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MARCHE EN RETRAITE DES ANGLAIS

En apprenant que Philippe de Valois recevait, chaque jour, de nouveaux contingents d'hommes d'armes* et de milices, Edouard III, dont l'armée était fort réduite, quitta les environs de Paris, le 16 août, pour se diriger, par le Beauvaisis, vers les côtes de Picardie.

1 « Quand Edouard III mit le pied sur le territoire français, le comte Guillaume de Hainaut, son beau-frère cl jusque là son allié, s'approclia de lui et lui dit -< qu'il no chevauchait pas plus loin avec lui, car il était • prié et mandé près du roi de France son oncle, à qui il ne voulait ])as « de haine, et qu'il irait servir dans son royaume, comme il avait servi « le roi Edouard sur les terres de l'empereur, dont il était le vicaire. »

« Edouard III n'y trouva rien à dire.

« Telle était la puissance des liens féodaux, que le môme seigneur se croyait obligé de changer de camp, selon qu'il se trouvait sur les terres de l'un ou l'autre de ses suzerains, en guerre l'un contre l'autre. » (Guizot, Hintoire de France, tome ii, page 66).

Cette marche en retraite, éclairée par l'incendie des bourgades et des moindres châteaux, s'arrêta à Airaines, sur la limite du Ponthieu, apanage d'Edouard III, confisqué par le roi Philippe-

Les Anglais trouvaient devant eux un obstacle sérieux : la Somme, «qui est grande, large et profonde», au moment même où leurs coureurs signalaient l'approche de l'armée française.

Edouard III appela « ses deux maréchaux, Warwick et d'Harcourt, et leur dit qu'ils prissent 1.000 hommes d'armes et 2.000 archers, et s'en allassent tâtant et regardant, selon la rivière de Somme, s'ils pourraient trouver un gué où l'on put passer sauvément.

« Mais le Roi de France avait fait pourvoir et garnir tous les détroits {défilés) et passages. »

Les deux maréchaux furent repoussés à Pont- Rémy, à Long-en-Ponthieu, à Picquigny, et après avoir, pendant une journée entière, « tâté, chevauché et costié la rivière de Somme sans trouver de passage, ils revinrent à Airaines, devers le roi leur seigneur, et lui recordèrent leur chevauchée ».

CnEVAUCHÉE DU ROI DE FRANCE.

« Ce même jour, le roi de France vint coucher à Amiens, avec plus de 100.000 hommes S et était le pays d'environ tout couvert de gens d'armes.

1 Exagération d'historien partial; si l'on rapproche les documents contemporains, l'armée française comptait environ 10.0€0 hommes

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