I.'ARMltE FRANÇAIS
Quand le roi Jean apprit « que ses ennemis, que tant il désirait trouver, étaient derrière et non devant, il en fut grandement réjoui ; il s'arrêta aussi, fit retourner toutes manières de gens bien avant sur les champs, et les fit là loger. »
Dans la nuit du 17 septembre, les deux armées campèrent en. face l'une de l'autre, « bien gardées et esguettées. »
Le dimanche, 18 septembre, au matin, le roi réunit en grand conseil les princes de son lignage et plusieurs grands barons de France' et des terres voisines.
« Après une longue délibération, il fut ordonné que toutes gens se missent aux champs, que chaque sei-
aujourd'hui la Cardinerie, est situé dans la commune de Nouaillé, à deux lieues au sud-est de Poitiers.
. Tout près de la Cardinerie (Maupertuis), un endroit dit Champ-de-la- Bataille fait partie de la pièce des Grimaudières, sise sur la commune de Saint-Benoît.
« Le prince de Galles campé sur des hauteurs alors couvertes de vignes et hérissées de haies épaisses, ayant derrière lui et à sa gauche le ravin assez profond du Miosson, appuyait sa droite au bois et h i'abbayc de Nouaillé; il avait devant lui la plaine qui s'étend de la Cardinerie (Maupertuis) vers Beauvoir et que traverse, encore aujourd'hui, une voie romaine. » (Fig. H2, p. tî'J).
1 « Le duc d'Orléans frère du roi, le duc de Bourgogne, le comte de Ponlhieu, messire Jacques de Bourbon, le duc d'Athènes connétable de France, les comtes d'Eu, de Tancarville, de Sarrebruck. de Dammartin, de Ventadour, messircs Jean de Clermont, Arnould d'Audeneham, maréchal de France, le sire de Saint-Venant, messircs Jean de Landas et Eustache de Ribemonl, le sire de Fiennes, messire Godefrov de Charny, les sires de Castillon, de Sullv, de Nesle et de Duras.
gneur développât sa bannière, au nom de Dieu et do Saint-Denis, et que on se mît en ordonnance de bataille, ainsi que pour tantôt combattre.
« Aussitôt sonnèrent les trompettes parmi l'ost. Adoncques s'armèrent toutes gens, montèrent à cheval et vinrent sur les champs, là où les bannières du roi ventillaient et étaient arrêtées, et par espécial, l'oriflamme que messire Godefroy de Charny portait. Là put-on voir grand'noblesse de belles armures , de riches armoiries, de bannières, de pennons, de belle chevalerie et écuyerie ; car là était toute la fleur de France. Nul chevalier et écuyer n'était demeuré à l'hôtel, personne ne voulant être déshonoré.
« Là furent ordonnées, par l'avis du connétable de France et des maréchaux, trois grosses batailles ; en chacune il y avoit 16.000 hommes dont tous étaient passés et montrés pour hommes d'armes :
« Dans la première, le duc d'Orléans avec 36 bannières et deux fois autant de pennons ;
« Dans la seconde, le duc de Normandie et ses deux frères, messire Louis et messire Jean ;
« Dans la troisième, le roi de France et vous pouvez et devez bien croire qu'en sa bataille il y avait grand'foison de bonne et noble chevalerie.