CIIKVAUCUIŒ DU BOI DE FRANCE
« Quand le roi d'Angleterre eut ouï la relation de ses deux maréchaux, il n'en fut pas plus joyeux ni moins pe7isii", et commença fort à méditer et soi mélancolier. »
Le résultat de cette méditation mélancolique fut un ordre de départ pour le lendemain. On devait se diriger vers la mer par la rive gauche de la Somme, en cherchant à passer à tout prix sur la rive droite.
E. Hardy
Echelle au
Fig. 111.
« Au matin, quand le roi eut ouï sa messe, devant le
d'armes et 40.000 fantassins, ce qui était d'ailleurs le double des forces d'Edouard III. Les liommcs d'armes et les Génois furent seuls engagés à Crécv.
soleil levant, si sonnèrent les trompettes de délogement, et (à six heures du matin) se partirent toutes manières de gens, en suivant les deux bannières des maréchaux, qui chevauchaient devant, comme c'était ordonné. »
Ils chevauchèrent en cet état jusqu'à Oisemont, dont les défenseurs, gens du pays, « lurent envahis et assaillis si durement que les Anglais conquirent la ville et tout ce qu'il y avait dedans. Le Roi d'Angleterre se logea au grand hôpital. »
Le roi de France, en apprenant cette nouvelle « par ses espies et ses coureurs, fut moult joyeux, car il pensa qu'il enclorrait le roi d'Angleterre entre Abbeville et la rivière de Somme, et qu'il le prendrait ou combattrait à sa volonté.
« Il ordonna aussitôt à un grand baron de Normandie, Godemar du Fay, d'aller garder le passage de Blanche-Tache, qui est au-dessous d'Abbeville, par où il convenait que les Anglais passassent et non par ailleurs. »
Du Fay quitta Amiens à la tête de 1.000 hommes d'armes, de 5.000 arbalétriers génois et de grand'foison des gens du pays, et il se dirigea par Saint-Riquier-en- Ponthieu sur le Crotoy. Là, il manda les bourgeois d'Abbeville, pour l'aider à garder le passage. Ceux-ci arrivèrent « moult étofifément en arroy * »; le passage se trouva défendu par 12.000 hommes, dont 2.000 bourgeois de Tournai.
A midi, Philippe VI arrivait à Araines avec son
* Bien munis et en bon ordre.