (Fig. H, p. S6); c'est-à-dire, des claies en demi-cercle posées sur trois roues, ou bien des panneaux assemblés à angle droit.

Les archers et les arbalétriers, qui protégeaient le

KNlil.NS DE (UJERRK

Fis. 108.

travail des mineurs ou engingneurs , employaient des mantelets légers semblables aux abris mobiles de nos sentinelles avancées.

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