‹ Les batailles d'autrefoisChapitre 122 sur 203 · MANDK.MENT DU ROI JEAN · texte numérisé non relu

MANDK.MENT DU ROI JEAN

cial mandement et commandement à tous nobles et fiefs tenans de lui :

« Que nul, sans soi grandement forfaire, ne s'excu- « sât ni demeurât, ses lettres vues, qu'il ne vînt de- « vers lui sur les marches de Blois et de Touraine, « car il voulait combattre les Anglais. »

« De Paris, le roi Jean vint en la bonne cité de Chartres, pour hâter et avancer sa besogne.

« Là, lui arrivèrent de tous côtés gens d'armes d'Auvergne, de Berry, de Bourgogne, de Lorraine, de Hainaut, de Vermandois, de Picardie, de Bretagne et de Normandie, qui, à mesure, passaient outre, faisaient leurs monstres *, et se logeaient sur le pays, par l'ordonnance des maréchaux Jean de Clermont et Arnould d'Audeneham.

« Le roi faisait grossement pourvoir et rafraîchir de bonnes gens d'armes les forteresses et les garnisons d'Anjou, de Poitou, du Maine et de Touraine, sur les marches et frontières, par où l'on craignait que les Anglais dussent passer, afin de leur barrer le passage, et de leur couper vivres et pourvéances pour eux et pour leurs chevaux. »

Le roi quitta Chartres, dans les derniers jours d'août, pour aller passer la Loire à Blois.

« Donc commencèrent gens d'armes, ducs, comtes, 1 Élaicnt passés en revue par les maréchaux.

barons, chevaliers, et leurs routes, à avaler ' et à poursuivre le roi, qui allait avant.

« Il partit de Blois et vint le même jour coucher à Amboise; le lendemain à Loches. Là il s'arrêta pour apprendre et entendre du convenant des Anglais, dont tous les jours il oyait nouvelles; car les Anglais étaient costiés et poursuivis d'aucuns apports chevaliers de France et de Bourgogne, qui lui en rapportaient, en allant et venant, la certaineté. Le roi apprit qu'ils étaient en Touraine et qu'ils prenaient leur chemin et leur retour devers le Poitou.

« Le prince de Galles, après avoir brûlé les faubourgs de Bourges, et échoué devant le château d'Yssoudun, était à Vierzon, sur le Cher, lorsqu'il apprit que le roi de France venait à lui « à grand'foison de gens d'armes et que toutes les villes et passages de la Loire étaient si bien gardés, que nullement il ne pourrait passer ladite rivière. »

Page 1