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L'ARMÉE FRANÇAISE

De Loches, le roi de France gagna la petite ville de la Haie, sur la Creuse, où il rallia les différents contingents de son armée, qui avaient passé la Loire aux ponts d'Orléans, de Méhun, de Saumur, de Blois, de Tours, « et là où ils pouvaient.

« 20.000 hommes d'armes sans les autres, 120 ducs ou comtes et plus de 140 bannières » se groupaient autour du roi et de ses quatre fils'.

Cette armée passa la Vienne à Chauvigny, le 16 sep-

i « Monseigneur Charles duc de Normandie, monseigneur Louis, qui fut depuis duc d'Anjou, monseigneur Jean, aussi depuis duc de Berry, et monseigneur Pliilippc, le dernier né, qui depuis fut duc de Bourgogne. Si pouvez bien croire et sentir que là était toute la fleur de la France en chevaliers et écuyers, puisque le roi de France et ses quatre entants y étaient personnellement. » (Froissart.)

tembre et elle dépassa, le 47, les Anglais qu'elle croyait poursuivre. Les coureurs français les trouvèrent logés en assez fort lieu, entre haies, vignes et buissons, sur le plateau de Maupertuis, près du village de Beauvoir, à deux petites lieues au sud-est de Poitiers *.

' Après avoir lu tous les historiens modernes qui ont vulgarisé les chroniques, contemporaines des époques que nous étudions successivement, après avoir consulté les textes que MM. Henri Martin, Michclet, Duruv, Taine ou Siméon Luce nous indiquent comme les meilleures sources, nous avons eu la bonne fortune d'intéresser à nos recherches quelques-uns de ces savants d'élite, qui disposent des richesses inépuisables de la Bibliothèque nationale. — Guidés par eux, nous avons pu cheminer sûrement à travers les ténèbres de l'histoire militaire du moven-àge, recueillant çà et là des renseignements complémentaires et des éclaircissements précieux, qui étaient souvent la liaison nécessaire entre des récits contradictoires. Les bulletins des sociétés savantes ont été pour nous une mine féconde de documents historiques.

La Société des antiquaires de l'Ouest a publié un mémoire du docteur AUoneau sur la campagne du prince de Galles en Languedoc, qui précise définitivement cette question si longtemps controversée du champ de bataille de Poitiers.

A ceux qui croyaient que le champ de Maupertuis était situé à deux petites lieues au nord de Poitiers, près du village de Beaumont-sur Clain, le docteur AUoneau répond preuves en main :

« Après avoir coupé à angle droit la route de Chauvigny, à peu près à la hauteur du village de Breuil-l'Abbesse, l'armée anglaise s'était établie sur le plateau de Maupertuis, autour duquel serpente le Miosson, petit affluent de rive droite du Clain. Les rampes du plateau étaient couvertes de vignes : on y accédait, au sud, par un ravin assez profond, bordé de buissons épais. Ce chemin très-étroit était une espèce d'entonnoir, prenant naissance dans la plaine de Nouaillé. Deux hameaux, appelés Caderousse et les Bordes, formaient les avancées de la position des Anglais. •

M. Siméon Luce, dans sa remarquable édition de Froissart {Paris. Jules Renouard, 2864) a adopté cette version :

. L'endroit, dit Maupertuis, jusqu'à la fin du XV' siècle, qui s'appelle

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